École : Combien de tests ? Quelles conséquences après un cas positif au Covid en Bourgogne-Franche-Comté ?

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Écrit par Gaël Simon
La rentrée ce 26 avril dans une école de Haute-Saône
La rentrée ce 26 avril dans une école de Haute-Saône © France 3 BFC / Antoine Laroche

Déploiement des tests salivaires, autotests pour les professeurs et lycéens, fermeture des classes en cas de sujet positif, quelles règles s'appliqueront dans les écoles et lycées de l'académie de Dijon dès cette rentrée du 26 avril ?

Ce lundi 26 avril marquait la rentrée des classes pour les écoles en Bourgogne-Franche-Comté comme en France après 3 semaines de rupture des cours en présentiel. Une reprise qui précède celle des collèges et des lycées le 3 mai prochain. Si un protocole sanitaire très strict a été décrit par le Premier ministre, Jean Castex dans une conférence de presse le jeudi 22 avril, beaucoup de questions entourent encore les modalités du retour des élèves dans leurs établissements.

Parmi les mesures sanitaires majeures pour éviter la transmission du virus mises en place dans les établissements scolaires, le déploiement de tests salivaires auxquels sont soumis les écoliers depuis ce lundi, et les collégiens dès le 3 mai prochain.

Il y aura-t-il assez de tests par élève ?

Aucun chiffre n'est donné quant à la distribution de tests salivaires pour les écoliers en Bourgogne-France-Comté. Mais en France, ce sont plus de 400 000 unités qui sont envoyées dans les écoles cette semaine, avec une volonté de faire grimper ce chiffre à 600 000 à partir de mi-mai. L'Académie de Dijon comptant 271 764 élèves à elle-seule, il est envisageable de penser que tous les écoliers et collégiens n'auront pas la possibilité de se faire tester. Les tests salivaires sont alors repartis en fonction du contexte sanitaire des établissements explique le rectorat.

Les écoles et collèges concernés par une fermeture de classe suite à un cas de coronavirus confirmé et les structures situées dans une zone fortement impactée par la pandémie reçoivent en priorité les tests salivaires. Les élèves concernés sont soumis à ce type de test une fois par semaine. Pour les plus jeunes, une pipette est placée sous leur langue pour recueillir leur salive. Les parents doivent signer un document autorisant à l’école de pratiquer le test sur leur enfant.

Pour l’heure, l’Académie de Dijon ne précise pas le nombre de tests qui seront réalisés cette semaine sur les écoliers. "Mais avant les congés, nous en réalisions 3 000 par semaine en moyenne, pour un taux de positivité de 0.4% en moyenne", précise l’institution.

Les tests salivaires quand ? Où ? Et avec qui ? 

Les tests salivaires pratiqués sur les écoliers et les collégiens sont à pratiquer dans leurs établissements par des personnels qualifiés. Mais les modalités de la distribution de ces tests sont encore en cours d’organisation, et tous les établissements ne savent pas quand ils recevront leurs lots. "Ce matin, je travaillais dans plusieurs écoles, il n’y a pas de tests en place, confie Jean-Luc Guillemote, professeur des écoles en Côte-d’Or et membre du Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC 21 (SNUipp-FSU). On a été prévenus dimanche soir que la distribution est en cours. Ça devrait se faire dans la semaine, mais on n’a pas plus d’informations sur le déroulement".

Il y a ce discours qui se veut rassurant, moteur, et nous sur le terrain, on a l’impression de courir sans moyen.

Jean-Luc Guillemote, professeur des écoles

Avant la mise en place du troisième confinement le 5 avril dernier, des tests salivaires étaient déjà envoyés dans les écoles prioritaires en fonction des informations de l’Agence régionale de la Santé et de l’Éducation nationale. En Côte-d’Or, 2 à 3 écoles recevaient des tests chaque semaine. Jean-Luc Guillemote doute que la situation ne change en marge de cette rentrée.

"Je ne pense pas qu'il y ait des moyens supplémentaires pour faire passer les tests. Il y a un manque de gens qui font passer les tests. Les équipes sont réduites. Ça ne peut pas être massif. Pour l’instant, il n’y a pas une campagne", estime-t-il.

Comment sont testés les professeurs et les lycéens ?

Les collèges et lycées reprendront eux les cours le 3 mai prochain, et seront soumis également au dépistage du Covid-19. Les collégiens suivront les mêmes règles que les élèves du premier degré avec un test salivaire. Les lycéens, eux, pourront déterminer s’ils sont contaminés ou non par l’intermédiaire des autotests, ouverts à toutes les personnes de plus de 15 ans. Les enseignants dans leur ensemble pourront aussi se dépister eux-mêmes.

"61 000 autotests seront déployés à partir de cette semaine dans l'académie", précise le Rectorat de Dijon. Les professeurs devront se dépister deux fois par semaine. "C’est un geste essentiel. On se dit que c’est une bonne mesure qui va enfin arrêter la propagation du virus. On n’était pas testé jusque-là. Cela permet d’éclaircir les choses et de protéger", salue Bénédicte Foulet, directrice de l’école maternelle Darcy à Dijon (Côte-d’Or).

Que se passe-t-il si un enfant est positif ?

Au moindre cas positif, c’est la classe de l’écolier contaminé qui est immédiatement fermée, "dans les meilleurs délais et au plus tard le lendemain pour une durée de 7 jours", détaille l’Académie de Dijon. Pour indication, lors des sept derniers jours de cours en présentiel entre le 27 mars et le 2 avril, 565 élèves ont été contaminés par le coronavirus sur les 271 764 que compte l’Académie de Dijon. Potentiellement, ce sont donc autant de classes qui pourraient fermer.

Le protocole "un cas, une fermeture" s’applique à tous les établissements du territoire. "Cette mesure est évidemment une mesure très stricte. Elle conduira nécessairement à ce qu’il y ait un certain nombre de fermetures, mais évidemment, il est largement préférable d’avoir 1% des classes de France qui ferment, que d’avoir 100% des écoles", a justifié le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer. Toujours entre le 27 mars et le 2 avril derniers, 114 classes du premier et deuxième degré avaient dû être fermées dans l’Académie de Dijon, sur un total de 11 506.

Que deviennent les enfants après un cas positif ?

Le sujet contaminé est immédiatement isolé du reste de sa classe et ses parents immédiatement informés. "Cette information vaut justificatif de la suspension de l’accueil des élèves", mentionne le Rectorat. Les responsables légaux doivent eux-mêmes venir chercher leur enfant à l’école, tout en respectant les gestes barrières. Un élève se rendant à son établissement en car scolaire devra rentrer chez lui avec ses proches pour éviter toute contamination.

Si une classe est fermée, les élèves sont-ils envoyés dans une autre ?

Nous l’avons mentionné, la classe d’un écolier contaminé est immédiatement fermée pour 7 jours. La mesure s’applique également dès lors qu’un professeur est touché par le coronavirus. Ses élèves devront rester chez eux, et ne seront pas envoyés dans une autre classe de manière à éviter les brassages. Tant que l’établissement n’a pas trouvé d’enseignant remplaçant, les écoliers, puis les collégiens et lycéens ne pourront pas venir en cours.

Une mesure là-aussi drastique, mais qui va dans le sens des réclamations du corps enseignant depuis la rentrée de septembre dernier. "Jusqu’au dernier confinement, on partageait les enfants. C’était n’importe quoi, on piétinait le protocole. La décision va multiplier les classes à fermer, mais c’est peut-être comme ça que la propagation va s’arrêter, je pense qu’il faut en passer par-là", estime la directrice de l’école Darcy de Dijon.

En parallèle de la mise en place de ce dispositif, le SNUipp-FSU réclame la vaccination du corps enseignant pour limiter la propagation du virus. Pour l’heure, les professeurs de plus de 55 ans sont considérés comme prioritaires depuis le 17 avril dernier. Mais cela ne représente que 16 % de la profession.

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