EUROCKÉENNES. "Faire de notre mieux pour notre peuple" : Jinjer, groupe de metal ukrainien, découvre le festival

Pour la première fois, le groupe de metal ukrainien Jinjer participe aux Eurockéennes de Belfort. Le groupe se produira jeudi 29 juin, à 20h30, sur la scène de la plage. Avant leur concert, le bassiste du groupe, Eugene Abdukhanov, a accepté de répondre aux questions de France 3 Franche-Comté.

Depuis 2011, Eugene Abdukhanov parcourt les routes d'Europe avec son groupe, Jinjer. Le groupe de metal ukrainien, devenu très vite une référence internationale, est cette année présent pour la première fois aux Eurockéennes de Belfort.

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Musique, amour de la France, guerre en Ukraine... Eugene, le bassiste du groupe, a accepté de répondre aux questions de France 3 Franche-Comté avant de monter sur scène, ce 29 juin 2023 sur la scène de la plage (20h30).

C'est votre première aux Eurockéennes de Belfort. Quelles ont-été vos impressions en arrivant sur le site ?

C'est très beau. Le lac et les montagnes qui entourent la presqu'île sont magnifiques. Pour arriver jusqu'au festival, nous sommes passés par des paysages et des villages très pittoresques. 

J'adore aussi le style du festival, très différent de ce qu'un groupe de métal comme Jinjer peut rencontrer. Ça va être extrêmement intéressant de jouer face à un public peut-être moins habitué à notre musique. Et cela ne me dérange pas du tout, au contraire (rires).

Vous avez déjà participé au Hellfest, vous avez donné plusieurs concerts en France pendant vos tournées. Peut-on dire que la France a une place spéciale dans votre cœur ?

Définitivement. Je n'arrête pas de le dire, mais ici, les fans sont totalement différents du reste de l'Europe. Et d'une bonne manière ! Les fans français, et plus spécialement nos fans, sont vraiment investis par notre musique. On le voit à chaque concert. Ils apprécient vraiment chaque chanson. Cela les rend très spéciaux à nos yeux. Ici, vous avez les meilleurs fans du monde !

Parlons maintenant de l'actualité de votre pays d'origine, l'Ukraine. Au début de l'invasion russe, vous aviez arrêté la musique pour vous consacrer à l'aide humanitaire, avant de finalement revenir sur scène. Pourquoi ce choix ?

Durant les premiers mois de conflit, il n'y avait déjà plus beaucoup d'endroits où jouer en Ukraine. Et de toute façon, nous n'avions pas l'esprit à la musique. Voir les gens souffrir autour de nous... C'était dur. Nous avons donc décidé d'aider à notre échelle, en collectant de l'aide humanitaire pour l'envoyer en Ukraine, en participant à des distributions. 

Puis nous avons eu l'opportunité de remonter sur scène, en tant que musiciens. Le choix a été facile, car la scène, c'est ce qu'on sait faire de mieux. C'était la meilleure façon de collecter de l'argent pour aider notre pays. Et on fait ça depuis maintenant un an et demi.

C'est aussi l'occasion de porter un message de paix ?

Bien sûr. Et ça l'a toujours été, même avant la guerre. C'est l'histoire de Jinjer. Nous avons de nombreuses chansons que je considère comme des hymnes à la paix. Malgré le fait qu'on joue du metal, notre but a toujours été de ne blesser personne par nos paroles ou notre musique. J'espère vraiment que nos chansons renvoient un message d'unité et d'humanisme. En tout cas, cette considération est dans notre esprit lorsque nous écrivons.

Je suppose que cela vous a aussi fait du bien de vous reconnecter avec votre public ?

Exactement. Ces mois de guerre où nous n'avons pas joué sont durs à décrire. Le public, la scène, cela a toujours fait partie de notre existence. Nous faisons ça depuis plus de 10 ans, depuis 2011. On est sur la route depuis 2013 ! C'est toute notre vie.

Quand on s'est arrêté pendant plusieurs semaines, cela a été douloureux. Être de retour a été un grand soulagement. Voir la joie des gens, échanger nos énergies... Quel bonheur ! On essaye de faire de notre mieux pour notre pays, et pour nos compatriotes ukrainiens en premier lieu.