“Ce n’est pas en six mois qu’on changera radicalement le fonctionnement de nos quartiers” : à Besançon Planoise, Anne Vignot prête à tester “les forces d’action républicaine”

Besançon, Valence et Maubeuge sont les trois villes françaises qui vont bénéficier de l’expérimentation de FAR, forces d’action républicaine. Le dispositif sera mis en place en fin d’année. Pour l'instant, il reste encore flou.

Après les émeutes et violences urbaines survenues après la mort de Nahel en juin 2023, l’État a présenté une série de mesures jeudi 26 octobre. Parmi elles, être plus sévère avec les délinquants mineurs, si besoin avec l'aide de l'armée, et "responsabiliser" leurs parents.

Mieux coordonner les services de l'État


Anne Vignot, maire de Besançon a assisté à ces annonces à la Sorbonne. La ville du Doubs qui a connu une série d’émeutes et d’incendies au moment de la mort de Nahel, va bénéficier du dispositif expérimental. Des "forces d'action républicaine" - policiers, magistrats et personnels sociaux - seront  mis en place dans certains quartiers pour une plus grande efficacité "en matière de sécurité, mais aussi pour des réponses judiciaires, éducatives ou sociales". La police municipale pourrait avoir plus de pouvoir. L'expérimentation prévoit aussi une meilleure coordination avec l'Éducation Nationale ou la CAF, Caisse d'Allocations familiales, a précisé l'élue bisontine.

Les premiers déploiements des "FAR" auront lieu à Besançon, Valence et Maubeuge (Nord) d'ici à la fin de l'année. Ce dispositif, promesse de campagne d'Emmanuel Macron en 2022, sera piloté sur le terrain "par le maire, le préfet et le procureur de la République", a précisé Matignon. Pour Besançon Planoise notamment, le détail du dispositif déployé sera précisé ultérieurement a fait savoir le Préfet du Doubs.


“Nous n’avions pas attendu après les émeutes. Nous avions réuni les associations. On s’est mis d’accord sur des objectifs. On a commencé un plan d’actions. S’il est consolidé par un travail de coordination plus fort, c’est très bien", a réagi Anne Vignot au micro de notre journaliste Stéphanie Bourgeot. “On sait très bien que c’est un travail de longue haleine. Ce n’est pas en six mois qu’on changera radicalement le fonctionnement de nos quartiers” estime l’élue quant à la situation de Planoise, gangrénée par le trafic de drogue et où des familles se retrouvent en grande précarité. 

Agir plus vite et de façon coordonnée


Nicolas Daragon, maire de Valence qui bénéficiera aussi du dispositif “FAR” a précisé que le gouvernement prévoit "six jours pour auditer la situation et rétablir l'ordre, six semaines pour évaluer les mesures nécessaires et six mois pour ramener la sérénité dans le quartier". Face à cela, le maire de Valence s'interroge : "Et qu'est-ce qu'il se passe après les six mois ? C'est la petite inquiétude que j'ai après ces annonces. Le reste m'intéresse". 

Des moyens en plus ? 


Un intérêt partagé par Anne Vignot qui voit aussi l’opportunité dans ce nouveau dispositif de montrer le manque de moyens dans ces quartiers. “Ce test me paraît pouvoir être aussi un dialogue avec l’État en disant qu’il faut des moyens régaliens sur nos territoires”.

La maire de Besançon souligne l’importance du rôle des parents de jeunes délinquants. Pour corriger la "démission" de certains parents devant la "dérive" de leurs enfants, le gouvernement entend légiférer pour proposer des peines de travaux d'intérêt général à ceux "qui se soustraient à leurs devoirs éducatifs", a déclaré la Première ministre. Entre sanctions et accompagnement des parents, il faut trouver un équilibre, estime pour sa part Anne Vignot.

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