Pourquoi le marché de Noël d’Alsace s'exporte à New York

Le marché de noël d'Alsace s'installera du 6 au 22 décembre à New-York / © ©Office de Tourisme de Strasbourg et sa Région/France 3 Alsace
Le marché de noël d'Alsace s'installera du 6 au 22 décembre à New-York / © ©Office de Tourisme de Strasbourg et sa Région/France 3 Alsace

C'est ce que l'on appelle vivre le rêve américain. Du 6 au 22 décembre 2019, Strasbourg, Colmar et Mulhouse exporteront leurs marchés de noël à New York pour participer à la féérie des fêtes, mais surtout pour vendre la destination Alsace.
 

Par M.C

Depuis 2009, le marché de Noël de Strasbourg envoie  ses lumières et son authenticité, briller ailleurs. Après Tokyo, Moscou, Pékin, Taipei, et Séoul, c’est à New York qu’il s’exportera cette année, en 2019. Mais pas seul. Si investir la «grosse pomme» était en projet depuis 2014, encore fallait-il avoir les reins solides pour que l’opération se concrétise. Finalement, c’est en s’associant à Colmar et à Mulhouse que l’opération a pu voir le jour.  C’est donc un marché de noël régional qui sera mis en avant à l’international en décembre 2019. Une aventure dévoilée mardi 5 novembre 2019 à l’occasion d’une conférence de presse que l’on vous résume en 5 questions.
 
 

A quoi ressemblera le marché de noël alsacien new-yorkais?

New York est incontestablement "the place to be" en matière de festivités de Noël. Depuis sa fondation, la ville est considérée comme un lieu mythique aux Etats-Unis, comportant pas moins de 6 marchés traditionnels différents. Du 6 au 22 décembre 2019, ce sont 30 chalets identiques à ceux qui sont érigés chaque année à Strasbourg qui seront installés au cœur de Manhattan devant le Bowling Green Park, situé au sud de Broadway. Un endroit symbolique puisque ce parc public est le plus ancien de la ville et qu’il abrite, devinez quoi? Un sapin naturel…pas aussi grand que celui de la capitale alsacienne... ouf.
 
 

Quels produits seront exportés ?

Un concentré de ce que l’on peut s’attendre à trouver dans un marché de Noël. Des produits artisanaux, made in Alsace évidemment (poterie, décoration, linge de table, boules de noël), des spécialités locales (bonbons, bredele, kougelhopfs, pain d’épices) mais certains chalets proposeront aussi des découvertes avant tout culturelles. Les Colmariens mettront par exemple en avant Bartholdi, créateur de la statue de la Liberté et son lien historique avec New York, les Mulhousiens eux mettront en avant leur célèbre étoffe, le but étant avant tout d’assurer la promotion de l’Alsace et de ses attraits touristiques outre-Atlantique. "Cette opération, c’est clairement un produit d’appel" a reconnu Jean Rottner, le président de la région Grand Est.
 

 

Pourquoi avoir misé sur les Etats-Unis?

Strasbourg et l’Alsace ont incontestablement leur carte à jouer aux Etats-Unis. D’abord parce qu’avec plus de 329 millions d’habitants, le pays représente la première économie mondiale en affichant, de surcroît, un taux de croissance en hausse de près de 3% en 2018. Ensuite, parce que la France est aujourd’hui la première destination européenne préférée des Américains. Un engouement qui profite à la région. La clientèle en provenance des Etats-Unis a plus que doublé en 8 ans, passant de 65 921 nuitées en 2010 à 140 900 en 2018. Les Etats-Unis constituent le marché "lointain" le plus important pour l’Alsace. Quant à New-York, "c’est la capitale du monde" a affirmé Paul Meyer, adjoint en charge du tourisme, avant d’ajouter, "s’il y a une ville dans laquelle on se doit de réussir, c’est bien elle".
 


Quel est le plan d’attaque des Alsaciens?

Pour se vendre et conforter son attrait auprès des Américains, l’Alsace s’apprête à sortir l’artillerie lourde. Elle a à son agenda, plusieurs opérations de charme auprès du grand public, des médias et des professionnels. Parmi ses cibles privilégiées, les agences de voyage et les tour-opérateurs de la ville, auprès de qui la région mènera une "campagne de sensibilisation". Un aspect à ne pas négliger quand on sait que 55% des américains font appel à un intermédiaire pour leur réservations touristiques. Aux côtés des entreprises régionales venues exposer leurs produits, des délégations des offices de tourisme, des représentants de l’Euroairport ou encore de grands groupes hôteliers prendront également place dans l’avion. "L’Alsace est prête à recevoir le monde", a encore souligné Jean Rottner le président de la région Grand Est.
 

L’opération sera-t-elle vraiment rentable?

S’exporter à un coût. 1,2 million d’euros au total, pris en charge par la région, les partenaires publics et privés.
 

Strasbourg, Colmar et Mulhouse attendent évidemment des retombées certaines. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les bilans des précédentes opérations. Lors de son passage à Tokyo, au Japon, par exemple, le marché de noël de Strasbourg avait attiré plus de 600.000 visiteurs. Idem en 2010. La ville avait constaté une hausse de 62% de la clientèle japonaise les années suivantes. Plus globalement, à travers 7 délocalisations, depuis 10 ans, le marché de noël alsacien aurait permis de toucher 323 millions de visiteurs potentiels. Il y a donc fort à parier que les Américains suivent le mouvement et s’intéressent plus encore à une région qui rassemble tout ce dont ils raffolent : gastronomie, authenticité et savoir vivre à la française… Du pur chauvinisme, certes, but yes we can!

L’inauguration officielle du marché alsacien aura lieu le 5 décembre, en présence de Bill de Blasio, le maire de New York.

 

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