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Tarbes : l'enquête pour favoritisme concernant le maire UMP Gérard Trémège en 4 questions (et 4 réponses)

© AFP
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Gérard Trémège, maire UMP de Tarbes, ainsi que plusieurs autres personnes ont été interpellés et placés en garde à vue dans le cadre d'une enquête sur des faits présumés de prise illégale d'intérêt sur fond de marchés immobiliers. Le point sur ce dossier.

Par Véronique Haudebourg

Le maire UMP de Tarbes, Gérard Trémège, ainsi que 8 autres personnes ont été ce matin interpellés et placés en garde à vue dans le cadre d'une enquête sur des faits présumés de favoristisme dans la passation de marchés publics. Parmi les gardés à vue, Michel Forget, l'adjoint aux travaux de la municipalité tarbaise et Joris Ducastaing, architecte, Isabelle Bonis, compagne de Gérard Trémège et directrice de la SEMI, la société d'économie mixte financée par la ville de Tarbes qui construit des logements sociaux, Michel Caillaud, ancien directeur généraux des services de la municipalité et plusieurs responsables de service de la ville. 

Unnouveau rebondissement dans une enquête qui a débuté en 2013, un dossier où le premier magistrat n'avait jamais été entendu jusqu'à ce mardi. Gérard Trémège a toujours dénoncé un complot à son encontre et réclamé sa mise en examen pour avoir accès à un dossier qui selon lui, est vide.

Où en est-on sur le plan judiciaire ?


En septembre 2013, le parquet de Pau ouvre une information judiciaire contre X pour des faits de favoritisme dans l'attribution de marchés publics, de prise illégale d'intérêts et de recel.

En cause, la vente de terrains par la municipalité à des proches du maire, dont sa compagne, son fils ou des parents plus éloignés.

Plusieurs perquisitions ont eu lieu depuis à la mairie de Tarbes, dont une dans le propre bureau du maire en décembre 2013. Une douzaine de personnes ont été entendues dont deux fonctionnaires municipaux du service de l'urbanisme et la compagne de Gérard Trémège. Tous ont été remis en liberté.

Le maire n'a jamais été entendu ou placé en garde à vue dans cette affaire jusqu'à aujourd'hui.

A quoi s'intéresse la justice ?


La justice s'intéresse à plus de 200 marchés publics passés par la municipalité. 

Parmi lesquels, des terrains situés sur l'ancien arsenal. L'un à une société qui s'avère appartenir à son fils et un conseiller municipal, l'autre à un autre membre de sa famille pour y établir un restaurant qui n'a jamais vu le jour.

Autre dossier qui a fait couler de l'encre, celui de d'une maison rue Lamartine à Tarbes. En 2005, la municipalité cède une ruine pour 15 000 euros à une SCI en cours de constitution selon le journal Mediapart. La SCI appartient pour moitié à la compagne de Gérard Trémège, chose que les élus du conseil municipal ignoraient. Une compagne qui deviendra directrice de la SEMI, la société d'économie mixte financée par la mairie pour construire du  logement social. Après une rénovation complète, sur laquelle la justice se demandera s'il n' y a pas eu des passe-droit en matière d'urbanisme, la maison sera revendue plus de 400.000 euros.

Epluchés aussi, la construction de la halle Brahauban, un marché de communication avec Lourdes Infos ou encore des frais de  réception après la réelection à la mairie de Gérard Trémège en 2014. Les enquêteurs  sont allés vérifiés s'ils avaient bien été réglés par le compte de campagne du  premier magistrat et non par la mairie.

Quelle est la  position de Gérard Trémège ?


Gérard Trémège est maire UMP de Tarbes depuis 2001. Il est également vice-président au conseiller régional où il est l'une des principales figures de la droite.

Dans cette affaire, Gérard Trémège a toujours clamé son innocence et crié au complot qui, selon lui, serait initié par son adversaire politique le député socialiste Jean Glavany. Depuis des mois, il répète qu'il n'a pas été entendu et qu'il ne demande qu'à l'être pour être blanchi. Pour lui, sa mise en examen lui permettrait d'avoir accès à un dossier qui ne peut être que vide.

Quid des affaires dans l'affaire ?


Gérard Trémège affirme en février 2014 vouloir porter plainte pour diffamation, dénonciation calomnieuse et violation du secret de l'instruction. Le journal en ligne vient en effet de publier un article révélant des détails du dossier et mentionne un redressement fiscal dont le maire de Tarbes a fait l'objet  de plus de 440 000 euros dont 130 000 euros de pénalités. La plainte a été classée sans suite.

Autre affaire dans l'affaire, celle impliquant la procureure de Tarbes Chantal Firmigier-Michel, qui, toujours selon Médiapart, aurait informé l'entourage du maire sur l'avancée de l'enquête. C'est ce qu'auraient révélé des écoutes de la gendarmerie. Une mise en cause formellement démentie par les intéréssés. La magistrate a demandé une inspections des services judiciaires.

Enfin, dernier volet plus technique, lors d'un récent conseil municipal début février 2015, Gérard Trémège demande le paiement de ses frais de défense par la municipalité au titre de la protection fonctionnelle. Une procédure classique mais prématurée pour l'opposition puisque le premier magistrat n'a même pas été entendu. Opposition qui a dans la foulée quitté le conseil.

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