Dijon : l'incroyable message manuscrit découvert par un ouvrier sur le chantier de restauration d'une chapelle

Victorien Coille est tombé sur un document exceptionnel la semaine dernière en délogeant une pierre dans la chapelle Sainte-Croix-de-Jérusalem : un manuscrit rédigé en 1856 par un ouvrier-plâtrier.

Le document se compose d'un feuillet recto-verso qui délivre quelques informations biographiques sur son auteur.
Le document se compose d'un feuillet recto-verso qui délivre quelques informations biographiques sur son auteur. © AFP / JEFF PACHOUD

"En cette chapelle étant en réparation a travaillé le sieur Godard". 165 ans après avoir été écrits, ces mots ont été enfin lus. Plus précisément, début janvier 2021 par un maçon qui œuvre sur le chantier de la prochaine Cité de la gastronomie de Dijon.

Le message a été rédigé par un plâtrier en 1856 puis glissé entre les pierres d’un des murs de la chapelle Sainte-Croix-de-Jérusalem. En délogeant l'une d'elles, Victorien Coille est donc devenu le premier lecteur de ce manuscrit qui a traversé les âges et les générations, dans un parfait état de conservation.

Le document sera conservé aux archives de Dijon.
Le document sera conservé aux archives de Dijon. © Victorien Coille

La chapelle qui faisait partie de l'ancien hôpital général de Dijon est actuellement en rénovation dans le cadre du chantier de la future cité de la Gastronomie de Dijon. "J’étais en train de faire une saignée dans le mur pour y passer des gaines électriques. Dans un ancien trou d’échafaudage, j’ai vu une pierre bouger et derrière j’ai trouvé le papier plié en six", détaille l’ouvrier de 37 ans.

Marin à 18 ans, puis ouvrier-plâtrier

Dans ce texte, Nicolas Godard laisse une trace de son existence, et raconte son parcours. Marin, à 18 ans, il s'était engagé dans la campagne de Crimée, réunissant l’Empire ottoman, le Royaume-Uni, le royaume de Sardaigne et la France face à l’Empire russe entre 1853 et 1856. Avant de devenir ouvrier-plâtrier et de participer à la restauration de la chapelle Sainte-Croix de Jérusalem donc.

Le manuscrit mentionne également les noms de plusieurs autres travailleurs présents sur le chantier, et indique une date : le 10 août 1856. "Au moment où ces lettres sont écrites, la plus grande misère existe à Dijon", conclut l’auteur au dos du feuillet.        

"Dans les anciennes corporations de métier, il y a toujours eu la volonté de laisser une trace, comme chez les tailleurs de pierre qui signaient leurs œuvres", renseigne Bassir Amiri, conseiller municipal délégué aux Archives et au Patrimoine culturel de la ville de Dijon.

Depuis cette découverte, les services de la commune ont retrouvé l’acte de naissance de Nicolas Godard. L’ouvrier est né en 1838 à Moloy, au nord de Dijon, en pleine Monarchie de Juillet.

On voit que c'est quelqu'un de cultivé, c'est émouvant ce dialogue qui s'établit entre deux ouvriers à travers les âges.

Bassir Amiri, conseiller municipal

Les amateurs d’histoire pourront bientôt consulter ce document-témoin du temps qui passe aux archives de Dijon, qui en proposera également une version numérisée.

Quant à Victorien Coille, l'ouvrier de 2021, il a confié son idée de glisser à son tour un message dans le trou où il a découvert le manuscrit.

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