Fête de la musique 2020. Retour sur les musiques du confinement avec Alex Goude

La Fête de la musique a débuté le 15 mars, avec le confinement. Sur une carte interactive, nous avons donc rassemblé 35 moments musicaux qui vous ont marqué durant cette période. L'animateur des émissions #Jouons à la maison et La maison Lumni vous propose ses cinq clics préférés.

© Nathalie GUYON/ FTV

Alex Goude fait partie de ses Français qui se sont confinés...dans le travail ! Animateur de La maison Lumni sur France 4 et de #Jouons à la maison sur France 3, il est présent sur notre écran de télévision deux fois jours. Et cela va se poursuivre jusqu'à la fin de l'été. Beaucoup de travail donc, mais quand on fait jouer les autres, on a forcément l'esprit joueur. Nous avons donc demandé à Alex Goude de cliquer sur notre carte interactive pour choisir cinq moments musicaux qui ont marqué, selon lui, le confinement. Voici ses clics.

 

Le “Corona Minus” d’Aldebert ou les gestes barrières en chanson pour les enfants

A.G : Je n'ai pas tellement été confiné car je me suis occupé de nos chers amis les enfants dans La maison Lumni. Guillaume Aldebert, lui aussi, s'occupe des enfants. Il écrit depuis des années des chansons pour la jeunesse dans lesquelles il essaie de faire passer des messages avec toujours une morale. Il y toujours plein d'intelligence dans ce qu'il chante. C'est bien écrit, très sympa et très funky. J'adore ce qu'il fait, mon fils écoute Aldebert, je fais écouter Aldebert partout.

J'ai trouvé cette opération "Corona Minus" très drôle et très utile. Pour les enfants, c'est compliqué d'assimiler les gestes barrières, car ils ont l'habitude de sauter dans les bras des autres, de rigoler, de se chamailler. Avec cette chanson,  Aldebert donne aux enfants l'envie de devenir des super-héros du geste barrière et c'est très malin.

 

De l’accordéon devant l’Ephad ou quand un accordéoniste joue sous les fenêtres de résidents confinés 

A.G : Là, c'est vraiment le geste de quelqu'un qui se dit "il faut que je prenne du temps sur ma vie à moi pour aller apporter du bien-être aux autres". Je trouve cela génial. Les résidents des Ephad avaient bien besoin de ce genre d'initiative, car quand on sait ce qu'il s'est passé dans ces établissements avec ce virus qui s'attaque très fort aux personnes les plus âgées... En plus, j'adore l'accordéon : cela doit me rappeler mon enfance.

 

"Free" par une chorale confinée grenobloise et “Le Boléro” confiné du philharmonique de Nice ou quand le concert devient mosaïque

A.G : C'est très chouette de voir que plein d'amateurs ont pris le temps de s'amuser, de construire de projets communs, grâce à tous les outils que l'on a maintenant sur nos ordinateurs. Le résultat est très impressionnant en terme de réalisation, de son et de voix.

Quant aux productions confinées des musiciens professionnels, je trouve cela à la fois génial et très dangereux. Il faut se rendre compte de la chance qu'on a de les écouter et de les voir : c'est leur métier. Tu ne demandes pas à un potier de te donner gratuitement ce qu'il fabrique. Les artistes "fabriquent" du spectacle vivant et tout cela a une valeur. 

Pendant cette période, les artistes ont pris le parti d'être solidaire, de partager leur art et cela a fait beaucoup de bien à beaucoup de gens. Ils ont donné de leur talent donc j'espère qu'on pourra les récompenser très vite en allant les voir sur une scène. Il ne faut pas oublier que c'est leur gagne-pain, qu'ils nous ont fait un cadeau et qu'il faut maintenant les remercier. Quand tu reçois un cadeau, tu dis "merci" !

 

La chanson de 20h02 ou comment un quartier se transforme en grand orchestre

A.G : Dans les quartiers, ce sont des gens qui ont "bouffé du lion". Mais ici c'est pareil qu'ailleurs : la musique fait vibrer, réfléchir. Ça soulage et c'est vrai que dans ces moments-là, on en a besoin. Ce qui est marrant, c'est que d'habitude, la musique vient avant les applaudissements. Alors que là, elle débute juste après la minute d'applaudissements pour les soignants.

Au final, dans ces moments-là, la musique montre que tout le monde est pareil, qu'être différent c'est normal. Que tu sois dans un quartier, un hôpital ou un Ehpad, à Paris ou au fin fond de la cambrousse, tout le monde vit ensemble, tout le monde est dans la même galère.

 

Maintenant : à vous de cliquer sur vos souvenirs musicaux du confinement. Il vous suffit de chercher la ville qui vous intéresse avec la petite loupe ou de zoomer sur le territoire qui vous intéresse. En avant la musique !

 

 

Les clics "coup de coeur" de la rédaction :

"Confinés" sur l'air de "Motivés" dans un Ephad de Montpellier 

Le souvenir que l'on gardera à jamais des Ephad pendant le confinement, c'est celui d'une situation dramatique, de morts dans une grande souffrance et dans l'isolement. Voir les résidents de cette maison de retraite de Montpellier partager avec le personnel un moment de fête grâce à la musique, cela ne fera pas oublier le reste. Mais cela montre magnifiquement l'humanité, le courage et le dévouement de ceux qui, pendant cette crise, ont fait le choix de rester aux côtés de nos anciens, pour qu'ils gardent le goût de la vie. Merci. 

 

À La Rochelle, du supermarché à la guitare

Autres héros de notre quotidien confiné : tous ces chauffeurs routiers, ces agriculteurs, ces salariés de la grande distribution qui ont continué à exercer leur métier, dans des conditions difficiles, pour que l'on puisse subvenir à un besoin vital : se nourrir. Lily dirige le rayon poissonnerie d'une grande surface. Lily, dont le prénom est aussi le titre de l'une des plus belles chansons sur la tolérance, écrit et compose, le soir, après le "boulot". Elle a choisi d'utiliser son talent pour raconter son quotidien de travailleuse à travers une chanson : "Depuis le Covid". Sa plus belle récompense : des messages de remerciements de caissières et de chefs de rayons, dont elle s'est faite, non sans humour, le porte-voix.
 

La vidéo confinée de l'orchestre départemental de Côte-d'Or

Des productions confinées de grands orchestres, vous en avez vu et entendu beaucoup, souvent sous forme de mosaïque. Ces musiciens-là ont pris un autre parti, celui de continuer à faire rayonner la culture, en vous faisant sourire. Dans ce clip, la cymbale devient chapeau chinois, la clarinette se transforme en longue vue et le basson se prend pour un bazooka. On attend, à chaque fois, la séquence suivante pour savoir quel sera le prochain détournement d'instrument, tout en découvrant une oeuvre de Richard Saucedo,  au titre de circonstance : "Confluence".

 

La “musique” de Besançon confinée

L'image de la ville pendant le confinement, ce sont ces rues désertes, ces boutiques fermées, ces visages masqués. Mais quel est le son d'une ville confinée ? Celui d'une ville justement privée de ces sons tellement habituels qu'on n'y prêtait plus attention. Ces sons qui continuent de résonner masi auxquels nous n'avons plus accès. Ces sons qui soudain nous manquent, tant ils sont synonymes d'un quotidien qui n'existe plus. Alors une carte interactive qui vous propose d'écouter le bruit de la gare ferroviaire, des cloches de l'église ou les chants des oiseaux dans le parc, c'est une invitation au grand concert d'une ville qu'on se languit alors de retrouver, comme avant.

 

"Vesoul" par Les Goguettes

Cette vidéo, vous êtes des millions à l'avoir déjà vue. Vous l'avez peut-être même partagée avec votre famille et vos copains. Car, elle vous a fait... rire. Aux éclats. Aux larmes. Comme peut-être aucune autre chanson parodique ne vous avait fait rire avant le confinement. Quand "Vesoul" de Jacques Brel devient "Tu voulais voir le salon", la situation inédite et souvent angoissante que nous vivons devient plus légère. Une prise de distance par l'humour : humour du texte et des images du clip. "Voir les choses en farce est le seul moyen de ne pas les voir en noir", écrivait Flaubert. Le "Vesoul" des Goguettes a offert, le tant d'une chanson, une petite touche de couleur à notre quotidien confiné et à notre avenir incertain. C'est déjà beaucoup.

 

 

 

 

 

 

 

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