Aveyron : liquidation ou reprise, les salariés de la fonderie automobile SAM bientôt fixés sur leur sort

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Écrit par Mélisande Queïnnec
La société fabrique des pièces en aluminium pour l'automobile à Viviez dans l'ancien bassin houiller de Decazeville dans l'Aveyron.
La société fabrique des pièces en aluminium pour l'automobile à Viviez dans l'ancien bassin houiller de Decazeville dans l'Aveyron. © PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI

En liquidation judiciaire depuis le 16 septembre dernier, la fonderie SAM – qui fabrique des carters et fournit essentiellement le constructeur automobile Renault – avait jusqu’au 19 novembre pour trouver un repreneur. Une offre a officiellement été déposée ce matin.

La fin d’une pénible attente pour les 346 salariés de la SAM (Société aveyronnaise de métallurgie) ? Patrick Bellity, directeur de la société jusqu’en juin 2016 avant son rachat par l’entreprise chinoise Jinjiang, vient de déposer une lettre d’intention pour sa reprise. 

"Fort du soutien de la région et de l'État, j'ai envoyé un courrier circonstancié et détaillé sur nos intentions, qui donnera j'espère le sursis nécessaire, afin de formuler une offre ferme et définitive dans les prochains jours", a-t-il précisé à l'AFP. 

"Il s’agit d’un petit espoir pour les salariés" de l’entreprise basée à Viviez (Aveyron), a-t-il souligné. Si l’industriel n’a pas précisé le nombre d’emplois qui pourraient être maintenus, la viabilité de son projet sera étudiée demain au tribunal de commerce de Toulouse. "Ce n'est pas vendredi que le tribunal de commerce décidera si mon offre est acceptée", a ajouté Patrick Bellity. "J'espère qu'on obtiendra un délai".

Les salariés dans le flou

Principal client de la SAM, Renault s’était engagé par courrier, au mois de mai, à garantir 40 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’usine. Une lettre qui faisait suite à un mouvement de grève des salariés en opposition à une offre de l’équipementier espagnol CIE Automotive, qui aurait permis de maintenir 150 emplois.

Cet été, Patrick Bellity avait lui aussi déposé une offre de reprise – avec l'aval des salariés – qu’un cabinet d’audit mandaté par l’Etat et les administrateurs judiciaires avait jugé trop fragile. L’industriel déclarait en effet ne pouvoir, lui, conserver que 135 emplois – et l’offre nécessitait plusieurs millions d’euros de soutien financier.

La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, avait estimé que "son offre [demandait à] être retravaillée", ajoutant que l’État attendait de lui "un projet écrit", prenant en compte "des faiblesses pointées".

La première audience reportée

Le faible nombre de propositions de rachat avait justement conduit le tribunal de commerce, le 22 octobre dernier, à accorder un délai supplémentaire aux repreneurs pour le dépôt de nouvelles offres… Ces dernières pouvant être déposées jusqu’au 19 novembre, date de la nouvelle audience.

"On va continuer à se battre et demander à Renault de prendre ses responsabilités en maintenant ses engagements", avait alors déclaré Ghislaine Gistau, déléguée du personnel CGT.

Seul Patrick Bellity s’est aujourd’hui manifesté, soutenu cette fois-ci par la région Occitanie et l'État – prêts à soutenir financièrement le projet de rachat, sous réserve que Renault s'engage à poursuivre ses commandes dans un volume cohérent.

Le tribunal analysera demain la faisabilité cette offre. La fin d'exploitation de la SAM, en liquidation judiciaire depuis le 16 septembre, est prévue le 10 décembre prochain. Mais il est techniquement possible pour le tribunal de la prolonger pour un délai maximum de 3 mois.

L'UD CGT Aveyron a d'ores et déjà annoncé une nouvelle mobilisation en soutien aux salariés, le 1er décembre prochain devant le site de Viviez.

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