Témoignage. "Ça ne nous montera pas à la tête" : la Cité de la Tapisserie d’Aubusson conseillée par le quotidien britannique Le Times

Publié le Écrit par Margaux Blanloeil

La Cité internationale de la Tapisserie d’Aubusson figure dans un article du Times, publié le 26 janvier 2024. Parmi sept autres lieux à visiter, en France, pendant les Jeux Olympiques 2024, elle est recommandée par le journal.

La Fondation Maeght à St-Paul de Vence, le Château La Coste près d’Aix-en-Provence, la Chapelle Matisse à Vence, le Musée de Mougins, la Villa Ephrussi de Rothschild à Saint-Jean-Cap-Ferrat, la Cité du Vitrail à Troyes et, sur le podium, en première recommandation, la Cité internationale de la Tapisserie d’Aubusson.

Le musée fait partie des visites proposées par le journal britannique pour les Jeux Olympiques de 2024. "C’est une fierté" confie son directeur Emmanuel Gérard.

C’est un titre prestigieux. C’était presque incroyable qu’on soit mis en numéro un, mais je vous rassure, ça ne nous montera pas à la tête. On l’a partagé à notre présidente, Valérie Simonet.

Emmanuel Gérard

Directeur de la Cité internationale de la tapisserie d'Aubusson

 

Alice Bernadac, conservatrice à la Cité, ajoute : "On est ravis, c’est super. On espère que ça va encourager les Creusois et les gens de l’extérieur à venir cet été. On n’avait sollicité personne, c’est une surprise, c’est spontané de la part du Times. C’est une reconnaissance de nos projets mis en place ces dernières années."

Une visibilité bienvenue puisque le Times touche 360 000 lecteurs papier et plus de 400 000 abonnés numériques.

Six siècles d’artisanat dans un musée

Inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, la tapisserie a le vent en poupe et le quotidien anglais met en avant le seul lieu en France qui en fait la vitrine : "Beaucoup de gens associent Aubusson aux tapisseries et aux tapis fabriqués pour les palais français, après que les ateliers eurent obtenu un mandat royal en 1665. Mais cette ville pittoresque, située au bord de la Creuse, a commencé à produire des tapisseries bien avant cela et continue de le faire aujourd'hui." 

Ainsi, il célèbre le musée, son bâtiment réaménagé de 1200 m2 évoquant "les fils colorés d’un métier à tisser". Parmi la centaine d’œuvres exposée, le journal cite deux tapisseries prouvant que cet artisanat possède une histoire longue : "La Millefleurs à la licorne" de la fin du Moyen Âge et les tapisseries contemporaines de JRR Tolkien et Hayao Miyazaki.

Troisième site plus attractif de la région Nouvelle-Aquitaine

Derrière la Cave de Gan-Jurançon et l'atelier du Piment d'Espelette, la Cité internationale de la Tapisserie est le 3ᵉ site le plus attractif de la région avec près de 55 000 visiteurs en 2023. Un nombre qui augmente d’années en années. "C’est quatre fois plus qu’il y a deux ans", détaille le directeur. "La cité commence à avoir une renommée nationale, car quand on demande aux visiteurs de quel département ils viennent, on voit que cela s’élargit. Certains viennent de l’est, de Rhône-Alpes"...

 Mais comment expliquer cet engouement pour un art, quasi has been il y a quarante ans ?

"À partir des années 80, il y a eu une période difficile et un contexte économique qui faisait qu’il y avait moins de commandes, rappelle Alice Bernadac. Aujourd’hui et depuis 2010, le contexte est plus favorable, notamment par le fait que la cité soutient la création artistique par la commande publique. Plus largement, il y a un retour du textile dans l’art contemporain. Il y a une appétence des artistes de se frotter au 'faire'. Ils ont envie de se confronter à la collaboration avec des artisans. La teinture, le rapport couleur matière, ça les fascine, un peu comme la céramique. La tapisserie, c’est un concentré de savoirs faire."

JO et été 2024

La Cité de la tapisserie se dit prête à accueillir davantage de touristes. Elle va renforcer l’équipe temporaire pour l’été et maintenir des visites qui permettent notamment d’observer les tapisseries en cours de réalisation.

"On espère que les recommandations du Times vont être suivies. On est prêt, on attend les futurs visiteurs" se réjouit la conservatrice.

De grands événements s’annoncent. Les deux dernières tapisseries de Tolkien seront bientôt terminées. Merking Palace (illustration du roman Roverandom) tissée par l’atelier A2 et Beleg (illustration du roman Le Silmarillion) tissée par la Manufacture Pinton complèteront l’exposition Aubusson tisse Tolkien. Le vernissage de l’exposition complète devrait se tenir fin juin. Tout l’été, les quatorze tapisseries et les deux tapis seront visibles dans la cité creusoise. Un sujet qui devrait plaire au public britannique.

 La Cité continuera de rayonner à l’international avec la première tapisserie de Miyazaki, Princesse Monoké exposée, au Japon, à Osaka, dans le pavillon français, lors de la prochaine exposition universelle, en avril 2025. "Des milliers de personnes vont venir" s’enchante Emmanuel Gérard. Ce travail de collaboration entre le créateur des studios Giblis, vénéré au Japon, et l’artisanat français pourrait, selon son directeur, apporter une notoriété supplémentaire, au musée.

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