Violences dans le quartier de Planoise à Besançon : une nouvelle brigade spécialisée déployée

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La préfecture a détaillé ce lundi 28 novembre les contours de la nouvelle brigade spécialisée de 12 policiers déployée dans le quartier de Planoise à Besançon, régulièrement en proie aux violences, sur fond de trafic de stupéfiants.

La maire de Besançon Anne Vignot les réclamait depuis des mois. Les habitants du quartier de Planoise, à Besançon, aussi. Des moyens supplémentaires vont donc être alloués par l'État à ce quartier de 20 000 habitants, gangréné par les violences entre bandes rivales de trafiquants. L'annonce a été détaillée lors d'une conférence de presse du Préfet du Doubs ce lundi 28 novembre après-midi.



Cette brigade spécialisée de terrain (BST) sera composée de douze agents de police (onze hommes et une femme). Une brigade mobile, qui sera active tous les jours de la semaine et présente uniquement dans le quartier de Planoise, où se trouve jusqu'à présent un poste déployé dans le cadre de la police de sécurité du quotidien.

Cette nouvelle brigade était testée à titre expérimental depuis le 1er octobre. Le préfet a précisé ce lundi que ces agents avaient été formés pour plusieurs missions : récolter la parole des habitants, lutter contre le trafic de stupéfiants et les infractions telles que les rodéos urbains, mais aussi déceler les signes éventuels de radicalisation. 

Il s'agit de nouveaux postes qui viennent s'ajouter aux effectifs existants, selon la préfecture, qui précise par ailleurs que le nombre de policiers est passé de 201 à 279 entre 2015 et aujourd'hui, sur l'ensemble du territoire bisontin.

Un groupement de CRS d'Agen (soit 60 à 80 personnes) doit être déployé dès ce lundi soir, a également annoncé la préfecture. Des moyens de contrôle seront ainsi postés aux entrées et sorties de la ville, en plus de moyens aériens.

Des renforts attendus de longue date



Le quartier de Planoise est en proie aux violences depuis de nombreuses années. Elles franchissent un cap de novembre 2019 à mars 2020, atteignant leur paroxysme avec le meurtre, début mars, d'Houcine Hakkar, un jeune homme qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. Entre le 9 janvier et le 27 février, pas moins de huit personnes ont été blessées dans des fusillades. Au mois de mai, un autre jeune de 17 ans est abattu. 



Fin août 2022, le pire se produit à nouveau.  Un jeune de quinze ans trouve la mort en pleine rue, en pleine journée. Abdel Malek Ben Massaï est touché par une balle perdue, à proximité d'un point de deal. Un autre jeune est blessé.



Ce nouveau meurtre relance le débat autour des moyens de sécurité alloués à ce quartier de Besançon. Malgré les saisies de drogues et les arrestations (81 interpellations dont 40 pour stupéfiants en deux mois, rappelle la préfecture), Planoise continue d'être réveillé par des bruits de coups de feux. 

Le médiatique procès d'une partie du clan de "La Tour de Fribourg", l’un des groupes engagés dans le trafic de drogue à Besançon, s'est tenu en juin 2022. Les deux frères soupçonnés par la justice d'être à la tête d'un juteux trafic de stupéfiants avaient été condamnés à 10 ans d'emprisonnement.

Mais aujourd'hui, Planoise continue de vivre au rythme régulier des tirs. Dans la nuit de jeudi à vendredi, ils retentissent à nouveau. Une mère et sa fille se retrouvent au milieu d'une course-poursuite entre plusieurs voitures rue de Dole. Il n'y a pas eu de blessés.

Moins de 48 heures plus tard, de nouveaux tirs retentissent à nouveau entre la rue Fribourg et le parking Ile-de-France, selon nos confrères de l'Est républicain.

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