Manifestation contre la réforme des retraites : environ 10 000 personnes défilent à Lille

Ce mardi après-midi, à Lille / © FRANCE 3
Ce mardi après-midi, à Lille / © FRANCE 3

Environ 10 000 personnes ont défilé ce mardi après-midi contre la réforme des retraites. 

Par A.Guiho / F.Bellouti / E.Magdelaine

Environ 10 000 personnes (20 000 selon la CGT) ont défilé dans les rues de Lille ce mardi après-midi à l'appel notamment de l'intersyndicale CGT-FO-Solidaires-FSU. Cette deuxième manifestation contre la réforme des retraites a réuni quelques milliers de personnes de moins que la semaine dernière.

En tête de cortège, les cheminots qui continuent à affirmer qu'il font grève pour tous les Français  : "On est tous concernés et on va tous perdre du pognon, parce que cette réforme ça vise à baisser les pensions, explique Damien Scali, aiguilleur à la SNCF. Nous, on est prêts à aller jusqu'au retrait de la réforme, jusqu'à la victoire."
 
Manifestation contre la réforme des retraites : mobilisation à Lille et à Dunkerque


Des soignants sont là aussi dans le cortège même si la grande journée de mobilisation dans le secteur de la santé. "Les soignants aujourd'hui partent en retraite cassés soit psychologiquement, soit physiquement... Partir à 64 ans... On vient bientôt en déambulateur...", dénonce Grégory Bleuze, aide-soignant à l'hôpital public de Maubeuge (Nord).

La manifestation s'est déroulée dans le calme même si des tensions avec la police sont apparues en fin de défilé. La police a dispersé des groupes d'ultra-gauche restés autour du théâtre Sebastopol. 
 

De nombreux manifestants ont dénoncé l'usage de gaz lacrymogène pendant la manifestation alors qu'elle se déroulait de manière pacifique. Des incidents ont aussi eu lieu le long du parcours : la vitrine d'une agence immobilière a été détruite. 
 


Des milliers de manifestants dans d'autres grandes villes du Nord et du Pas-de-Calais


Environ 300 personnes ont aussi défilé à Lens ou Cambrai, 1000 à Calais, Douai, Boulogne-sur-mer et Valenciennes

Ailleurs dans les Hauts-de-France, le mouvement a aussi pris d'autres formes : 70 % de grévistes à la centrale nucléaire EDF de Gravelines, opération escargot sur l'A16 (Côte d'Opale), coupures d'électricité à Boulogne-sur-mer...
 

Des lycéens et étudiants aussi ont fait entendre leur colère ce mardi. Environnement, Parcoursup, réforme du bac... Leurs revendications sont éclectiques. Dans la matinée, des incidents avec la police ont éclaté à Lille. Plusieurs établissements (lycée Pasteur, Sciences Po, Fac de droit...) ont été bloqués.

2 TER sur 10. 1 TGV sur 4. La circulation a aussi été de nouveau très perturbée dans les Hauts-de-France ce mardi.

 

Retraites : Macron et Philippe serrent les rangs de la majorité

"On n'a pas le droit de se louper" : l'Elysée, le gouvernement et la majorité appellent à faire bloc autour de la réforme des retraites, dont l'avenir se joue en bonne partie mercredi avec sa présentation par Edouard Philippe.

Quelques heures avant l'allocution du Premier ministre, prévue à midi, une dernière réunion se tient mardi soir à l'Elysée où Emmanuel Macron réunit les ministres impliqués et les cadres de la majorité. Ce dîner sera l'occasion d'un ultime "calage" de la réforme, à la fin de cette deuxième journée de manifestations. 

"Chacun autour de la table sait ce qu'est une réforme indispensable à son pays et ce qu'elle implique d'être menée. Ça relève de l'action du gouvernement et des annonces qui seront faites demain (mercredi)", a insisté Emmanuel Macron dans la nuit de lundi à mardi. Il répondait à une question sur le mouvement social en France à l'issue d'une rencontre à l'Elysée consacrée à l'Ukraine, et en a profité pour rassurer, avec une pointe d'ironie, son homologue russe Vladimir Poutine "que les manifestations à Paris ne concernait absolument pas la réforme des retraites menée en Russie".

Si 76% des Français se disent favorables à une réforme des retraites (76%), 64% ne font pas confiance à Emmanuel Macron et au gouvernement pour la mener à bien, selon un sondage Ifop publié par Le Journal du dimanche. Dans cette "bataille de l'opinion", l'exécutif est surtout critiqué de toutes parts sur la méthode avec laquelle il mène son projet depuis près de deux ans, marquée par un flou qui a exacerbé les inquiétudes des Français.

"Vivement mercredi", répond le député nordiste LREM Laurent Pietraszewski, qui a "l'envie d'avoir un projet concret à défendre" et "d'aller dans le détail" d'un projet "dans l'ADN" macroniste.

 

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