Strasbourg, Metz, Reims : comment les marchés de Noël dopent le tourisme du Grand Est

Hôtels presque complets, foule compacte devant les chalets, le succès des marchés de Noël dans le Grand Est n'est plus à démontrer. Si Strasbourg fait figure de champion incontestable côté fréquentation, d'autres villes comme Metz et Reims veulent se distinguer pour séduire les touristes.

Les marchés de Noël dopent l'activité touristique du Grand Est tout au long du mois de décembre. Strasbourg sort bien sûr grand gagnant en nombre de visiteurs, avec un record de 2,8 millions de curieux enregistré l'an dernier.

Mais plusieurs villes de la région tirent aussi leur épingle du jeu, comme Metz ou Reims. La cité des sacres espère ainsi atteindre 900 000 visiteurs en 2023, soit 100 000 de plus que l'année précédente. "Après le chevet de la cathédrale, nous sommes arrivés sur les hautes promenades, beaucoup plus aérées, propices à la déambulation. Et nous essayons au quotidien d'accueillir le maximum de visiteurs", explique Vincent Mansencal, président des Vitrines de Reims, l'association des commerçants qui organise l'événement.

Du côté de Metz, pas d'objectif précis avancé par le maire divers droite, François Grosdidier, alors que le chiffre d'un million de visiteurs avait circulé. "Le seul élément fiable de mesure, c'est le sentier des lanternes qui est une des animations du marché de Noël [...] Il y a une à deux heures de queue pour y aller. Et on est passé en dix ans de 35 000 à 170 000 visiteurs. Mais tous les visiteurs du marché n'y passent pas."

La ville a surtout pour objectif d'améliorer les conditions d'accueil pour séduire davantage. "Nous ne serons jamais le plus ancien. Strasbourg aura toujours ce privilège [...] On a fortement étendu pour accueillir de nombreux visiteurs sans qu'ils soient comprimés", détaille l'élu. Les festivités s'étalent ainsi désormais sur cinq places de la ville.

Guillaume Libsig, adjoint au maire de Strasbourg en charge des animations, a désormais pour ambition de "trouver un point d'équilibre" et "tenir les promesses faites à l'ensemble des personnes qui viennent". Car avec une telle foule, impossible de ne pas susciter quelques frustrations.

Il a fallu deux ans et demi de négociations avec les exposants pour se mettre d'accord sur l'élargissement des allées du marché. "Cela nous permet d'avoir une meilleure gestion des mouvements de foule, une meilleure réponse quand on était en période covid. Mais également plus de temps pour discuter avec les exposants, un sentiment d'oppression qui est diminué", détaille l'élu EELV.

Une communication appuyée

Pour attirer davantage de visiteurs, les collectivités n'hésitent pas à communiquer bien au-delà de leurs frontières. Le marché de Noël messin s'est ainsi affiché dans le métro parisien. Tout comme celui de Reims, qui a également visé la gare Montparnasse à Paris, mais aussi des emplacements à Londres ou à Bruxelles.

"C'est vrai que nous faisons un effort que n'ont pas forcément besoin de faire, par exemple, les marchés alsaciens qui ont l'antériorité et donc une notoriété accrue. Chez nous, c'est plus récent, c'est important de communiquer", insiste François Grosdidier.

À Strasbourg, la communication n'est plus là pour faire connaître le marché. "L'événement est un petit peu en pilotage automatique", reconnaît Guillaume Libsig, l'adjoint au maire en charge des animations. "On est plutôt sur des logiques d'information pour que les gens puissent préparer au mieux leur séjour."

"On a aussi un travail dédié avec l'agence de développement du tourisme pour mieux faire circuler les usagers d'une ville à l'autre, d'un marché de Noël à l'autre. Il y a un réel intérêt sur la coopération au niveau du territoire sur cette question", ajoute l'élu alsacien.

L'agence du tourisme Grand Est vient appuyer toutes ces actions de promotion des collectivités. "On travaille sur la communication digitale, sur les réseaux sociaux, sur la télévision segmentée, avec des spots publicitaires avant la location d'un film ou d'une émission en replay. On travaille plutôt sur ces nouveaux canaux de communication qui viennent s'inscrire en complémentarité des villes", indique sa directrice Catherine Gouttefarde.

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Des retombées économiques importantes

Ces investissements dans la communication sont loin d'être vains. Car la période de Noël rapporte beaucoup aux territoires. À Strasbourg, les retombées directes pour la mairie et la métropole s'élèvent ainsi à 600 000 euros pour le droit de place payé par les exposants, et à 700 000 euros pour les taxes de séjour payées par les visiteurs. Des sommes presque dérisoires au regard des retombées économiques indirectes, estimées à 250 millions d'euros par an.

À Metz, le maire François Grosdidier met en avant un coefficient de remplissage des hôtels, qui a "très fortement augmenté" ces dernières années. "L'hiver était vraiment une saison totalement creuse pour l'hôtellerie et on est en progression extraordinaire. On n'est pas encore à pleine capacité, mais vraiment en progression constante."

À Reims, les hôtels de la ville et des alentours ont un taux d'occupation de "plus de 80%", selon Vincent Mansencal, le président des Vitrines de Reims, avec des réservations pour Noël anticipées dès le mois de mars.

Catherine Gouttefarde, de l’agence du tourisme Grand Est, note une "différence importante entre les villes alsaciennes et les autres villes du Grand Est". "En Alsace on est aux alentours de 90 % de taux d'occupation, voire 100% dans certaines villes comme Strasbourg et Colmar. On tourne autour entre 50 et 60% dans les autres villes du Grand Est", explique-t-elle.

Mais elle voit ce constat comme une chance. "Ça démontre que nous avons encore une capacité d'accueil en réserve pour accueillir des touristes. Et surtout, ça nous permet d'envisager de rallonger le temps de séjour des clientèles touristiques dans le Grand Est".

À Reims, le marché de Noël et ses 150 chalets installés sur les hautes promenades, près de la gare, reste ouvert jusqu'au 24 décembre. Même date pour celui de Strasbourg. Metz joue les prolongations et garde le sien ouvert jusqu'au 30 décembre. Si vous voulez découvrir les autres marchés de la région Grand Est, n'hésitez pas à consulter notre carte interactive.


Toutes les citations de cet article sont extraites de l'émission Dimanche en politique Grand Est, présentée par Lodoïs Gravel et diffusée le 3 décembre 2023 à 11h25 sur France 3 Alsace, France 3 Lorraine et France 3 Champagne-Ardenne (émission enregistrée le 1er décembre). L'émission est disponible en replay ici

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