Vaccin AstraZeneca : "C’est du fantasme, du ressenti et de la peur" s'agacent certains médecins et pharmaciens

Efficacité, effets secondaires indésirables, suspension après des cas de thromboses, problèmes de livraison... Depuis sa mise sur le marché, le vaccin AstraZeneneca ne cesse d’essuyer les polémiques. Mais en Bourgogne, certains professionnels de santé s'agacent de cette mauvaise publicité.

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Image d'illustration. © Maxppp

AstraZeneca est-il vraiment le point faible de la campagne de vaccination française ? Apparition de caillots sanguins, troubles de la coagulation, retards de livraison, efficacité contre les variants,... Le vaccin AstraZeneca continue de faire polémique ces derniers temps et se retrouve régulièrement à la une des médias nationaux.

"Du fantasme, du ressenti et de la peur !"

Mais en Bourgogne, chez les professionnels de santé, cette mauvaise communication commence à agacer. "Je pense que les choses ont été assez mal expliquées au départ par la presse et par les politiques" estime Christophe Thibault, secrétaire général de l'Union régionale des professionnels de santé médecins libéraux (URPS) en Bourgogne Franche-Comté. "Ce n’est pas de l’analyse scientifique toutes ces polémiques. C’est du fantasme, du ressenti et de la peur ! Le fait de publier des informations non expliquées à la population générale est extrêmement dangereux." La crainte du médecin, qu'une majorité de Français refuse de se faire vacciner.

Depuis le 19 mars dernier et après quelques jours de suspension dans plusieurs pays européens, le vaccin du groupe pharmaceutique britannique est réservé aux patients de plus de 55 ans. Dans certaines régions, cette mauvaise presse semble avoir de premières conséquences négatives. Le weekend dernier, ce sont ainsi près de 1 500 doses de vaccins qui sont restées inutilisées dans les Hauts de France. L'affaire a, à nouveau, fait la une des journaux. 

 

Des patients qui refusent le vaccin ? 

Ce désamour touche-t-il de la même manière les professionnels de santé en Bourgogne ? Non, à en croire Pierre-Olivier Variot.“Tous nos rendez-vous ont été honorés” nous explique le président de l'Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officine de Bourgogne Franche-Comté. "On doit recevoir encore des vaccins cette semaine” explique le pharmacien qui rappelle que très peu d’effets secondaires ont été constatés chez les seniors “ Ils sont plus apparus chez les jeunes (30-40 ans). Ils sont très peu ou pas du tout présents chez les personnes de plus de 60 ans”.

Le pharmacien reconnait néanmoins que ses patients ont régulièrement des questions. Mais l'envie de se faire vacciner semble plus forte que leurs interrogations. "Ils en ont. Mais ils veulent être vaccinés. Pour l'instant, c'est cela qui prime." Seules annulations enregistrées à ce jour, des patients qui ont pu être vaccinés avec un autre vaccin. "S'ils arrivent à avoir le choix, il préfèrent aller sur le Pfizer, c'est certain. Les seuls désistements que j'ai, ce sont des désistements de personnes qui me disent, j'ai déjà été vacciné." Désireux de multiplier leurs chances d'être vacciné, certains patients réservent plusieurs rendez-vous. Chez un généraliste ou un pharmacien avec AstraZeneca mais aussi dans un centre de vaccination qui utilise plus souvent les serums Pfizer ou Moderna. D'où des annulations parfois au dernier moment.

Pour le docteur Thibault, il faut poursuivre la pédagogie afin de continuer la campagne de vaccination, y compris avec AstraZeneca. “Il est moins dangereux de se faire vacciner avec Astrazenenca que de prendre sa voiture pour faire 50 km. Depuis qu’on vaccine, il y a eu plus de morts sur les routes de France que de morts dûs au vaccin AstraZeneca” ajoute-t-il. Lui non plus n'a pas connu d'annulations de rendez-vous. Bien au contraire. Il est en rupture de stock depuis deux semaines. Et il l'affirme. Il continuera à injecter en toute conscience le vaccin AstraZeneca.

 

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