Déconfinement : pourquoi tous les critères ne sont pas encore au vert en Bourgogne-Franche-Comté

Le président a précisé jeudi 29 avril le calendrier du déconfinement. Il a fixé des critères pouvant bloquer les réouvertures : le taux d’incidence de l’épidémie de Covid-19, mais aussi la saturation de la réanimation. En Bourgogne-Franche-Comté, rien n'est gagné concernant ce critère. 

La devanture d'un restaurant, en février 2021. (archives)
La devanture d'un restaurant, en février 2021. (archives) © Hervé KIELWASSER / MAXPPP

Emmanuel Macron a détaillé jeudi 29 avril les différentes étapes du déconfinement du pays, en fixant trois critères qui pourraient remettre en cause les réouvertures si la situation sanitaire se dégrade à nouveau. On fait le point en Bourgogne-Franche-Comté.

Un taux d’incidence inférieur à 400

Le premier critère fixé par le chef de l'État est un seuil de contaminations à 400 cas positifs au Covid-19 pour 100 000 habitants. En Bourgogne-Franche-Comté, ce taux d’incidence est repassé sous la barre des 400 dans l’ensemble des départements. Le dernier a être redescendu en dessous de ce seuil est le département du Doubs, le 16 avril dernier. L'incidence est désormais mesurée à 330 cas pour 100 000 habitants.

Le département où ce chiffre est le plus faible dans notre région est la Haute-Saône, avec environ 200 cas pour 100 000 habitants au 26 avril. Dans la métropole de Dijon, le niveau de circulation du virus reste également contenu en-dessous de cette barre de 400. Le dernier relevé montre un chiffre de 265 cas pour 100 000 habitants.

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Un risque d'augmentation brutale ?

Le deuxième critère concerne l'“augmentation très brutale” des contaminations. La situation de la Bourgogne-Franche-Comté ne suit pas ce chemin, pour l’instant en tout cas. Le taux d’incidence diminue, lentement, dans l’ensemble des départements depuis la mi-avril. Le risque d’une nouvelle explosion de l’épidémie semble donc écarté à l’heure actuelle.

L’Agence régionale de santé met cependant en garde sur la circulation des variants. C’est notamment le cas en Haute-Saône “où une attention particulière est cependant portée à la circulation des variants dits sud-africains ou brésiliens, leur part représentant plus de 25 % des tests positifs.” Sur le sujet, l’ARS annonce des “actions complémentaires” dans le département.

Mais même si le taux d’incidence ne dépasse pas le seuil fixé par le chef de l’État, il demeure à un niveau très élevé. Il est “supérieur de près de 100 points à celui observé dans la région en décembre dernier, au sortir des mesures de restrictions liées à la deuxième vague”, rappelle l’Agence régionale de santé de Bourgogne-Franche-Comté dans un communiqué diffusé vendredi 30 avril.

En Allemagne par exemple, des mesures de restriction sont prises dès que le taux d’incidence dépasse 100 pendant trois jours. “On a dégradé nos exigences de déconfinement”, indiquait sur France Inter ce vendredi matin Philippe Juvin, chef du service des urgences de l’hôpital Pompidou à Paris et maire LR de La Garenne-Colombes. “Un taux d’incidence de 400 représente à l’échelle nationale 38 000 nouveaux cas par jour. Le président de la République a dit pour le mois de décembre ‘on déconfinera si on est à 5 000’ […] Les conditions du déconfinement se font un peu à l’aveugle”, ajoutait-il.

Une réanimation toujours saturée

Troisième et dernier critère, Emmanuel Macron a mentionné une “menace de saturation des services de réanimation”. En Bourgogne-Franche-Comté, les patients traités pour Covid-19 en réanimation occupent plus de 100 % des lits, si on prend comme référence la capacité initiale des service de réanimation avant la réorganisation nécessitée par la progression de l'épidémie.

Au 29 avril, le taux d’occupation des lits de réanimation calculé à l’échelle régionale est de 103,5 % en Bourgogne-Franche-Comté, tout près donc de la barre des 100%. Et la tendance est à la baisse depuis quelques jours. Au niveau national, les services de réanimations sont saturés à 114,7 %. Les services ont bien sûr été réorganisés pour prendre en charge les nombreux patients. Des déprogrammations d’opérations se sont multipliées pour libérer les équipes médicales et leur permettre de traiter au mieux les patients atteints par le Covid-19.

À noter que l'exécutif n'a cependant pas fixé de critère chiffré ou de seuil à atteindre dans les services de réanimation pour autoriser le déconfinement.

 

 

Christine Ungerer, la directrice du groupement hospitalier Nord Saône-et-Loire, qui rassemble plusieurs hôpitaux autour de Chalon-sur-Saône, décrivait il y a quelques jours “une situation un peu paradoxale” avec “moins de pression sur la médecine et plus de pression sur la réanimation”. La difficulté est que “quand un patient doit être intubé, il reste souvent deux ou trois semaines en réanimation, nous expliquait la responsable le 26 avril. On a fait beaucoup d’admissions sur les quinze derniers jours, particulièrement la semaine dernière. Une fois que les réanimations sont saturées, c’est souvent pour deux ou trois semaines”.

Quelles conséquences si les seuils sont dépassés ?

Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, interrogé sur BFMTV ce vendredi 30 avril, a expliqué que si l’un des trois critères est franchi, cela déclenchera une “discussion au niveau local avec les élus, les représentants de l’Etat - préfet, ARS)”. “On regardera et si on considère qu’il y a un risque, on tirera sur le frein”, a-t-il précisé. Ces freins s’appliqueront “dans une métropole ou un département”, avait indiqué la veille Emmanuel Macron.

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