TEMOIGNAGE. "J’ai pris un coup derrière la tête et j’ai perdu connaissance", le maire d'Ouges raconte son agression

Dimanche 23 mai, Jean-Claude Girard, maire de la commune d'Ouges (Côte-d'Or) a été violemment agressé à coups de barre de fer en voulant stopper le rodéo d'un quad sur un chemin de halage. Il témoigne.

Le maire de la commune d'Ouges, Jean-Claude Girard, doit toujours porter une minerve.
Le maire de la commune d'Ouges, Jean-Claude Girard, doit toujours porter une minerve. © France Télévisions

"C'était violent et difficile, mais aujourd'hui je pense avant tout à mes administrés." Deux jours après son agression, Jean-Claude Girard place toujours le quotidien de ses habitants en tête de ses priorités. En trois années de mandat, il n'avait jamais connu d'agression physique. 

Ce dimanche 23 mai 2021 restera longtemps dans sa mémoire. En fin d'après-midi, des familles l'alertent sur le comportement dangereux d'un pilote de quad. En tant que maire, ayant le pouvoir de police, il décide donc de se rendre sur place.  

A son arrivée, il voit le quad venir du chemin de halage et prendre la direction de la place centrale de la commune. "Quand le quad est arrivé, je l’ai fait s’arrêter en lui demandant de ne pas traverser la commune et d’avoir un autre comportement au guidon de son quad", racontel'élu. 

Mais rapidement, le ton monte avec le jeune pilote. "Même si je me suis tout de suite présenté en tant que maire de la commune et surtout responsable de la tranquillité publique, le ton est monté et les propos ont été très violents," témoigne le maire. 

Plusieurs habitants de la commune sont témoins de la scène et décident de porter secours à l'élu. "Ils m'ont entouré quand ils ont vu que cela pouvait mal tourner. Ils ont été présents et je les en remercie vivement."

Une agression à coups de barre de fer

Alors que la situation se tend, une voiture avec plusieurs occupants arrive sur place. Selon un témoin, le groupe est composé de sept ou huit personnes, armées de barres à mine. Le maire est frappé alors qu’il leur tourne le dos et reçoit un coup sur la tête.

"A ce moment-là, j’ai entendu quelqu'un dire dans mon dos, "faites-le taire celui-là". J’ai pris un coup derrière la tête et j’ai perdu connaissance" raconte l'élu. "Je n’ai pas assisté aux coups qui ont pu être donnés en parallèle. Quand j’ai repris connaissance, j'ai été très vite vers un administré qui se trouvait au sol et en sang." Un coup de feu tiré à la carabine par un riverain fait finalement fuir les agresseurs.

Prévenus par l’épouse du maire, les gendarmes arrivent sur place et ramènent le calme. Le maire s’en sort avec deux jours d’ITT. "En ce qui me concerne, physiquement, même si je suis fatigué, je suis prêt à repartir."

Une enquête en cours 

Une enquête est ouverte et confiée à la gendarmerie de Quetigny. Il n'y a eu pour le moment aucune interpellation. Selon le maire, les auteurs présumés de l'agression n'habiteraient pas la commune. "Ce sont des jeunes que je ne connais pas du tout et que je n’ai jamais rencontrés."

Les maires de Côte-d'Or solidaires

Sur les réseaux sociaux, les maires de toute la France ont réagi à ce qu'ils qualifient d'agression inqualifiable. L'Association des maires de Côte-d'Or et et des Présidents d’intercommunalité a tenu à témoigner son soutien et sa solidarité à Jean-Claude Girard. 

Dans un communiqué, les élus "condamnent sans réserve la violence physique et verbale dont a été victime le maire d'Ouges". L'AMF 21 par la voix de son président, Ludovic Rochette, espère que ces faits seront sanctionnés avec la plus grande fermeté. "On a pleine confiance pour que ces auteurs soient retrouvés, jugés et avec des peines les plus exemplaires possible." 

Ce n’est pas la première fois qu’un maire est victime d’une agression physique ou verbale. En juillet 2020, notamment, une altercation avait vivement opposé l'actuel maire de Tréclun à son prédécesseur.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
faits divers politique ruralité société