Alimentation : et si la solution se trouvait dans notre région ?

En cette période de crise sanitaire, l'approvisionnement alimentaire par les ressources locales n'a jamais autant été au coeur de nos priorités et les circuits courts, jamais autant été plébicités. Comme en Nouvelle-Aquitaine. C'est l'objet d'un film Manger est un acte agricole.

Un étal dans la librairie Le belle Hortense
Un étal dans la librairie Le belle Hortense © Paol GORNEG/Skeudennou

Alimentation de proximité, une priorité

Il y a presqu'un an, le 16 mars dernier, devant l'ampleur de la crise sanitaire qui envahit plusieurs pays, la France y compris, une période de confinement est annoncée par le président de la République.

Alors, très rapidement, de nouvelles pratiques se mettent en place. La proximité s'impose pour bon nombre comme une priorité. Les circuits courts sont de toute part recherchés et deviennent alors très prisés. Les files d'attente ont délaissé subitement les caisses des supermarchés au bénéfice des cours des maraichers.

 
Et bien que le phénomène se soit généralisé partout en France, ce n'est pas un hasard si le choix de notre région s'est imposé dans ce film.
En effet, le territoire de la Nouvelle-Aquitaine, particulièrement bien loti en richesses et en ressources agroalimentaires, est devenu, pour beaucoup de ses habitants, tout à coup, une source essentielle d'approvisionnement. 
[Pour information, notre région, la plus grande de France, a la particularité d'être dotée d'une palette de conditions géographiques et pédoclimatiques offrant une agriculture très diversifiée allant de l’élevage (lait et viande) à la viticulture en passant par le maraîchage.]

 


De jour en jour, les lieux de vente directe se multiplient, les initiatives et la solidarité s'organisent sur l'ensemble du territoire pour privilégier la proximité en petit comité. 

 

 

Les circuits de commercialisation directe paysans consommateurs se sont multipliés dès les premiers jours du confinement.

Gilles Luneau

 

camion de drive fermier
camion de drive fermier © Flair Production

 


Tour d'horizon de la région

Pour comprendre la richesse de notre terroir, rien de mieux qu'un sillonnement de cette grande région. Le film promène ainsi sa caméra dans plusieurs départements avec, notamment, des vues aériennes magnifiques sublimant la beauté et la diversité des nos paysages comme en Charente-Maritime, Corrèze, Dordogne, Gironde, Lot-et-Garonne (premier département producteur de France) et  les Pyrénées-Atlantiques au pays basque.

champ de culture
champ de culture © Flair Production


Des étals colorés du marché de Nérac en Lot-et-Garonne à un élevage de brebis au pays basque, en passant par les champs de Charente-Maritime, les richesses locales s'affichent fièrement à l'écran !

Etal de marché de Nérac en Lot-et-Garonne
Etal de marché de Nérac en Lot-et-Garonne © Flair Production

 

La force des témoignages

Derrière chaque produit et pour chaque circuit, il y a des hommes et des femmes. Dans le film, ils passent alors, eux aussi pour une fois devant, à l'écran. La parole est donnée à celles et ceux qui se sont mobilisés pour nourrir le pays malgré les difficultés liées à la pandémie (fermeture des  restaurants et des cantines, tension sur certains produits, défaut de main d’œuvre, etc...), mais aussi à des représentants d'institutions du système agro-alimentaire, à des gérants de grandes surfaces ou encore à des politiques et des scientifiques pour un large prisme d'avis.

L'alimentation, c'est un enjeu fondamental et il faut que les mangeurs et les agriculteurs se reparlent et créent une nouvelle forme de gouvernance autour de l'alimentation.

Nathalie Corade,chercheuse en économie territoriale à Bordeaux Sciences Agro (33)

Des messages forts et touchants faisant prendre conscience de la nécessité de changer ses habitudes de consommation, et ce, durablement. Tout le monde y est gagnant. De tout côté.

Pourquoi aller chercher des produits de l'autre côté de la France quand on avait des producteurs à côté ?

Valérie Fradin, propriétaire d’un Intermarché à La Rochelle (17)

 

tournage dans un supermarché à Périgny (17)
tournage dans un supermarché à Périgny (17) © Flair Productions

 

Les intervenants :

 

Les vaches dans le marais en Charente-Maritime
Les vaches dans le marais en Charente-Maritime © Flair Productions


Avec toutes ces interventions, on comprend alors que la relation producteurs, consommateurs et distributeurs est indispensable, indissociable et fondamentale comme pourrait le résumer le message de l'association "La ruche qui dit oui" présente non seulement en Nouvelle-Aquitaine mais dans toute la France.

 


Un tournage particulier

Entre restrictions de circulation, gestes barrière imposés, peur de la contamination, le film a pourtant réussi à être tourné pendant le confinement, alternant des images de diverses natures (vidéoconférences, images de téléphones, de caméra professionnelle, d’archives) au service du récit.

tournage sur le marché de Nérac (47)
tournage sur le marché de Nérac (47) © Flair Production

 


Une famille confinée en fil conducteur 

Pour incarner le quotidien de chacun, le choix a été fait de suivre dans le film, à titre d'exemple, la vie d'une famille bordelaise : Delphine et Jérôme et leurs trois garçons (Timothée, Thibault, Marin). Face caméra, ils confient leur inquiétude quant à l'approvisionnement en cette période de confinement sanitaire et très vite, partagent aussi les réponses trouvées auprès des circuits courts et de la solidarité dans le quartier.

On suit la mère de famille au marché des Capucins, à la rencontre des producteurs. On rencontre le voisin qui s'improvise livreur... 
Et c'est ainsi qu'asperges, salades, fraises, poissons et viande arrivent à foison sur la table de la maison, tous certifiés purs produits locaux. Ils livrent aussi leur propre analyse des enseignements à tirer et des progrès qui pourraient être faits par les pouvoirs politiques.

Les interventions de la famille Boileau
Les interventions de la famille Boileau © Flair Procuction

 

Un film singulier

Ce film est un récit singulier, plongé dans une guerre sanitaire pendant laquelle manger est devenue l’activité principale. Un récit de cette crise si particulière qui souligne que notre nourriture quotidienne dépend des paysans et de la chaîne agroalimentaire qu’ils alimentent.

Pour beaucoup d'entre nous, tous ces cadeaux de la nature étaient à nos portes, autour de nous, sans le savoir ou sans le voir...  Dans ce récit, l’importance capitale des circuits courts dans l’autonomie alimentaire devient une évidence.

Et pour puiser de l'espoir et du réconfort alors que la crise est toujours bien là, le mot de la fin est laissé à un berger basque, intervenant dans le film. 

Il ne faut pas paniquer. Il y aura toujours un paysan qui continuera à produire et il y aura toujours un paysan près de chez vous.

Patrick Sallaberry, berger à Ayherre (64)

 

Patrick Sallaberry, berger, président de l’association des producteurs fermiers Idoki, (Pays basque) à Ayherre (64)
Patrick Sallaberry, berger, président de l’association des producteurs fermiers Idoki, (Pays basque) à Ayherre (64) © Flair Production


Tellement d'autres choses à dire sur ce film et les enseignements à en tirer... Alors, pour en savoir plus, le plus simple est de le regarder.

Le documentaire "Manger est un acte agricole" est à voir  en replay sur  na.france3.fr

À SAVOIR : il est diffusé dans le cadre de la programmation #NousPaysans de France Télévisions pour mettre les agriculteurs à l'honneur alors que le salon International de l'Agriculture ne peut se tenir cette année en raison de la crise sanitaire.

 

Documentaire "Manger est un acte agricole"

52 mn

Ecrit et réalisé par Gilles Luneau avec la collaboration d’Antoine Rivière
Coproduction : Flair Production / France 3 Nouvelle-Aquitaine
photos : Paol GORNEG/Skeudennou

en replay sur na.france3.fr



 

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