Saône-et-Loire : à Sanvignes-les-Mines, le club de football se mobilise pour Ousmane, jeune migrant menacé d'expulsion

Ousmane Gibba est arrivé en France en 2016. Après avoir reçu une OQTF en novembre 2020, son avenir en France est aujourd'hui menacé. Pour lui apporter son soutien, son club de football se mobilise. 

Ousmane est arrivé en France en 2016.
Ousmane est arrivé en France en 2016. © Muriel Bessard / France Télévisions

Ils ont décidé de manifester... en jouant au " foot-golf ". À Sanvignes-les-Mines, en proche périphérie de Montceau-les-Mines, les coéquipiers d'Ousmane Gibba sont réunis ce dimanche 24 janvier au stade municipal pour " populariser le combat d'Ousmane ". Un jeune homme de 22 ans, menacé d'expulsion après avoir reçu une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

" L'idée est venue des joueurs et des entraineurs, poursuit Pascal Dussauge, un éducateur du CS Sanvignes. Cela fait trois saisons qu'Ousmane joue avec nous et le club souhaite être solidaire. " 

Quatre années de combat 

Originaire de Gambie, Ousmane est arrivé en France en 2016. Alors âgé de seize ans, il est un mineur isolé. Rapidement après son arrivée en France, il décroche un contrat d'apprentissage en hygiène et sécurité. Mais trois mois plus tard tout s'écroule. L'entreprise qui l'embauchait cesse son activité. Ousmane doit donc repartir de zéro. Il devient bénévole aux restos du coeur et tente de poursuivre ses études dans une école de la deuxième chance. 

En janvier 2019, sans travail ni apprentissage, il reçoit une première OQTF. Un recours est engagé par le Réseau Education Sans Frontières (RESF) qui l'accompagne dans ses démarches. 

L'espoire renaît en septembre 2020, quand Ousmane Gibba décroche un nouvel apprentissage dans un CFA, à Mâcon. L'espoir est de courte durée puisque, malgré ses demandes, il n'obtient toujours pas de titre de séjour et ne peut donc pas débuter cet apprentissage. 

Une nouvelle obligation de quitter le territoire tombe quelques semaines plus tard, en novembre dernier. Les jours d'Ousmane en France semblent comptés, mais le jeune homme s'accroche, accompagné par ses coéquipiers et les associations qui le soutiennent.

" Aujourd'hui, on espère que le Préfet utilise ses pouvoirs pour laisser Ousmane au pays, qu'il puisse continuer à vivre, ajoute Pascal Dussauge. Il a tout fait pour s'intégrer : il a appris le français, il a fait des stages, il a fait un contrat d'apprentissage, il a promesse d'embauche... On ne comprend pas qu'on ne puisse pas lui accorder le droit de vivre ici "

Les joueurs présents ont notamment joué au foot-golf.
Les joueurs présents ont notamment joué au foot-golf. © Muriel Bessard

 

À Dijon ou à Besançon, plusieurs situations similaires

Ces dernières semaines, plusieurs situations similaires ont été observées en Bourgogne-Franche-Comté. À Besançon, l'histoire de Laye Fodé Traoré a beaucoup ému les Français. Menacé d'expulsion, l'apprenti boulanger a finalement obtenu sa régularisation, suscitant l'espoir chez les personnes dans la même situation.

À Dijon, Ibrahima Barry, un autre apprenti boulanger mène le même combat. Il a récemment appris qu'il allait pouvoir rester en France au moins jusqu'au mois d'août 2021, le temps de l'examen de sa demande de titre de séjour, dont le dépôt a été accepté.

Enfin, le combat d'Elvis, un lycéen menacé d'expulsion a également fait beaucoup de bruit ces dernières semaines. D'origine kosovare, le jeune de 17 ans a, lui aussi, reçu une OQTF. Son combat continue et a notamment été relayé par des personnalités comme Raphaël Glucksmann ou Cyril Hanouna.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
immigration société football sport sorties et loisirs loisirs