Procès de l’incendie du péage de Narbonne : jusqu'à 5 ans de prison avec mandat de dépôt

Le tribunal correctionnel de Narbonne a rendu son jugement dans le procès du saccage du péage de Narbonne sud, un an après les faits qui se sont déroulés dans la nuit du 1er au 2 décembre 2018. Le principal prévenu est condamné à 5 ans de prison ferme avec mandat de dépôt. 

Le tribunal correctionnel de Narbonne a rendu son jugement dans le procès du saccage du péage de Narbonne, un an après les faits qui se sont déroulés dans la nuit du 1er au 2 décembre 2018.
Le tribunal correctionnel de Narbonne a rendu son jugement dans le procès du saccage du péage de Narbonne, un an après les faits qui se sont déroulés dans la nuit du 1er au 2 décembre 2018. © F. Guibal / FTVI
Dans la nuit du 1er au 2 décembre 2018, après une journée de manifestations tendues partout en France, la situation avait dégénèré au péage de Narbonne Sud: les locaux de la société Vinci et du peloton autoroutier de gendarmerie étaient saccagés, incendiés et pillés, les militaires étaient évacués. Policiers et gendarmes présents sur place avaient reçu des cocktails molotov lancés par une horde de 200 personnes et ont vu leurs locaux incendiés.
 

21 peines de prison ferme


Le tribunal correctionnel de Narbonne a condamné les prévenus à des peines allant jusqu'à 5 ans de prison ferme pour Kevin, 29 ans, soupçonné d’avoir utilisé un fenwick pour précipiter une voiture en feu sur le péage. Le tribunal ordonne le mandat de dépôt à l'audience. Le parquet le considérait comme le principal suspect.

Au total, 21 peines de prison ferme ont été prononcées avec trois mandats de dépôts. Mais globalement, le tribunal a prononcé des peines en deçà des réquisitions. De nombreux prévenus ont par exemple été relaxés d'entrave à la circulation. Eddy Martin, prévenu,  a été relaxé: "ce n'est pas le procès politique qu'on aurait pu attendre. Je redoutais beaucoup plus de mandats de dépôts, des gens condamnés pour l'exemple. La juge a fait son travail. la finalité de ce procès; je suis content.".
 

Ce n'est pas le procès politique qu'on aurait pu attendre

 
Les avocats estiment le jugement mesuré et individualisé comme ils le demandaient. "Nous redoutions que les prévenus soient pris dans une espèce de nasse. Chacun a été condamné à hauteur de ses responsabilités pénales. Mais aujourd'hui, il manque les casseurs et les pilleurs," explique Maître Frédéric De Rinaldo.

Le procès impliquait 48 parties civiles, en majorité des gendarmes. "Pour nous, la justice est passée. Cela nous permet de nous reconstruire. la page est tournée et nous espérons que ce jugement permettra d'assénir définitivement la situation dans le département," analyse le Colonel Marc Gonnet, commandant le groupement de gendarmerie dans l'Aude.
 


En deça des réquisitions

Des peines de prison ferme avaient été requises contre 27 des 31 prévenus. Au total, la procureure avait demandé des peines de prison allant de six mois avec sursis jusqu'à cinq ans ferme, onze mandats de dépôt et le maintien en détention de deux hommes. Les 28 hommes et trois femmes étaient accusés notamment de "violences volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique", "destruction volontaire de biens", vols ou recels.

Elle justifiait ses demandes par le niveau de violence et la gravité des événements qui ont eu lieu ce soir-là où, selon elle, il y a eu une responsabilité collective de la foule

Pendant l'énoncé du jugement, les avocats étaient aux côtés de leurs clients mais ils n'étaient pas habillés de leur traditionnelle robe. Une manière de protester contre la réforme de leur système de retraite.
 
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