Wambrechies : à l’aube du procès de David Ramault, meurtrier présumé d’Angélique Six, retour sur les faits

Ce mardi 16 novembre s'ouvre, devant la cour d'assises du Nord, le procès de David Ramault, meurtrier présumé d'Angélique Six. Il est soupçonné d'avoir séquestré, violé et tué l'adolescente de 13 ans en avril 2018 à Wambrechies. Retour sur les faits.

Trois ans et demi après le drame, les proches d’Angélique espèrent que "la justice française (ne les) décevra pas". Le procès devant la cour d’Assises du Nord de David Ramault, jugé pour le viol et le meurtre d’Angélique Six, 13 ans, débute mardi 16 novembre et va durer quatre jours.

Après la disparition inquiétante de la fillette mercredi 25 avril 2018 dans l’après-midi à Wambrechies (Nord), des battues avaient été organisées pour tenter de la retrouver. Le corps sans vie d’Angélique sera découvert trois jours plus tard dans un bois situé dans la commune voisine de Quesnoy-sur-Deûle, suite aux révélations de David Ramault, père de famille de deux enfants déjà condamné pour un viol sur mineur de moins de 15 ans en 1996.

Retour sur les quelques jours qui ont ébranlé deux familles – celle d’Angélique bien sûr, mais également celle de l’assassin présumé – à l’aube de l’ouverture du procès du principal suspect.

Ce jour-là, Angélique laisse un mot chez ses parents pour leur dire qu’elle va rejoindre des copines. Ne la voyant pas rentrer, ses parents et sa sœur Anaïs décident de partir la chercher dans le quartier de l’Agrippin où ils vivent. Sans nouvelles de l’adolescente, ils contactent la police et un appel à témoins est lancé. La jeune fille a été aperçue pour la dernière fois vers 16h30.

Parallèlement, des battues sont organisées par la famille d’Angélique et des amis. Y prennent part de nombreux habitants de Wambrechies, qui placardent des affiches partout dans la ville. Une équipe de pompiers sonde la Deûle, sans résultats.

Trois jours après la disparition inquiétante, l’enquête de la police judiciaire avance. Un enfant, présent dans le parc mercredi après-midi avec Angélique, confie l’avoir vu partir avec un homme.

Les enquêteurs épluchent le fichier des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS) et interpellent dans la soirée du samedi 28 avril 2018 David Ramault, père de famille de 45 ans. Ce chauffeur de bus employé par Transpole avait déjà été condamné en 1996 pour des faits de viol avec arme, attentats à la pudeur et vol avec violence commis en 1994. Une condamnation qui lui avait valu une inscription au FIJAIS.

Dès le début de l’audition, David Ramault avoue les faits. Ancien voisin de la jeune fille entre 2006 et 2016, il explique avoir séquestré, violé et tué Angélique mercredi 25 avril en fin d’après-midi.

Le principal suspect raconte aux enquêteurs avoir voulu enterrer Angélique dans une forêt de Quesnoy-sur-Deûle. Mais n’ayant pas réussi, il a abandonné la victime dénudée dans un fourré. À 1h30 du matin, il emmène les enquêteurs sur le lieu et le corps d’Angélique est retrouvé.

Parallèlement, l’épouse de David Ramault est également entendue mais rapidement mise hors de cause. Concernant les faits commis par son mari en 1996, son avocat expliquera plus tard qu’il "lui avait raconté des craques, il avait minimisé les faits".  

Thierry Pocquet du Haut-Jussé, procureur de la République de Lille à l’époque des faits, tient une conférence de presse. Pendant sept minutes, il revient en détail sur le viol puis le meurtre d’Angélique comme décrits par le principal suspect. Attention, certains passages de son intervention retranscrits ci-dessous peuvent choquer.

Mercredi 25 avril, David Ramault est seul chez lui car sa femme et ses deux enfants sont dans le sud et ne rentrent que le lendemain. Après avoir acheté des pilules contre les troubles de l’érection à Lille, il en avale "deux ou trois" et boit trois cannettes de bière. Il s’endort alors devant la télévision. Lorsqu’il se réveille vers 16 heures, il explique ne pas se sentir bien et décide d’aller prendre l’air. Il passe alors devant le jardin, aperçoit Angélique et explique qu’il a "eu envie d’elle", décrit le procureur, avant de citer David Ramault : "c’était plus fort que moi, j’étais comme dans un état second".

"C’était plus fort que moi, j’étais comme dans un état second".

David Ramault, meurtrier présumé d'Angélique Six

Prétextant vouloir donner à la jeune fille un objet pour ses parents, il l’invite chez lui. Angélique le suit sans méfiance. À l’intérieur, il lui pose des questions intimes. "Elle cherche à partir mais il la maintient de force". Il la déshabille, l’emmène dans les toilettes, lui donne une gifle, lui impose une fellation et des "pénétrations digitales". Mais la jeune fille crie et se débat. "Il dit qu’il a compris qu’il fallait qu’il la tue lorsqu’elle a commencé à se débattre". David Ramault saisit le pantalon de la jeune fille et l’étrangle. Il nettoie ensuite les traces de sang.

Une description glaçante corroborée par l’autopsie effectuée. Angélique a été tuée par asphyxie traumatique.

David Ramault est incarcéré à la maison d’arrêt de Sequedin. Le procès s’ouvre mardi 16 novembre devant la cour d’assises du Nord à Douai. Cette première journée consacrée à la personnalité de l’accusé. Les faits seront examinés mercredi 17 novembre. Les experts seront auditionnés tout au long de la journée de jeudi. Quant au verdict, il est attendu vendredi 19 novembre. Le suspect encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

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