Benteler : les salariés reprennent le travail, "il faut se motiver en sachant que dans 5 mois, ça peut être terminé"

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Écrit par Gaël Simon avec Baziz Djaouti
Les salariés de Benteler à Miennes ont été en grève 8 jours après l'annonce de la fermeture de leur usine.
Les salariés de Benteler à Miennes ont été en grève 8 jours après l'annonce de la fermeture de leur usine. © Baziz Djaouti / France Télévisions

Ce lundi 29 novembre, les 400 salariés de l'usine Benteler de Migennes (Yonne) reprennent le travail après 8 jours de grève. Nous avons suivi l'un de ses employés.

Se replonger dans le travail malgré tous les doutes qui planent sur leur avenir. Ce lundi 29 novembre, les 400 salariés de Benteler à Migennes (Yonne) ont repris le chemin de l’usine après 8 jours de grève contre la fermeture programmée du site.

Comme tous ses collègues, Mickaël retrouve donc ses habitudes. Réveil aux aurores pour embaucher à 5 heures du matin. 4 ans qu’il travaille pour l’équipementier automobile. Mais ce matin, le chef d’équipe de 29 ans ne sait pas vraiment à quoi s’attendre. "Quand on ne sait pas où va, ça peut être compliqué. On peut être amené à se poser pas mal de questions", confie le futur père de famille.

La fermeture dans tous les esprits

Pour permettre la reprise de l’activité, les équipes de nuit ont préparé les machines durant le week-end. Au moment d’arriver à l’usine, Mickaël croise les agents qui quittent à peine le site. Quelques échanges, quelques mots, pas vraiment le temps de discuter, mais tous les salariés ont évidemment en tête la fermeture du site annoncé le jeudi 18 novembre. Benteler constitue le deuxième plus gros employeur dans la ville de Migennes.

"Ce n’est vraiment pas facile de reprendre après 8 jours et de savoir qu’au bout il n’y aura sûrement rien. On se questionne, on n’est pas serein. On va se retrouver à parler de ça encore. C’est fatiguant et stressant de ne pas connaitre notre avenir, confie le chef d’équipe qui ne sait pas vraiment comment il va parvenir à motiver ses troupes. Je vais voir ce matin dans quel état d’esprit sont mes collègues et je m’adapterai à eux. Comment leur dire que ça va aller ? On est tous dans la même situation !".

Défiance à l'égard de la direction

Suite au mouvement de grève des salariés, la direction du sous-traitant automobile qui produit des châssis, a accepté le délai d’un mois demandé par le ministère de l’Économie pour rechercher de potentiels repreneurs. Mais ce lundi 29 novembre, la défiance des salariés vis-à-vis de leur employeur est toujours palpable.

"Malgré nos démarches depuis 8 jours il n’y a pas l’air d’avoir de changement. La confiance n’y est plus. On va être sur le terrain en sachant que les gens dans les bureaux nous ont dit qu’ils arrêtaient tout".

On se sait pas encore où on va. On n’avance pas.

Mickaël

chef d'équipe

Mickaël ne croit alors plus en la perspective d’une reprise par un nouvel investisseur. "La direction nous dit ça depuis un moment. Mais on ne peut donner aucune affirmation sur l’emploi à Benterler et ce qui va se passer par la suite. Il faut se motiver en sachant que dans 5 mois ça peut être terminé".

Si la fermeture a été annoncée officiellement le 18 novembre dernier, Benteler a décidé dès juin 2021 de vendre le site de Migennes, alors que la société allemande est implantée dans l’Yonne depuis 30 ans. Selon la direction, l’usine est en crise financière depuis 2007, perdant près de 10 millions d’euros chaque année. Le groupe avait promis qu’un repreneur serait trouvé et qu’aucun plan de sauvegarde de l’emploi ne serait initié.

Malgré les doutes sur leur avenir, les 400 salariés du site répondent présent et font face ce lundi matin. "C’est notre gagne-pain, notre vie. On n’a pas le choix", conclut avec fatalisme Mickaël.

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