TEMOIGNAGE. Crise du bio : charges trop lourdes et baisse des ventes, ces agriculteurs bios font le choix de repasser à des cultures conventionnelles

L'agriculture bio est en crise. De plus en plus d'agriculteurs bios songent à se reconvertir dans les cultures conventionnelles. 2 et 4% des agriculteurs en Occitanie ont même abandonné totalement le bio. Voici le témoignage de l'un d'eux, installé à Gardouch en Haute-Garonne.

Surproduction, hausse des charges et marché à bout de souffle, le secteur de l'agriculture bio est en crise. Au point que certains songent à abandonner. Voici le témoignage de l'un d'entre eux.

Retour au conventionnel

Julien Bourronet a 25 ans. Il travaille à Gardouch en Haute-Garonne avec son Père, qui l'a initié à l'agriculture bio. Mais en septembre 2023, ils ont décidé de dé convertir une grande partie de leurs champs et de revenir à une production conventionnelle.

"Cette parcelle, c'était un champ de blé tendre bio", explique l'agriculteur. "Aujourd'hui on a totalement changé sa destination. On est en train de semer du tournesol conventionnel. On comptait poursuivre le bio encore pendant 10 ans mais force est de constater que c'est un échec".

La faute à l'inflation

Au total sur les 200 hectares que Julien et son père possèdent, 100 ont été repassés en conventionnel. Cela a bien sûr nécessité un temps d'adaptation : "C'est complexe", confie Julien. "Remettre des produits et des engrais, on y était plus habitué". Cela fait maintenant trois ans, que l'agriculture bio est touchée par la crise. Mais tout s'est accéléré avec la guerre en Ukraine et l'inflation qui touche la France.

"Aujourd'hui on a des coûts de production qui ont augmenté sur le gaz, l'électricité et les pièces détachées des machines", témoigne le jeune agriculteur. "A contrario de ces charges qui augmentent, on a connu une forte diminution de nos ventes. On est passé ces derniers temps sur une baisse de 50% des recettes en bio".

Le bio ne fait plus recette

Même constat à Interbio, qui regroupe les acteurs de la filière régionale. Dans cette boutique, les agriculteurs bios n'arrivent plus à écouler leurs produits : "Comme il n'y a pas assez de consommation de produits bio, leurs récoltes leur sont achetées au prix du conventionnel", explique Nancy Fauré, Directrice de l'association interprofessionnelle "Intebio-Occitanie".

"Ça ne couvre pas leurs coûts de production", reconnaît-elle. "Donc forcément, économiquement, ils ne s'en sortent pas. Et certains font le choix de repasser en agriculture conventionnelle".

2 et 4 % des agriculteurs ont totalement arrêté le bio en 2023. Julien, quant à lui, se laisse encore quelques mois pour se décider.