Dans la Nièvre, l'abbaye de Saint-Laurent numérisée sous toutes ses coutures avant sa rénovation

Depuis le 2 mai, l'abbaye de Saint-Laurent (Nièvre) est radiographiée sous tous les axes. Dans le cadre d'un mécénat, l'entreprise Art Graphique et Patrimoine réalise une cartographie technique de ce monument classé.

Lorsque l'on pénètre sur le site de l'abbaye Saint-Laurent, dans la commune nivernaise du même nom, il faut faire un effort pour imaginer sa splendeur passée. Suite à l'effondrement du clocher de l'église en 1945, le site classé monument historique dépérit.

Depuis le 2 mai, au milieu des étais, deux géomètres experts en numérisation 3D s'activent au milieu des ruines. Salariés de l'entreprise Art Graphique et Patrimoine, spécialisée dans la cartographie technique des monuments, ils vont effectuer des milliers de clichés. Comme l'explique la responsable de la communication Chiara Cristarella Orestano, des laser-scanners vont leur permettre de "réaliser une catographie complète du bâtiment grâce aux techniques de laserométrie et à la photogrammétrie. Un drone nous permet aussi de mesurer ce qui s'est effondré."  

Une numérisation offerte

Cette opération est souvent réservée aux monuments prestigieux comme Notre-Dame de Paris et le Mont-Saint-Michel, mais l'entreprise Art Graphique et Patrimoine a choisi de remettre un prix "de mécénat de compétences" afin de proposer son expertise à des collectivités locales, comme le village de Saint-Laurent : "Il faut nous voir comme des radiologues, explique Chiara Cristallera Orestano. Nous fournissons les radios du site aux spécialistes, comme les architectes, les bureaux d'études qui décideront comment rénover le bâtiment. Ce sont des informations précieuses." 

Mobilisation générale

L'aide de l'entreprise Art Graphique et Patrimoine tombe bien. Elle participe à la mobilisation générale autour de la rénovation de Saint-Laurent-l'abbaye.

La Camosine (Caisse pour les monuments et les sites de la Nièvre) est très investie depuis qu'elle a reçu un héritage d'un montant de 1 million d'euros, legs de Jeanne Pautrat, une habitante de la commune, qui spécifiait que l'argent devait servir à rénover cette abbaye, fondée au VIème siècle. Même si le montant ne suffira pas à financer l'entièreté des travaux, il en donne le coup d'envoi.

La fondation pour la sauvegarde de l'art français soutient la commune dans son projet : "Pour une commune de 200 habitants, il est difficile de gérer un tel monument même s'il est classé. Entre le don et la radiographie du bâtiment, elle va pouvoir se lancer dans la restauration, idée qui avait été abandonnée depuis l'effondrement du clocher, à part un chantier de consolidation dans les années 1980" explique Jacques de Chauvelin. "Nous sommes convaincus que c'est une chance pour la commune car cela va générer du lien, du tourisme."