Maltraitance des personnes âgées : "Si la victime ne parle pas, il peut y avoir d'autres signes"

L’association Allô maltraitance (Alma) permet de signaler les cas de maltraitances sur personnes âgées, d'accompagner et de conseiller les victimes. Elle bénéficie d’une cellule d’écoute franc-comtoise depuis 2004. À l'occasion de la journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes âgées, sa présidente fait le point sur la situation dans notre région.

Le 15 juin, c'est la journée mondiale de la lutte contre la maltraitance sur personnes âgées. Pour sensibiliser, l'association Allô maltraitance (Alma), née à Grenoble à la fin des années 80, recense des signalements de la part de témoins ou de victimes elles-mêmes. Depuis 2004, une antenne de l'association existe en Franche-Comté.

70% de signalement à domicile, 30% en Ehpad

En janvier 2023, un employé de l'Ehpad de Vill'Alizé de Thise est suspecté d'agression sexuelle sur une résidente. S'il y aurait deux, voire trois, dossiers de violences sexuelles depuis le début de l'année dans le Doubs, d'autres cas de maltraitances arrivent plus régulièrement. "On reçoit souvent des signalements", a constaté Marie-Claude Cortot, présidente de l'Alma Franche-Comté, qui a observé une "montée en puissance des signalements" depuis la publication du livre-enquête du journaliste Victor Castanet "Les fossoyeurs". Pendant de nombreuses années, "70% des maltraitances signalées étaient à domicile et 30% en EHPAD, depuis la publication ça s'équilibre".

"Les maltraitances les moins fréquentes sont physiques, les plus fréquentes sont psychologiques, accompagné de négligences de la part de soignants", détaille Marie-Claude Cortot. Elle qualifie les négligences de "soins trop rapides, dû à un manque de personnel, ou des soignants mal formés par exemple"

Des victimes vulnérables avec des pathologies

Généralement, ce ne sont pas les victimes elles-mêmes qui sollicitent l'association. "Les victimes sont souvent vulnérables avec des pathologies, la protection vient plutôt de l'entourage, familles, tuteurs..."

Pour recenser ses signalements, une ligne d'écoute nationale a été mise en place : le 3977. Tous les appels sont ensuite envoyés vers les régions concernées. Quand l'association en reçoit un, "il y a une écoute active avec un temps d'analyse de la situation par plusieurs bénévoles. Puis, on dégage des pistes d'action, on essaie de s'assurer qu'il y a bien cas de maltraitance", explique la présidente d'Alma. L'association aide notamment les signalants à évaluer la situation, puis à s'orienter dans leurs démarches de dénonciation des maltraitances.  

Un rôle d'accompagnateur et de conseiller 

L'association peut se rapprocher de l'ARS, du conseil départemental, d'assistants sociaux, des maires et même du procureur. "Tout ça, on le fait en accord avec les témoins et/ou victimes qui signalent", précise-t-elle. Marie-Claude Cortot alerte "si la victime ne parle pas, il peut y avoir d'autres signes". Elle ajoute : "Quand les témoins appellent, notre rôle est d'accompagner et de conseiller".

En cas de signalement : 0800 00 83 75 (Numéro vert) ou le 3977

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