Après plusieurs fusillades cet été, Toulouse espère des renforts de police

Jean-Luc Moudenc a rendez-vous avec Jean Castex. Le maire de Toulouse va demander au premier ministre des effectifs supplémentaires pour la police nationale. Un renfort d’une centaine de policiers serait nécessaire dans la quatrième ville de France.
 
Photo d'archives. Le frère du footballeur Serge Aurier a été tué par balles à Toulouse en juillet dans une boite de nuit.
Photo d'archives. Le frère du footballeur Serge Aurier a été tué par balles à Toulouse en juillet dans une boite de nuit. © N.Saint-Affre/MAXPPP
Plusieurs faits divers ont eu lieu cet été à Toulouse. Le dernier en date : une fusillade dans la nuit de lundi 24 au mardi 25 août ayant entraîné la mort d'un jeune homme de 19 ans dans le quartier des Izards, portant ainsi à quatre le nombre de fusillades enregistrées dans le même quartier depuis le début du mois de juillet. En effet, trois autres fusillades ont eu lieu dans le même quartier ces dernières semaines : une ce samedi 22 août blessant un homme à la jambe et une autre au début du mois lors de laquelle un homme de 29 ans a été abattu, victime de plusieurs coups de feu. D'autres coups de feu ont été entendus le 14 août, sans toutefois faire de blessés. Le maire de la ville et les syndicats de policiers sont sur la même ligne : ils réclament des renforts dans la police nationale pour faire face à la délinquance. Jean-Luc Moudenc a rendez vous cette semaine avec le premier ministre Jean Castex pour évoquer cette question. Sollicité par France 3 occitanie, Jean-Luc Moudenc n'a pas souhaité s'exprimer davantage avant cette rencontre avec le chef du gouvernement.

Pour les principaux syndicats de police il faudrait à minima une centaine de policiers supplémentaires à Toulouse. "On a vu pendant l’été des règlements de compte liés au trafic de drogue dans plusieurs cités", indique Fabien Velleret secrétaire départemental du syndicat Alliance en Haute-Garonne. "Pour bien faire, explique-t-il, il faudrait plus de policiers sur le terrain et avoir plus de patrouilles sur la voie publique".

Selon le syndicaliste, une cinquantaine de personnels supplémentaires (tous corps confondus : policiers et personnels administratifs) arrivent en septembre à Toulouse mais la moitié de ces nouveaux effectifs va combler des départs en retraite et des mutations.

Environ 150 policiers supplémentaires seraient nécessaires

Au lendemain de la fusillade mortelle aux Izards, le syndicat unité SGP Police dénonçait le "silence assourdissant des autorités administratives et gouvernementales concernant Toulouse."

Dans un communiqué Unité SGP Police Occitanie demandait au Ministre de l'Intérieur d'apporter des réponses concrètes et immédiates à la configuration toulousaine. Le syndicat demande le classement en zone difficile de la circonscription de Toulouse avec le renfort impérieux d'une centaine de policiers (supplémentaires).

"A minima 150", précise Christophe Amans, secrétaire départemental du Syndicat unité SGP Police de la Haute-Garonne. "On a déjà un souci d’effectifs pour les interventions sur la voie publique. On a du mal à répondre à tous les appels de jour comme de nuit. Et puis il faut aussi des effectifs pour le judiciaire pour traiter les affaires". Le problème est récurrent à Toulouse dit-il. Avec une délinquance de plus en plus importante et un territoire de plus en plus grand, il estime qu’il faut des effectifs conséquents. Il y a une défiance de plus en plus importante de la police. Les refus d’obtempérer sont presque systématiques selon lui. On l’a vu récemment souligne-t-il avec le conducteur du deux roues qui a foncé sur deux policiers.

Vendredi un jeune homme de 20 ans avait refusé de s'arrêter à un contrôle de police dans le quartier de la Reynerie. Il a été condamné en comparution immédiate à 10 mois de prison avec sursis.
 
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