"On peut être jeune et soutenir Zemmour", qui sont les membres de Génération Z en Côte-d'Or ?

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Écrit par Gaël Simon
Ils seraient 200 jeunes à faire partir de la section locale de Génération Z en Côte-d'Or.
Ils seraient 200 jeunes à faire partir de la section locale de Génération Z en Côte-d'Or. © Génération Z Côte-d'Or

En France, près de 5 000 jeunes seraient engagés dans le mouvement Génération Z qui soutient le candidat Eric Zemmour dans la course à la présidentielle 2022. Nous avons rencontré deux de ses militants de Côte-d'Or. Ils nous expliquent les raisons de leur action auprès de l'ancien polémiste.

Ils revendiquent 200 adhérents en Côte-d'Or. Créée le 2 mai 2021, la section locale de Génération Z, qui accueille des étudiants et jeunes actifs âgés de 18 à 30 ans, tracte et colle les affiches du candidat du parti Reconquête une fois par semaine, dans l'ensemble du département. Des militants aussi bien séduits par les idées prônées par Éric Zemmour que par la personnalité de l'ancien polémiste.

À 25 ans, Antoine Camus fait partie de ces jeunes engagés auprès de celui qui pointe actuellement entre 13 et 15 % dans les sondages. Il dirige même l'antenne de Génération Z en Côte-d'Or. "On a monté l'équipe en mai dernier avec l'objectif de donner envie à Éric Zemmour de se présenter. On a des jeunes qui sont étudiants dans tous les milieux et on a aussi des jeunes actifs, des cadres, des artisans. C'est très hétéroclite", décrit ce banquier installé à Dijon.

Des jeunes "bercés" par Éric Zemmour dans On N'est Pas Couché

Selon Antoine Camus, la section s'appuie également sur des jeunes originaires de différents partis politiques, de gauche comme de droite "On a quelqu'un qui était au parti communiste il y a encore 2 ans !". Lui-même est un ancien membre des Républicains. "J'ai été sur la ligne sarkozyste, j'étais militant, raconte-t-il avant de poursuivre. Mais un mouvement qui change d'avis toutes les deux semaines sur son orientation est un mouvement qui n'a pas de fond. Pécresse nous a quitté en disant qu'on était trop à droite pour elle et revient car c'est mieux d'avoir l'argent du parti pour faire la présidentielle"

Déçu par la droite républicaine, le jeune homme de 25 ans a alors fait le choix de soutenir Éric Zemmour, qu'il trouve proche de la ligne politique portée par Nicolas Sarkozy. Et pour lui, il n'était pas question de rejoindre le Rassemblement National. "Le RN n'a pas de fond idéologique, Marine Le Pen est en incapacité de gérer le pays. Il n'y a qu'à voir son débat face à Macron. Le RN est déconnecté de la réalité. Éric Zemmour, c'est le candidat du fond".

Je partage ses idées. Il y a un problème lié à l'immigration et à l'assimilation. C'est lui qui traite principalement de cela. 

Déborah Dumoutier, membre de Génération Z en Côte-d'Or

Même son de cloche pour Déborah Dumoutier. Cette jeune également engagée dans la section locale de Génération Z juge l'ancien chroniqueur du Figaro plus "sincère" que Marine Le Pen. "C'est une politicarde comme les autres. Elle se présente tous les 5 ans. Éric Zemmour lui s'engage par devoir alors qu'il n'avait pas besoin de ça pour vivre", estime la Dijonnaise de bientôt 23 ans qui a découvert l'homme et ses convictions dans l'émission Face à l'info sur CNews. "Quand il y a eu la rumeur d'une candidature à la présidentielle, je me suis engagée".

Antoine Camus a découvert le polémiste plus précocement, dans On N'est Pas Couché (ONPC) sur France 2. Éric Zemmour y a été chroniqueur de 2006 à 2012. "On nous appelle la Génération Z car on a tous été bercés par ONPC. C'était la personne qui maniait les mots, toujours dans des débats posés, sans jamais de violence". L'éditorialiste a tout de même été condamné deux fois pour incitation à la haine raciale, en 2011 et 2021 en raison de propos qu'il a tenus dans les médias. 

Mais selon Antoine Camus, l'art oratoire est l'une des plus grandes forces du candidat Zemmour dans la campagne présidentielle. "Il a une énorme culture, il peut débattre 3 heures sans une seule note. Les autres ont un problème de connaissances du fond tout simplement. J'admire sa culture. Les deux candidats les plus à-même de débattre avec un niveau de culture supérieur aux autres, c'est lui et Jean-Luc Mélenchon. C'est ça qui mobilise les jeunes. On veut quelqu'un qui ait la stature d'un président et non pas celle d'un chef d'entreprise"

"Éric Zemmour n'est pas du tout rétrograde"

Séduit par la personnalité d'un homme "hors du système politique et qui a eu une vie avant, un travail", Antoine Camus est également attiré par les thèses défendues par le polémiste. "L'idée de la méritocratie parle aux jeunes et me parle. Les jeunes veulent que le travail soit récompensé". 

Et selon cet ancien étudiant en droit, les jeunes engagés auprès du candidat ne sont pas choqués par ses thèses sur le grand remplacement et l'identité française mise en péril par les vagues migratoires. "On aime notre pays, ses traditions. On défend le principe de l'assimilation, on doit s'accoutumer au pays d'accueil. Il y a des quartiers en France où on ne vit plus à la française, c'est indiscutable. On veut se battre pour qu'il n'y ait plus de zones de non-droit en France", lance-t-il prenant en exemple les affrontements entre des Tchétchènes et des jeunes du quartier des Grésilles à Dijon en juin 2020. 

Déborah Dumoutier, elle, évoque son parcours personnel et les mots ou gestes déplacés auxquels elle a été confrontée dans la rue à Dijon. "Il y a pire comme ville, mais les fois où j'ai eu des problèmes, c'était avec des gens a priori d'origine étrangère. Je ne me suis jamais fait embêter par des blancs de souche, il faut être honnête !"

Les Français votent depuis 20 ans pour un programme de droite jamais appliqué. On va le mettre en place. Qu'on le veuille ou non, la France est un pays de droite !

Antoine Camus, responsable Génération Z en Côte-d'Or

Pour les deux membres de Génération Z, il n'y a alors aucun paradoxe à être jeune et soutenir les idées d'un candidat ultra radical qui se veut l'héritier de Charles de Gaulle et Napoléon. "Ce n'est pas un problème ! Éric Zemmour n'est pas du tout rétrograde ! Rétrograde, ça veut dire que l'on regrette le passé. Nous, on est bien dans la société actuelle. On veut retrouver l'identité perdue, garder les acquis mais aussi conserver ce qu'on nous a transmis", souffle Antoine Camus. 

Pour rappel, Éric Zemmour, opposé à ce qu'il appelle le "lobby LGBT et féministe", a tout de même émis le souhait de bloquer la PMA sans père et s'est dit opposé au mariage pour tous, même s'il ne prévoit pas d'abroger la loi qui l'a institué. "On ne reviendra pas en arrière avec Éric Zemmour !", assure le banquier de 25 ans.

8 % des femmes de moins de 35 ans prêtes à voter pour lui

Quant à la question des accusation sexuelles dont il est l'objet, des propos misogynes et des écrits polémiques de l'éditorialiste, estimant par exemple dans "La France n'a pas dit son dernier mot" paru en 2021 que "les femmes sont le but et le butin de tout homme doué qui aspire à grimper dans la société", Déborah Dumoutier assure que plusieurs femmes font partie de Génération Z et répond : "Il ne faut pas s'arrêter-là et aller à la facilité. Il faut se faire son propre avis. Je suis allée lire les choses dans leur ensemble. Pour moi, il n'est pas misogyne. Quand il dit ça, il parle de l'histoire, de la manière dont les femmes ont été perçues par les hommes. Je ne le vois pas comme sa pensée à lui".

L'électorat féminin reste toutefois le talon d'Achille du candidat Zemmour. Seules 8 % des femmes de moins de 35 ans se disent prêtes à voter pour lui selon une enquête d'Ipsos.

Selon un autre sondage, celui de l'Ifop publié le 12 décembre dernier, 12 % des 18 - 30 ans en France voteraient pour Éric Zemmour au premier tour de l'élection présidentielle. Sur cette tranche d'âge, le candidat arrive troisième derrière Marine Le Pen (20 %) et Emmanuel Macron (25 %).

Pour attirer de nouveaux électeurs à l'approche de l'élection présidentielle, les membres de Génération Z comptent alors multiplier leurs actions et organiser notamment des réunions publiques en Côte-d'Or à partir de la fin du mois de janvier. Ils attendent réunir 400 personnes en moyenne. 

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