DIRECT. Procès Zepeda à Besançon : l'ensemble des parties conjurent l'accusé de dire la vérité, Nicolas Zepeda ne cède pas

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Écrit par Sarah Rebouh, en direct du procès Zepeda

Le 8e jour de procès de Nicolas Zepeda, accusé de l'assassinat de Narumi Kurosaki en 2016 à Besançon a eu lieu ce jeudi. Un nouvel interrogatoire de l'accusé s'est déroulé, sans aucun changement de version. Une journée à nouveau éprouvante. Revivez cette journée en détails.

La 8e journée a permis d’entendre les trois derniers témoins de ce procès qui doit aboutir le 12 avril. "Le menteur est là-bas !", s’est exclamé à un moment l’avocat général Etienne Manteaux, après une énième démonstration des mensonges de Nicolas Zepeda. L’accusé a d’ailleurs été interrogé dans la foulée, en début d’après-midi. Il a continué de manière implacable et de plus en plus déroutante à affirmer qu’il n’avait rien à voir dans la disparition de la jeune femme. Face aux questions de l’accusation, il a craqué, avant de reprendre ses esprits, soutenu par sa mère et ses parents qui viennent à son chevet à chaque suspension d’audience. "La famille est effondrée, elle sait qu’elle n’aura jamais la vérité. Elle ne saura jamais" nous a confié pendant une pause Me Galley, avocate de la mère et la sœur de Narumi Kurosaki. Elle avait vu juste. À la reprise, l’ensemble de la cour a conjuré Nicolas Zepeda de dire où se trouvait le corps de Narumi, jusqu’à sa propre avocate, en vain malheureusement. 

Découvrez le déroulé de la journée en détails, par ici : 

17h56 : L'audience est suspendue jusqu'à vendredi 9h.

17h54 : "Avez-vous envie de dire quelque chose une dernière fois ?" dit-elle à nouveau. L'accusé pleure et s'emporte, il fond en larmes : "Je me trompe parfois, je suis loin d'être une personne parfaite. Moi aussi, je veux savoir. Je veux savoir. Je ne l'ai pas tuée, je ne l'ai pas tuée !"

L'avocate de l'accusé le guide vers la vérité, en vain

17h49 : Me Laffont prend la parole et s'installe à la barre pour interroger son client, une dernière fois, avec un ton grave mais doux.

"La question vous a été posée par tout le monde. Moi aussi j'aimerais vous la poser. Pour vous défendre, il me semble absolument nécessaire de vous poser moi-même cette question. Celle de savoir si vous êtes en mesure de répondre à l'espoir, à l'espérance de la maman et de la soeur de Narumi Kurosaki. Où se trouve le corps de leur fille et de leur soeur ?" demande l'avocate parisienne, qui semble essayer de guider son client vers la vérité.

"Je ne sais pas" répond son client. "Est-ce qu'on peut imaginer qu'une dispute aurait mal tourné ?" insiste-t-elle. "Nous nous connaissons suffisamment bien avec Narumi pour que les choses ne finissent pas comme ce à quoi vous faites référence" dit Nicolas Zepeda.

17h41 : L'avocat général lui rappelle que la mère de la victime est allée jusqu'au Chili, qu'elle l'a vu, et qu'il a fui, comme elle l'a rapporté à la barre la veille. "Je pense que c'était le soir, je ne pouvais pas croire que ce soit elle. J'ai constaté qu'elle me suivait." 

"Monsieur Zepeda vous êtes un menteur !" lance Etienne Manteaux, en rappelant que la presse japonaise a parlé dans ses colonnes de la venue de la maman au Chili. Dernière question monsieur Zepeda : "Où est le corps de Narumi Kurosaki ?"

"Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je l'ai laissé dans sa chambre, et je ne sais pas ce qu'il s'est passé" martèle l'accusé.

"Monsieur Zepeda vous êtes un menteur"

17h25 : "Monsieur Zepeda, la maman de Narumi Kurosaki que vous connaissiez nous a dit hier, - j'ai écrit à Nicolas Zepeda, il ne m'a jamais répondu -. Pourquoi ?" demande Etienne Manteaux. "J'ai des regrets. Je ne sais pas" dit Nicolas Zepeda. 

"Je pense que j'ai eu peur" dit le Chilien. "De quoi ?" demande l'avocat général. Le Chilien s'exprime en entrecoupant son propos de soupirs, avec une voix tremblante. "C'était une lettre dure. Je ne savais pas quoi faire. Quand je pense à elle, je pense à ma mère et je l'ai vue souffrir aussi. J'ai eu peur" explique l'accusé.

17h03 : L'avocat général, toujours aussi vif et pressant, fait lever l'accusé. Étienne Manteaux lui parle de ses parents qui le soutiennent et viennent lui parler à chaque interruption, comme "sur un ring pendant un combat de box". Il le remet face à ses mensonges et contradictions. 

Il questionne l'accusé pour savoir pourquoi sa petite amie et son cousin Juan Felipe n'ont pas voulu déposer, alors qu'ils étaient cités comme témoins dans cette affaire. Nicolas Zepeda dit que le grand-père de sa petite amie est décédé. 

"Vous savez que vous avez une chance de vous en tirer"

16h47 : Nicolas Zepeda répond aux questions assis dans son box, et semble avoir retrouvé son calme. On décèle dans son attitude une forme de lassitude. Me Schwerdorffer place à nouveau l'accusé face à ses multiples déclarations en notant.

"Vous êtes menteur, mais ce n'est pas gênant, vous dites des contre-vérités ce n'est pas gênant... Vous savez qu'il n'y a pas de corps et vous savez que vous avez une chance de vous en tirer, puisqu'il n'y a pas de témoin visuel de l'assassinat, et qu'il vous suffit de dire ce n'est pas moi" dit l'avocat bisontin, avant de conclure par cette phrase : "Je n'ai plus de question, de toute façon il n'y a rien à attendre de Nicolas Zepeda".

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16h20 : L'audience reprend. Me Randall Schwerdorffer, avocat d'Arthur Del Piccolo, pose ses questions et revient sur les échanges entre l'accusé et son cousin Juan Felipe.

L'audience est suspendue 20 minutes. 

15h51 : "Je ne sais pas quoi vous dire, je n'ai pas tué Narumi" dit Nicolas Zepeda, avant de s'emporter : "Je n'ai pas tué Narumi, je veux savoir aussi !!" Il se remet à pleurer.

15h48 : "Vous la revoyez en train de mourir monsieur Zepeda ?" demande Me Galley, qui tente le tout pour le tout lorsque l'accusé parle des rêves dans lequel il voit Narumi Kurosaki. "Je la vois heureuse dans mes rêves, elle est bien" dit l'accusé, en sanglots. "Mais elle est bien où monsieur Zepeda ? Vous pensez qu'elle est heureuse là où vous l'avez mise ?" insiste Me Galley.

La mère et la soeur de Narumi Kurosaki pleurent sur le banc des parties civiles.

15h41 : L'accusé répond ensuite aux questions des différentes parties, avec l'aplomb qu'on lui connaît depuis le début de son procès. 

Me Galley, avocate de la famille de la victime, demande à Zepeda comment il explique que sa propre famille, son cousin en l'occurence et ses propres amis, mentent selon lui, alors qu'ils sont pourtant censés être par nature ses alliés. L'accusé se met à pleurer. "Cela me fait de la peine, car mon cousin fait partie de ma famille et je l'aime beaucoup" répond l'accusé qui semble craquer, mais se reprend finalement. 

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"Monsieur Zepeda, qu'est-ce que vous avez fait à Narumi ?" demande Me Galley avant de se rapprocher de l'accusé, en se plaçant à la barre. "Du moment où je la quitte, je ne sais pas ce qu'elle devient" répond l'accusé, en essuyant des larmes. L'avocate bisontine espère obtenir des aveux de l'accusé. Il ne plie pas malgré les photos de la victime qui défilent sous ses yeux.

"Si vous voulez apaiser la peine, physique et morale, de sa mère, ses soeurs, sa famille... Dites-nous où est Narumi" implore l'avocate de la famille de Narumi Kurosaki. 

Vous avez perdu votre cousin, votre meilleure amie, tous les gens qui vous appréciaient. Ces gens là ne s'en remettront jamais de ces mensonges-là. Je ne parle même pas de la famille de Narumi Kurosaki. Vous en avez conscience de ça ?

Me Galley, avocate de la famille de Narumi Kurosaki

"Voulez-vous nous dire ce qu'il s'est passé ?"

15h15 : Le président pose une dernière question à l'accusé Nicolas Zepeda, concernant l'ensemble du procès.

"Tout ce qu'on a entendu depuis presque deux semaines... On a beaucoup étudié les raisons de votre voyage en Europe. Vous avez eu des explications sur l'ensemble. Quoi qu'on puisse en penser, si vous prenez l'avion, vous débarquez à Dijon, puis Besançon près de chez Narumi, votre retour rapide, tout ça ne fait pas une explication de la disparition de Narumi. En revanche, il est établi que vous avez passé la nuit du 4 au 5 décembre avec Narumi Kurosaki. À partir de ce moment-là plus personne ne l'a jamais revue. Et ensuite, vous n'avez eu de cesse de ne pas dire à toutes les personnes qui s'interrogeaient que vous étiez allé à Besançon et que vous l'aviez rencontrée. Entre temps, il y a deux promenades, avant et après, dans la région du sud est de Dole... Tout simplement, ne souhaitez-vous pas dire exactement ce qu'il s'est passé ? Voulez-vous nous dire ce qu'il s'est passé ?" demande Matthieu Husson.

"Vous faites référence à quelle nuit exactement ?" répond l'accusé.  "La nuit du 4 au 5 décembre" dit le président. "J'ai déjà répondu à cette question, cette nuit-là, je dormais" conclut Nicolas Zepeda.

14h53 : Nicolas Zepeda maintient sa version initiale et ne la modifie en aucun point, malgré les multiples témoignages accablants entendus depuis bientôt deux semaines. Selon lui, il n'a aucun lien avec la disparition de Narumi Kurosaki. 

14h48 : L'accusé dit ne pas se souvenir du couteau qu'il a laissé chez son cousin, à Barcelone. Concernant les questions sur la mort posées à son cousin médecin : "Je ne me souviens pas de ces questions en particulier". Il contredit sur plusieurs points le témoignage de son cousin Juan Felipe, dont la déposition a été lue la veille à la cour (relire notre article). Puis le témoignage du professeur Jérémy Bride, interrogé sur serment dans la matinée... ainsi que les déclarations des deux Japonaises ayant expliqué à la cour que l'accusé leur avait demandé d'effacer des messages, avec insistance. 

La salle d'assises ainsi que la salle de retransmission sont pleines de curieux venus assister au procès. Certains essaient même d'entrer dans la salle de presse et sont redirigés par la sécurité du Palais de justice. 

"Aucune cohérence par rapport aux questions posées"

14h09 : "J'avais commis une erreur dans la réservation de l'hôtel et je me suis dit que j'avais mal signalé la date de mon arrivée à mon cousin" dit l'accusé. "De quelle réservation parlez-vous ?" demande le président Matthieu Husson, et d'ajouter, "donc vous n'avez pas de réponse".

Le président Matthieu Husson interroge l'accusé sur les mensonges mis en lumière durant ce procès : "Pourquoi cette grosse différence encore sur le motif de votre voyage en Europe ?" 

Je n'ai pas compris votre réponse, elle n'a aucune cohérence par rapport aux questions qui sont posées. Aujourd'hui ce n'est pas plus clair, et c'est moins rationnel.

Matthieu Husson, président de la cour

"Pourquoi n'avez-vous pas dit à votre cousin que vous étiez en France ?" L'accusé répond une fois de plus à côté. "Je ne m'en souviens pas", finit par dire Nicolas Zepeda, face à l'offensive du président Husson.

14h03 : L'audience débute, l'accusé enlève son masque et se lève dans son box. L'interrogatoire reprend et démarre au moment du voyage de l'accusé à Barcelone, chez son cousin, qui a dit dans sa déposition ne pas être au courant en amont de cette visite.

L'audience est suspendue jusqu'à 14h. 

12h24 : "Il dressait un portrait de Narumi qui m'étonnait, en tout cas de ce que je pouvais connaître d'elle" explique l'enseignant chercheur, qui avait expliqué aux enquêteurs à l'époque que Nicolas Zepeda lui avait dit que Narumi le tapait.

Il répond aux questions de la cour, afin de préciser certains points de sa déposition. Beaucoup d'éléments ont déjà été donnés durant ce procès.  

11h54 : L'audience reprend avec le témoignage de Jérémy Bride, à l'époque des faits professeur référent pédagogique pour les échanges entre l'université de Tsukuba et celle de Besançon. Il est de nationalité française et s'exprime donc en français, en direct à la barre.  "Vous étiez le dénominateur commun de la plupart des personnes que nous avons entendues" explique le président. 

En décembre 2016, Jérémy Bride téléphone à Nicolas Zepeda pour savoir s'il a des informations sur Narumi Kurosaki, car il a été contacté pas ses amis japonais, très inquiets de ne plus avoir de nouvelles. "Il me dit qu'il n'a pas de nouvelles" dit le témoin. Il ne lui dit pas non plus qu'il est allé en France, ni même à Besançon. 

"Je ne les connaissais ni l'un ni l'autre intimement. Mon amie était proche de Narumi, voire très proche" précise le témoin, en couple à l'époque avec une amie proche de la victime. Ce dernier a participé à l'"enquête" menée avec les amis de la victime, à la mi-décembre, quand ils ont compris qu'elle avait disparu. 

Suspension d'audience de 20 minutes.

11h17 : "Je vous rassure, on a la preuve que Mme Sakamaki ne ment pas et que le menteur, il est là-bas !" pointe Etienne Manteaux, avocat général en direction de Nicolas Zepeda, dans son box, toujours aussi calme et attentif. Il demande à la témoin de bien conserver les preuves dont elle dispose dans l'éventualité d'un deuxième procès en appel.

Les avocates de la défense n'ont pas de question. 

11h08 : Nicolas Zepeda avait dit aux enquêteurs qu'il n'avait pas besoin d'aide pour traduire les phrases que rapporte la témoin ce jeudi 7 avril. "Qu'en pense-t-elle ?" demande Me Schwerdorffer à  Rina Sakamaki, par l'intermédiaire de l’interprète. 

"Il insinuait qu'il ne m'a jamais demandé de traduire ces deux phrases c'est ça ?" demande la jeune femme.  Nicolas Zepeda avait traité la témoin de "menteuse" rapporte Me Schwerdorffer, avocat des parties civiles.  "Ce que vous venez de dire est choquant pour moi. Je peux contacter de nombreux témoins pour prouver que cette demande de traduction a été faite par Nicolas" répond-t-elle, tout en détaillant son propos. 

Je commence à voir le personnage un peu mieux, d'après ce que vous venez de me dire. 

Rina Sakamaki, ancienne connaissance de Nicolas Zepeda

10h52 : La témoin s'est finalement rendue compte, en discutant avec une autre connaissance plus proche de la famille Kurosaki, que les phrases qu'elle avait traduites pour l'accusé étaient exactement les mêmes que celles reçues par la famille de la victime. " Vraiment, c'était exactement ce que je lui ai envoyé" confirme-t-elle. Elle dit avoir "tremblé" quand elle a compris le dessein de Nicolas Zepeda.

La jeune femme confirme ensuite avoir entendu son petit ami de l'époque, chilien lui aussi, dire qu'il valait "mieux que la relation entre Nicolas et Narumi s'arrête le plus vite possible". Elle a aussi entendu dire que "Nicolas avait une mauvaise influence sur Narumi Kurosaki".

10h20 : Témoin suivante, Rina Sakamaki. "J'ai rencontré Nicolas Zepeda deux ou trois fois seulement" dit la jeune femme qui était la petite amie à l'époque d'un autre ressortissant chilien. Elle a reçu un message de la part de l'accusé le 11 décembre 2016. Il lui a demandé des traductions en japonais "avec beaucoup de détails", notamment concernant un projet de voyage.

Le Chilien lui avait aussi demandé de supprimer tous les messages échangés entre eux, en lui confirmant par une copie d'écran. "Je suis de retour au Chili, j’ai commencé une nouvelle vie et j’aimerais rompre avec ma vie d’avant" lui a dit Nicolas Zepeda. 

"J'avais été utilisée par lui"

9h50 : "Vous avez indiqué dans votre déposition que Nicolas Zepeda vous avait dit que Narumi le tapait. Vous avez indiqué qu'il parlait d'elle en disant des horreurs sur elle" indique Me Galley, avocate de la famille de Narumi Kurosaki, en demandant plus de précisions. "Je ne me souviens pas des expressions utilisées, mais je me souviens qu'il parlait à chaque fois du fait que Narumi avait des relations avec d'autres hommes" répond la témoin. L'avocate bisontine rappelle que toutes les personnes entendues décrivent Narumi Kurosaki comme quelqu'un de particulièrement gentille et douce.

"Avez-vous l'impression d'avoir été manipulée par Nicolas Zepeda ?" demande Me Galley. "Sans comprendre la raison pour laquelle il m'avait demandé la suppression des échanges, cela m'a fait penser que j'avais été utilisée par lui" dit  Megumi Sugisaki. 

Me Laffont, avocate de Nicolas Zepeda, souhaite rappeler à la cour, tout en faisant confirmer à la témoin, que Nicolas Zepeda avait l'habitude de lui faire traduire des phrases en japonais.  "Oui, c'était possible" dit-elle. Réputée pour être très pugnace et méticuleuse, l'avocate parisienne continue comme depuis le début du procès à disséquer le dossier et notamment les déclarations de la témoin dans ses dépositions. 

Le ton sec et froid avec lequel il avait déclaré qu'il ne s'inquiétait pas particulièrement pour Narumi Kurosaki me semblait bizarre, en comparaison avec la passion avec laquelle il semblait l'aimer.

Megumi Sugisaki, amie de l'accusé au moment des faits

9h19 :  "Il était très gentil mais j'avais l'impression qu'il était très fier de son pays et de lui-même, il ne changeait pas d'avis facilement" a expliqué au sujet de l'accusé, la témoin du jour, lors de sa déposition face aux enquêteurs. Elle avait passé un moment au Chili et avait été accueillie par Nicolas Zepeda. 

Elle est interrogée par le président de la Cour mais n'a plus en mémoire tous les éléments. Le président relit régulièrement les dépositions de l'époque de la Japonaise. 

8h58 : "Je prends un train pour partir en voyage, alors je ne peux pas me servir du wifi" est l'une des phrases que l'accusé a demandé de traduire à Megumi Sugisaki. Le président Matthieu Husson lui demande si elle pense que les messages ont pu être rédigés plutôt en décembre. Pour rappel, l'affaire remonte à plus de 5 ans. Elle ne se souvient pas de la période exacte. 

"Nicolas Zepeda m'a demandée de traduire des textes"

8h55 : "En octobre-novembre 2016, Nicolas Zepeda m'a demandée de traduire un certain nombre de textes. Je me souviens le contenu des messages. Il voulait que je le traduise dans un style féminin. La personne dont il s'agissait allait entreprendre un voyage et c'est la raison pour laquelle elle ne pouvait répondre aux messages" débute la jeune femme.

"Mi-décembre, le 15 décembre, il m'a demandé de supprimer toute correspondance avec moi sur Messenger et Facebook" poursuit-elle. Nicolas Zepeda lui a demandé de prendre en photo son écran pour lui prouver la suppression de ses messages.  

"Il m'a également appelée pour connaître le contenu des informations diffusées au Japon, après l'annonce de la disparition officielle de Narumi, dit-elle. La dernière correspondance que j'ai eu avec lui était en novembre 2017."

18h45 : L'audience reprend. La témoin, prénommée Megumi Sugisaki a 27 ans et habite Kyoto. Elle était une amie de Nicolas Zepeda. Elle débute cette nouvelle journée, face caméra. Son image est projetée sur une écran géant dans la salle d'audience. 

Le début de l'audience était normalement prévu à 8h mais a été retardée par un problème technique.

Deux Japonaises ayant traduit des messages pour Nicolas Zepeda, qu'il aurait ensuite envoyé à la famille de la victime, doivent témoigner en direct du Japon.

La 7e journée du procès de Nicolas Zepeda a été particulièrement intense, avec notamment la déposition d’Arthur Del Piccolo, petit ami de la victime. La mère et la soeur de Narumi Kurosaki ont livré des témoignages véritablement bouleversants.   "Je ne peux pas laisser ce démon en liberté. Je vais continuer à protéger toutes les femmes sur cette terre, des Zepeda, le prix sera ma vie. Pour l'ensemble des filles, il ne faut jamais laisser ce monstre en liberté"  a-t-elle dit en pleurant, à la barre après une longue et minutieuse déclaration spontanée.  

Le procès du Chilien Nicolas Zepeda, soupçonné d'avoir tué son ex-petite amie japonaise Narumi Kurosaki entre le 5 et le 6 décembre 2016 à Besançon, s'est ouvert le 29 mars. Il doit durer 11 jours. 

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