L'extension de la carrière de Sainte-Cécile abandonnée, "une première victoire" pour les opposants

L’extension de la carrière de Sainte-Cécile (Saône-et-Loire) ne verra peut-être jamais le jour. L’exploitant TRMC, une filiale du groupe Vinci, a retiré sa demande. Une première victoire pour les opposants au projet qui s’inquiètent des retombées sur l’environnement.

Elle n’ira pas plus loin, et c'est un soulagement pour beaucoup d'habitants. Depuis plusieurs mois, les tensions sont vives autour de la carrière de Sainte-Cécile. L'exploitant TRMC, une filiale du groupe Vinci, avait pour projet une extension. Mais un collectif s'est mis en travers de leur route. 

Ces derniers ont obtenu gain de cause. L'exploitant a en effet retiré sa demande. "C'est une première victoire, ça nous laisse du temps. On n’est pas crédules, on sait très bien qu’ils vont revenir. On sera très vigilants par rapport à leurs actions. S’il faut, on ira jusqu’au juridique", assure Camille Petit, co-présidente de l'association les amis de Sainte-Cécile.

"Ils veulent doubler leur production, demander un agrandissement ce qui va entraîner la destruction des habitats des espèces protégées. C'est un projet démesuré par rapport à notre territoire", poursuit-elle.

"C'est un agrandissement disproportionné"

Camille Petit habite à 300 mètres de la carrière, et les relations ne sont pas au beau fixe avec son voisin. "La carrière a beaucoup creusé la montagne, elle s’est élargie. Aujourd'hui, on est impacté par le bruit, la poussière, les camions qui utilisent la même route que nous... On est en voisinage direct avec eux, et on aimerait que l'exploitation n’aille pas plus loin car c'est un agrandissement disproportionné."

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L’extension de huit hectares cristallise les tensions depuis plusieurs mois. Le 9 décembre dernier, 150 personnes étaient venues manifester pour défendre le site Natura 2000 menacé par ce projet. 

Maël Basdevant est éleveur caprin, et l'implantation de TRMC menace son activité. "La carrière a acheté des terrains à des prix d’or. En tant que jeune agriculteur, je ne peux pas les concurrencer et agrandir ma surface. Normalement, la SAFER est censée intervenir dans ce genre de cas pour préserver la nature agricole du foncier, mais ça n’a pas été le cas ici", se plaint-il. 

Contacté, l’exploitant de la carrière n’a pas répondu à nos sollicitations. Il peut encore déposer une nouvelle demande auprès des pouvoirs publics pour poursuivre et étendre son activité.