Modernes, soucieux de la santé... Les Français font de nouveau confiance à leurs agriculteurs

David Forge, créateur d'une chaîne youtube sur son quotidien d'agriculteur, en Indre-et-Loire. / © GUILLAUME SOUVANT / AFP
David Forge, créateur d'une chaîne youtube sur son quotidien d'agriculteur, en Indre-et-Loire. / © GUILLAUME SOUVANT / AFP

Selon un nouveau baromètre Ifop, 74% des Français pensent que les consommateurs peuvent faire confiance aux agriculteurs. Un chiffre en forte augmentation. La région Centre illustre particulièrement bien les nouvelles pratiques qui contribuent à cette embellie. 

Par Yacha Hajzler

Les Français sont retombés en amour pour leur agriculteurs. C'est en tout cas ce que tend à démontrer le baromètre de l'image des agriculteurs, publié chaque année par l'institut de sondage IFOP. 

Selon cette nouvelle étude, 74% des Français pensent que les consommateurs peuvent faire confiance aux agriculteurs. Un chiffre en hausse de 6 points en un an. "Rappelons que ce lien de confiance avait été durement ébranlé en 2013 suite à l’affaire Spanghero liée à la présence indue de viande de cheval dans des produits alimentaires surgelés", note l'étude. Une crise qui avait inauguré une période de cinq années de défiance. 
 

A l'aube de cette année 2019, "l’ensemble des traits d’image des agriculteurs s’améliore". 
 

Les agriculteurs sont modernes 


C'est en tout cas l'avis de 68% des sondés. En région Centre, de nombreuses initiatives confortent ce constat. Cela peut-être ce site de vente de fruits et légumes, avec livraison à domicile, créé par un professionnel d'Eure-et-Loir. On peut aussi penser au farm-dating, initié en 2018 par le département de l'Indre pour permettre aux agriculteurs de rencontrer leurs successeurs. 

La modernité, ce sont également ces exploitations qui font cohabiter le bio et l'agriculture traditionnelle, comme celle de Benoît Latour, en Indre-et-Loire. Autre innovation : les produits cultivés. La spiruline, une algue très tendance pour ses vertus nourrissantes et détoxifiantes est maintenant cultivée dans l'Eure-et-Loir.

Dans la région nous comptons aussi un véritable OVNI, l'agriculteur-youtubeur David Forge dont la chaîne consacrée à sa vie quotidienne génère plus de 100 000 vues sur certaines vidéos. 
 


Les agriculteurs sont respectueux de notre santé


65% des sondés pensent que leurs agriculteurs se préoccupent réellement de leur santé. "Le cliché de l’agriculteur productiviste, grand utilisateur de pesticides, subventionné par la PAC et prompt à exprimer son mécontentement est sérieusement mis à mal", constate l'IFOP.

Développement du bio, des circuits courts, les pratiques des agriculteurs ont rapproché les Français des exploitations. La part des consommateurs du bio est passée de 61% à 86%, selon l'IFOP. Celle des consommateurs réguliers de bio est elle passée de 35% à 57%. Avec le bio, le public estime que les agriculteurs répondent aux préoccupations de l'époque. L'étude note cependant qu'un clivage social subsiste : les cadres consomment toujours bien plus de bio que les ouvriers.
 

En 2016, la région comptait 964 fermes bio, selon la chambre d'agriculture régionale, dont 30% en Indre-et-Loire. En tout, plus de 53 600 hectares se sont convertis à l'agriculture biologique. 

Parallèlement, les Français "semblent avoir conscience des évolutions des modes de production agricole et de la modernisation de la filière dans un contexte concurrentiel"
 

Les agriculteurs sont attentifs au bien-être animal


Le constat peut paraître plus surprenant au vu des derniers scandales, mais les Français semblent avoir fait le distingo entre ceux qui élèvent les bêtes et les mènent à l'abattoir, et les abattoirs eux-mêmes. 

En novembre 2018,  les images tournées par l'association L214 à l'intérieur de l'abattoir de Boischaut, dans l'Indre, avaient révélées des pratiques caractérisant une maltraitance animale. Des méthodes que les agriculteurs eux-mêmes regrettaient. "Ces images, on ne peut les cautionner", déclarait par exemple Maxime Pion, responsable local des Jeunes agriculteurs.

C'est la première fois que ce critère est mesuré par l'IFOP dans son enquête annuelle, et 71% des Français se rallient à cette affirmation. Le rapport note tout de même un écart générationnel : 65% des moins de 35 ans approuvent cette proposition, contre 74% des plus de 35 ans. "Signe d’une exigence qui ira croissante à ce sujet", conclut l'IFOP.

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