Autisme : "En France on est vraiment en retard" Dans l'Yonne, le diagnostic précoce permet un meilleur accompagnement

À Auxerre dans l’Yonne, Laura a été diagnostiquée autiste à 2 ans et demi. Depuis septembre, elle suit des cours en maternelle spécialisée. Un dépistage précoce, encore rare en France, pourtant indispensable à une prise en charge optimale. 

Laura est accompagnée dans une classe spécialisée de moyenne section avec 5 autres camarades.
Laura est accompagnée dans une classe spécialisée de moyenne section avec 5 autres camarades. © France 3 Bourgogne

Ce 2 avril marque la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. En 2017, la France lançait une stratégie nationale visant à dépister le plus rapidement possible la pathologie auprès des enfants de moins de 7 ans. Depuis, 63 plateformes ont été créées. Installée au sein de l'école maternelle Saint-Siméon à Auxerre dans l'Yonne, l'unité d'enseignement maternelle autisme (UEMA) accueille les enfants qui ont pu bénéficier d'un diagnostic précoce. 

C'est le cas de Laura, diagnostiquée à 2 ans et demi. Depuis, la petite fille de 4 ans est accompagnée par des professionnels dans une unité dédiée à l’autisme. Installée au sein de l'école maternelle Saint-Siméon à Auxerre, l'unité d'enseignement maternelle autisme (UEMA). Inscrite en moyenne section depuis septembre 2020, l’enfant suit des cours particuliers dans cette classe adaptée, avec 5 autres camarades.

"On va leur permettre de pouvoir développer toutes leurs compétences de communication et d’interaction sociale, ce qui est quelque-chose dans l’autisme d’altérer", décrit Camille Guérin, psychologue.

D'importants progrès réalisés par la fillette

Entourée de plusieurs intervenants, enseignants, infirmières et éducatrices spécialisées, Laura a alors réalisé d’importants progrès. "Elle a évolué dans tout ce qui est relation. Par exemple, elle peut nous regarder quand elle veut quelque-chose. Elle prend conscience qu’on est à côté d’elle. Elle est plus posée avec nous. Elle fait énormément de vocalisations ce qui n’était pas le cas avant. Ce sont des petits choses comme ça qui émergent", confie Camille Guérin.

Des progrès rendus possibles par un accompagnement adapté, et un diagnostic précoce de son trouble. Pour ses parents, cette prise en charge rapide, encore trop rare en France, s’est révélée essentielle. "Il y a des possibilités d’orienter la trajectoire cognitive et intellectuelle de l’enfant beaucoup plus facilement que lorsque le diagnostic est tardif", juge son père, Philibert Ntazataze.

L'autisme diagnosticable à 18 mois

Selon certaines études scientifiques, reprises dans un rapport de la haute autorité de santé en 2018, il est possible de diagnostiquer l’autisme chez un enfant de 18 mois. "Plus on va diagnostiquer tôt, plus on pourra mettre des stratégies d’accompagnement, de prise en charge, d’intervention qui vont permettre de rapprocher l’enfant le plus possible de la trajectoire de développement normal. On ne guérit pas de l’autisme mais on peut se rapprocher au plus près de la normalité", expose la psychologue Caroline Henry.

En France on est vraiment en retard dans le diagnostic précoce et dans les approches recommandées à mettre en place pour l’accompagnement.

Caroline Henry, psychologue

En France, on compte près de 700 000 personnes atteintes d’autisme. Mais seulement 10% des cas seraient décelés. Une difficulté à diagnostiquer aussi bien chez les adultes que chez les enfants. "Cela s’explique par un manque de formation auprès des premières personnes qui peuvent repérer ces signes, les médecins, les pédiatres ou les personnels de crèche", estime Caroline Henry.

Laura, elle, a donc pu être diagnostiquée assez tôt pour recevoir les enseignements adaptés à son trouble. Si sa dernière année en maternelle spécialisée se passe bien, elle pourrait d’ailleurs intégrer une classe de CP dans un cursus scolaire classique.

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