DIRECT. Procès Zepeda à Besançon : la version de l'accusé mise à mal... Revivez en détails la 4e journée du procès

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Écrit par Sarah Rebouh, en direct du procès Zepeda

Le 4e jour de procès de Nicolas Zepeda, ressortissant chilien accusé de l'assassinat de Narumi Kurosaki en 2016 à Besançon se poursuivait ce 1er avril. Revivez-le en détails dans cet article.

L'audience est suspendue. Elle reprendra lundi 4 avril à 10h. 

13h40 : L'audience se poursuit, la pause déjeuner est remise à plus tard. Me Laffont expose sur l'incident qui s'est déroulé lors de la déposition de l'enquêteur principal monsieur Borne, mercredi (nous vous en avions parlé dans cet article). Les avocats des parties civiles donnent ensuite leur avis, puis l'avocat général. C'est un moment très technique relevant de notions juridiques et procédurales pointues. 

12h59 : L'avocate de l'accusé Me Laffont fait préciser l'enquêteur concernant la zone de recherche du corps de Narumi Kurosaki. Elle veut démontrer que le terrain n'est pas un terrain difficile en terme de recherches et que les enquêteurs auraient retrouvé un corps s'il s'y trouvait. L'enquêteur Touris lui répond calmement.

"Est-ce qu'on est passé à côté du corps ? J'ai passé des nuits blanches à me poser la question. Entre le moment de la disparition, où on précise, il s'est passé des mois. Un corps déposé à même le sol quelque soit l'endroit... Il y a des animaux. Ce n'est pas la ville, c'est la nature. Des sangliers par exemple ont pu déplacer des éléments du corps" répond l'enquêteur, alors que la famille de la victime vit cet instant de manière extrêmement violente. 

L'anonymat impossible sur internet

12h20 : L'accusé Nicolas Zepeda a bien préparé sa défense et ses arguments mais a disséminé des indices un peu partout sur la toile, victime de son envie insatiable d'espionner Narumi Kurosaki sur les réseaux. Malheureusement pour lui, internet est un endroit où il est il est presque impossible de dissimuler son identité et encore moins de ne laisser aucune trace. La démonstration de cette fin de matinée l'illustre de manière implacable.

La cour questionne ensuite l'expert à la barre, notamment pour essayer de comprendre où a pu passer le corps de la victime.

De nombreuses traces des agissements sur la toile de l'accusé

12h : L'enquêteur détaille maintenant l'analyse des agissements sur la toile de l'accusé via son compte Google ainsi que celui de la victime dont il avait pris possession.

La Cour peut prendre la mesure de l'espionnage massif qu'exerçait l'accusé sur la victime.

11h27 : On regarde de grands tableurs, sur lesquels on peine à lire les informations. Ils détaillent les déplacements de chaque protagoniste grâce à leur géolocalisation ainsi que les tentatives de contact entre leurs téléphones.

Sa démonstration vient illustrer tout ce qui a été dit les jours précédents durant ce procès, concernant les déplacements multiples de l'accusé, notamment dans la zone de Dole. 

11h10 : Un énième mensonge de l'accusé est mis en lumière ce vendredi matin. Il ne disposait pas automatiquement d'une connexion au compte universitaire de son ex-petite amie. La démonstration de l'enquêteur contredit cette version, puisque les experts ont pu déterminer que les connexions avaient été faites avec une entrée de mot de passe manuelle. Plusieurs erreurs de mot de passe ont d'ailleurs été notées. 

Pour rappel, la victime avait également dénoncé auprès de ses proches le piratage de son compte Facebook par son ex-petit ami. 

"Il a traduit 150 conversations qu'elle a eues"

11h : L'enquêteur bisontin est aussi investigateur en cybercriminalité. Il nous parle à présent de l'analyse qu'il a faite des connexions sur la session numérique de l'université de Tsukuba, au Japon. "Plus de 57 connexions de Nicolas Zepeda ont été faites sur la session de Narumi, entre avril 2016 et octobre 2016. Il y a traduit plus de 150 conversations qu'elle avait eues" précise l'enquêteur. Et d'ajouter :  "Ce n'est pas un acte involontaire, mais bien volontaire de connexion".

Ce sont des actes délibérés pour aller espionner le compte de Narumi Kurosaki.

Commandant Touris, expert en cybercriminalité

10h53 :  "On a déterminé l'ensemble de tout le parcours de Nicolas Zepeda. À partir de novembre 2017 on a redéfini une zone de recherches plus précise, au sud de Dole et à Dole" dit l'enquêteur. Des cartes sont projetées à l'écran géant et il indique tous les endroits passés au peigne fin.

Une zone de 50 km ² a particulièrement intéressé les policiers. Située au sud de Dole, elle se trouve en bordure de la forêt de Chaux. 

On a fait le canal de Dole, le Doubs, le barrage électrique... Et également tout le secteur des étangs.

Christophe Tourris, commandant de police

10h35 : le commandant Touris s'avance à la barre et débute sa déposition. "On a travaillé sur les déplacements de Nicolas Zepeda, depuis son arrivée, sur Besançon, sur Dole, Dijon" commence le policier et aussi "sur les achats sur notre territoire". Il développe chaque partie correspondante aux différentes investigations.

Il rappelle que des plongeurs ainsi que des chiens spécialisés ont été mobilisés pour rechercher le corps de la victime. Des recherches pédestres ont aussi eu lieu à différents endroits, à la suite de l'analyse des fadettes liées aux agissements du Chilien de 31 ans.

9h55 : Christophe Touris, commandant de police français, sera le prochain à être auditionné par la cour d'assises à 10h30. En attendant, quelques photos de la victime sont projetées dans la salle avant une suspension d'audience. 

9h22 : Un troisième témoin s'installe face caméra. Il est agent de police au Japon. Il n'ajoute rien de particulier à ce qui a déjà été dit dans la mesure où il n'a pas exploité lui-même les données informatiques qui nous intéressent ce jour. 

9h10 :  "Nous supposons que les accès au-delà de la date de départ de Narumi Kurosaki ont été réalisés depuis notre campus. Ce sont donc des accès illicites" dit le directeur technique. Les appareils s'étant connectés principalement au wifi de l'université portaient le nom de Nicolas Zepeda. 

"Nous avons détecté une connexion depuis l'étranger au système informatique, après la date de disparition de madame Kurosaki" ajoute-t-il. 

L'accusé porte toujours une chemise et une cravate en ce 4e jour de procès. Il écoute toujours attentivement les échanges. La veille, il était apparu plus nerveux et plus agité en fin de journée, face aux questions bien placées des avocats des parties civiles et de l'avocat général. 

"Les étudiantes peuvent se transmettre leurs codes de connexion ?" demande l'une des deux avocates de l'accusé. "En effet. Le système ne permet pas d'interdire ce genre d'accès. Par contre nous recommandons fortement à tous les utilisateurs de ne pas donner ces deux éléments aux tierces personnes" répond le directeur technique.

8h43 : Le deuxième témoin de la journée est le directeur technique de l'université de Tsukuba au Japon. Il a fait des recherches dans l'historique du système informatique. Il confirme les propos du premier intervenant et parle lui aussi de connexions au système informatique universitaire "illicites".

L'accusé aurait piraté les comptes numériques universitaires de la victime

8h35 : L'intervenant donne pour l'instant peu d'éléments intéressants, en tout cas concernant l'accès direct au réseau de Nicolas Zepeda. Les accès au compte de la victime ont quand à eux parlé. 

"Ce qui a attiré notre attention, était les 50aine d'accès de la part des appareils portant le nom de Nicolas Zepeda, même après le départ de madame Kurosaki en France et ce jusqu'au 8 octobre. Etant donné que madame Kurosaki était partie en France après le 20 août, ce que nous avons trouvé, donc les 50 accès de la part de Zepeda au réseau, au-delà de cette date, doivent être considérés comme illicites" dit le témoin, confirmant que les comptes numérique universitaires de la victime ont été piratés par l'accusé.

Depuis le début du procès Nicolas Zepeda a toujours nié avoir piraté ses comptes numériques.

8h20 : Le professeur universitaire de 56 ans explique qu'on lui a demandé d'effectuer une recherche concernant les traces éventuelles laissées sur le réseau universitaire par Narumi Kurosaki et Nicolas Zepeda, qui ont fréquenté dès 2014 l'université japonaise. Le séjour de l'accusé s'est terminé en septembre 2015. 

8h15 : L'audience débute. La 1ère intervention est celle d'un professeur de l'université de Tsukuba, où étudiait la victime. Il est en visioconférence depuis le Japon, où il est actuellement 15h15. 

8h05 : Le 4e jour du procès Zepeda s'ouvre ce vendredi 1er avril à Besançon sous d'épaisses flocons de neige. Des experts qui ont travaillé sur l'enquête doivent être interrogés. L'accusé devrait également reprendre la parole puisque son interrogatoire n'a pu être terminé la veille. 

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Le procès du Chilien Nicolas Zepeda, soupçonné d'avoir tué son ex-petite amie japonaise Narumi Kurosaki entre le 5 et le 6 décembre 2016 à Besançon, s'est ouvert le 29 mars. Il doit durer 11 jours.