Opération Barkhane : ces 5 soldats de Bourgogne Franche-Comté morts pour la France

Ce jeudi 10 juin, Emmanuel Macron a annoncé la fin de l'opération Barkhane au Mali. Depuis 2013, 51 militaires français sont morts au combat dans le cadre des opérations militaires menées au Sahel dont cinq de Bourgogne Franche-Comté. 

L'hommage dans la cour des Invalides a Paris aux trois militaires du 511e régiment du train d'Auxonne, tués en 2016 lors de l'opération Barkhane au Mali.
L'hommage dans la cour des Invalides a Paris aux trois militaires du 511e régiment du train d'Auxonne, tués en 2016 lors de l'opération Barkhane au Mali. © Cedric Bufkens/Maxppp France

Damien Boiteux, Mickaël Poo-Sing, Damien Noblet, Michael Chauwin et Kévin Clément. Originaires de la région Bourgogne Franche-Comté, ces cinq soldats font partis des 51 victimes des opérations militaires engagées depuis 2013 au Mali.

Ce jeudi 10 juin, Emmanuel Macron a acté la fin prochaine l’opération antidjihadiste Barkhane au Sahel. Le président français a annoncé la transformation du dispositif actuel après huit ans de présence française au Mali. À l'heure actuelle, 5 100 soldats français sont déployés dans cette région du Sahel afin de lutter contre le djihadisme. Les soldats de Barkhane traquent les djihadistes sur une vaste zone du Sahel (Mali, Mauritanie, Tchad, Niger et Burkina Faso).

L'armée française tire un lourd bilan de ces opérations militaires. 51 soldats sont morts au combat depuis 2013.

Damien Boiteux, le premier mort français de l'opération Serval

Le 11 janvier 2013, quelques heures après le déclenchement de l’opération des forces françaises au Mali, Damien Boiteux trouve la mort à l’âge de 41 ans, touché par un tir ennemi alors qu’il est à bord d’un hélicoptère Gazelle. La première phase de l'opération "Serval" consistait, en appui des forces armées maliennes, à arrêter l'avancée des groupes djihadistes vers le sud du Mali. Le soldat originaire du Doubs est mortellement blessé alors qu'il était aux commandes de son hélicoptère. Touché à l'artère fémorale, il n'a pas survécu à ses blessures. 

Mon fils a "fait son travail en risquant sa vie pour la paix", confie sa mère, Marie-Claire Boiteux à l'agence France Presse. Cette disparition est "tragique" et "très dure", "Mon fils a fait son travail, en risquant sa vie pour la paix au Mali et aussi en France, car si on n'arrête pas Al Qaïda, l'organisation menacera un jour la France", ajoute-t-elle ajouté.

Il s'était engagé à l'âge de 19 ans à l'école des sous-officiers de l'armée de l'air de Saint-Maixent (Deux-Sèvres). En 1992, il est affecté dans un régiment d'hélicoptères de combat. En 2009, il devient lieutenant dans le 4ème régiment d'hélicoptères des forces spéciales, basé à Pau (Pyrénées-Atlantiques).

Damien Boiteux, soldat français tué au Mali le 11 janvier 2013
Damien Boiteux, soldat français tué au Mali le 11 janvier 2013 © Droits réservés

Dans la cour d’honneur des Invalides, un hommage national lui est également rendu le mardi 15 janvier 2013 Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, au côté du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, et du général d’armée Bertrand Ract Madoux, chef d’État-major de l’armée de Terre (CEMAT).

Mickaël Poo-Sing, Damien Noblet et Michael Chauwin, en Côte-d'Or

Le soldat Mickaël Poo-Sing, 19 ans, le maréchal-des-logis Damien Noblet, 31 ans, et le brigadier Michael Chauwin, 20 ans, étaient à bord d’un véhicule blindé qui a sauté sur une mine dans le nord du Mali le 12 avril 2016. Ils se trouvaient dans l'engin de tête d'un convoi logistique d'une soixantaine de véhicules qui faisait route vers Tessalit, dans le nord du Mali, là où sévissent toujours des groupes terroristes armés. Les trois militaires, étaient originaires du 511e régiment du train d'Auxonne (Côte-d'Or).

De g. à d., le 1re classe Mickaël POO-SING, le maréchal-des-logis Damien NOBLET et le brigadier Michael CHAUWIN décédés au Mali, le mardi 12 avril
De g. à d., le 1re classe Mickaël POO-SING, le maréchal-des-logis Damien NOBLET et le brigadier Michael CHAUWIN décédés au Mali, le mardi 12 avril © Armée de Terre

Un hommage national aux Invalides

Le décès des trois hommes suscite une vive émotion à Auxonne. C'est toute la ville qui est en deuil. Un hommage local avec un dépôt de gerbe a eu lieu au monument aux morts d'Auxonne, le dimanche 17 avril 2016, en mémoire des trois soldats. "Il était très important que la population auxonnaise puisse venir se recueillir", explique ce jour-là le maire d'Auxonne, Raoul Langlois. "C’est un régiment fortement impliqué dans la vie communale, dans la vie d’Auxonne et de son territoire. C’est quelque chose de très important pour nous."

Un hommage national présidé par François Hollande leur a également été rendu dans la cour des Invalides, à Paris, le mercredi 20 avril 2016. Le chef de l’Etat a présidé la cérémonie en présence d’Ibrahim Boubakar Keïta, président de la République du Mali. 

"Ils avaient tous trois l'élan de la jeunesse et la passion du service pour défendre notre pays, ses valeurs, ses principes, partout dans le monde", salue François Holllande devant les trois cercueils alignés au centre de la cour et couverts des couleurs nationales. Ils avaient la mission d'assurer "la sécurité d'un pays ami, le Mali, qui était pour un temps occupé par des hordes islamistes", a-t-il rappelé,

Kévin Clément, en Haute-Saône

Le soldat originaire d’Abelcourt en Haute-Saône meurt le 4 mai 2020 lors d’une opération visant un groupe armé terroriste dans le Liptako malien. Grièvement blessé par balle à la tête, il a été évacué vers Gao, où il est mort des suites de ses blessures.

Le jeune Franc-Comtois de 21 ans faisait partie du 1er régiment étranger de cavalerie (1er REC), engagé  au sein de l’opération Barkhane. Il était arrivé au Mali en février 2020.

Kévin Clément
Kévin Clément © Armée de Terre

Kévin Clément avait accompli toute sa carrière au 1er régiment étranger de cavalerie de Carpiagne.

Une plaque au nom de Kévin Clément, est apposée sur le monument aux morts près de l’église d’Abelcourt.  Le jeune homme avait été sapeur pompier volontaire en Haute-Saône.

 

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