Dijon : « Le masque et le vaccin si je veux » Ils veulent organiser un rassemblement pour défendre leur liberté de choix

Plusieurs collectifs appellent à la tenue d'un rassemblement, ou plutôt d'un pique-nique collectif et festif ce samedi 27 mars dans les jardins du parc Darcy à Dijon. Opposés à l'obligation du port du masque comme de la vaccination, ils dénoncent la dureté des mesures sanitaires contre le Covid-19.

© Vincent Isore / Maxppp

Ils demandent « la liberté du choix de santé ». Ce samedi 27 mars, plusieurs collectifs citoyens souhaitent organiser un pique-nique dans les jardins du Parc Darcy à Dijon. S’ils refusent de se qualifier d’anti-masque ou d’anti-vaccins ils avancent deux slogans : « le masque et le vaccin si je veux » et « vivre en bonne intelligence entre masqués/vaccinés et non masqués/non vaccinés, dans le respect de tous ».

Sophie* est institutrice en maternelle. Elle est l’une des organisatrices du rassemblement. « On veut ramener le calme dans les rapports humains parce qu’il y a une scission. Les gens qui n’ont pas les mêmes avis se heurtent aux personnes pro-masques. Sur le vaccin, c’est pareil. Il y a des conflits entre des proches, parfois au sein de couples».

Parmi les organisateurs, plusieurs déclinaisons locales de collectifs qui se sont rassemblés : "Re-info covid", collectif créé en octobre 2020 par l'anesthésiste Louis Fouché et qui s'oppose aux mesures gouvernementales, "Réagissons ensemble", une association humanitaire créée dans les années 1990 qui s'est réorientée depuis un an dans la "sauvegarde des liens de première nécessité" et "Le Carnaval des sourires". Tous dénoncent le climat anxiogène crée par l'épidémie et les mesures gouvernementales décidées pour la contenir. 

"On fera un pique-nique pour se retrouver, débattre, apaiser certaines peurs. Les gens ne comprennent plus. Il faut refaire du lien, recréer de la joie."

Dr Claire Gallon - Collectif de médecins Santé libre

 

Pique-nique et prise de parole

"Il y a tellement de messages anxiogènes. Mais quel est le projet ? On ne peut pas vivre dans la peur. On peut vivre autrement, avec plus de sérénité" affirme Sophie. L'enseignante dénonce aussi l'importance prise par la lutte contre le virus. "J’ai perdu mon frère d’un cancer en décembre. Ses examens ont été repoussés à cause du Covid. Ok il y a le covid, je ne dis pas qu’il n’existe pas. Mais il y a aussi d’autres maladies."

Samedi, les organisateurs veulent faire un pic-nic, mais aussi installer une sono, "pourquoi pas un camion pizza" et un espace pour danser. Des prises de paroles de professionnels de santé sont également prévues. 

Parmi les médecins qui seront présents, le Docteur Claire Gallon, médecin généraliste à Asnières-les-Dijon (Côte d'Or), membre des collectifs Re-Info Covid et Santé Libre. Créé au début de l'épidémie pour défendre la liberté de prescription, notamment d'hydroxychloroquine, ce dernier conteste depuis les choix de santé publique faits par les autorités. "Il est grand temps que le discours médical autour de cette épidémie change, que l’on entende d’autres voix" clame Claire Gallon. Selon elle, près de 3000 de ses confrères auraient rejoint le collectif. Ils seraient une quarantaine en Bourgogne Franche-Comté. "Ce n’est plus possible de rester comme cela dans la peur de tomber malade sans mettre les moyens au bon endroit. On accorde des millions de subventions que l’on doit mettre en place pour les restaurateurs, les commerces, mais pas au système de santé." 

Un rassemblement anti-vaccin ?

« Je ne crois pas que le vaccin soit une solution miracle » explique le Docteur Gallon, « mais je ne crois pas non plus que ce soit un poison. Il faut rester raisonnable. » Si elle considère que la vaccination est utile pour les personnes vulnérables ou exposées, elle met en doute son utilité à l’échelle de toute une population.  «Aujourd’hui, les essais cliniques ne sont pas terminés. On a commencé à vacciner, c’est bien. Mais on ne sait pas si le vaccin entraine une immunité générale. Avec la vaccination massive, absolue comme solution unique pour sortir de l’épidémie, on est dans une forme de croyance. »

« On veut pouvoir avoir le choix » défend de son côté Sophie, l’enseignante. Aujourd’hui, aucune obligation vaccinale n’a été annoncée.

Les organisateurs rejettent aussi la stratégie tout vaccin mise en place au détriment, selon eux, des recherches sur les traitements comme l'Ivermectine développée par un laboratoire de Montpellier ou un anticorps polyclonal développé à Nantes. Récemment, c'est une molécule développée par l'Institut Pasteur de Lille qui a alimenté les espoirs de traitement.

Même réserve pour le masque. « Le masque, on n’est ni pour ni contre. Mais il faut remettre du sens, de la logique » avance le Dr Gallon. « Le port du masque doit être considéré comme un traitement. Si quelqu’un est malade et symptomatique, c’est une bonne idée. Si des personnes fragiles ont besoin d’être protégées, cela peut être utile, mais il faut un FFP2. Cela ne sert à rien de croire que l’on ne risque rien avec un masque chirurgical. Et enfin, dans le métro parisien, le masques, c’est peut être utile. Mais en ville ou à la plage, c’est ridicule » affirme la médecin généraliste.

"De nombreux patients âgés me disent : 'ça ne sert pas de vivre plus longtemps si c’est pour vivre comme cela'. La vie, ce n’est pas passer le temps en attendant de mourir !"

Dr Claire Gallon

Les organisateurs affirment être en attente des autorisations de la préfecture et de la mairie pour la tenue du rassemblement. La manifestation aura-t-elle lieu en cas d'interdiction ? Les pique-niques ne sont pas interdits répondent les organisateurs. "On ne fera pas de grand évènement. On mettra moins de musique, moins de vie" répond Claire Gallon avant d'ajouter "On ne veut pas la guerre. On veut simplement être dans la vie, dans la joie. Retrouver de vrais contacts."  Selon elle, le risque sanitaire est nul. Elle cite en exemple le rassemblement festif qui a fait polémique à Marseille le 21 mars. "Dehors, quel est le danger ?  Les 6500 Marseillais qui sont allés faire le carnaval, vous verrez qu’il n’y aura pas de pic épidémique dans 15 jours" promet-elle. 

A Dijon, les participants porteront-ils un masque ? Sophie répond : "On ne va pas être masqués, c’est un pique-nique. On va manger."

Sollicitée à ce sujet, la préfecture de Côte d'Or répond : "Les services de la préfecture ont reçu une déclaration concernant un rassemblement samedi 27 mars prochain, place Darcy à Dijon. Cette demande est en cours d'instruction."

 

* Le prénom a été changé

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