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Procès pour matricide à Tarbes : la fragilité psychologique de la victime en question

Le Palais de Justice de Tarbes / © CC - BY - SA / Florent Pécassou
Le Palais de Justice de Tarbes / © CC - BY - SA / Florent Pécassou

L'accusé de 24 ans comparait pour le meurtre présumé de sa mère adoptive. Les faits se seraient déroulés il y a six ans, le corps de la victime n'a jamais été retrouvé.

Par France 3 avec AFP

Le procès de Daniel Aventur, jeune homme de 24 ans soupçonné d'avoir tué sa mère adoptive en 2013, s'est ouvert ce lundi 21 janvier devant les assises des Hautes-Pyrénées à Tarbes. Ce troisième jour d'audience a été marqué par le témoignage du frère de la victime qui l'a dépeinte comme une femme fragile psychologiquement.

La mère de l'accusé, Dominique Aventur, 57 ans, était enseignante d'histoire-géographie en arrêt maladie pour dépression depuis mars 2012. Elle a mystérieusement disparu de son domicile de Loucrup, entre Tarbes et Bagnères-de-Bigorre, un an plus tard, en mai 2013. Son corps n'a jamais été retrouvé.
 

Partie civile aux procès, son frère François Aventur a évoqué une "relation d'autorité pure et simple" entre mère et fils. "Elle n'avait aucun investissement en termes d'affect, aucun geste d'affection. (...) Elle a mis progressivement en place un éloignement systématique vis-à-vis de Daniel", a-t-il expliqué.

 

"Maltraitance morale"


Il a toutefois assuré n'avoir "jamais été témoin de violences physiques de la part de Dominique", décrivant plutôt "une forme de maltraitance morale". L'accusé de 24 ans s'était dit victime de violences de la part de sa mère, lors du premier jour du procès lundi.

Pendant plusieurs heures, François Aventur a décrit sa soeur comme étant obsédée par "des idées complotistes". "Même quand elle allait faire ses courses, elle se sentait observée et suivie."

Egalement appelé à témoigner à la barre, le docteur Pierre Ferrand, un médecin généraliste à la retraite qui a suivi Dominique Aventur entre 2004 et 2013, a, lui, parlé d'une personne "ayant probablement des troubles psychiatriques", qui "refusait tout traitement".

"J'ai trois convictions, a lancé François Aventur. La première, c'est que ma soeur est décédée. La deuxième est qu'elle a été tuée et ne s'est pas suicidée. Et enfin la dernière, c'est que Daniel est la dernière personne à l'avoir vue."

 

"J'ai menti mais je n'ai pas tué mère"


Assurant ne pas être dans un esprit de "vengeance", il a mis en avant le besoin pour sa famille de savoir ce qui s'est passé et où est le corps, "pour faire son deuil sereinement".

"J'ai fait beaucoup d'erreurs, j'ai menti, mais je n'ai pas tué ma mère", a répété, en pleurs, l'accusé, adopté à l'âge de sept ans en Haïti puis régulièrement placé en foyer et en famille d'accueil. 

"Avez-vous alors une idée sur ce qu'il s'est passé ?", lui a lancé la présidente. "Une mauvaise rencontre qui n'a rien à voir avec moi", a-t-il répondu. La journée de mardi a mis en évidence les contradictions de Daniel Aventur, qui a changé plusieurs fois de version lors de sa garde à vue.

Le procès doit se poursuivre avec l'expertise psychologique de l'accusé, l'audition d'éducateurs l'ayant côtoyé et de la famille d'accueil où il a été placé peu de temps après son adoption.  Le verdict est attendu vendredi soir. Daniel Aventur encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

 

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