Découverte de la "banque de plantes" à Montpellier, maillon essentiel de la transition écologique

Publié le Mis à jour le
Écrit par Bérénice Del Tatto

Montpellier abrite depuis peu un centre mondial de recherche sur les plantes. Arcad, c'est son nom, est dédié à la conservation et à l'étude génétique des végétaux.

Les plantes méditerranéennes et tropicales sont chouchoutées à Montpellier. Bien conservées et rigoureusement étudiées, elles sont au cœur de l'activité du laboratoire Arcad. Cet institut participe à la conservation des espèces végétales ainsi qu'à l'étude de leurs ressources génétiques. 

Cofinancé par la région Occitanie et la métropole de Montpellier, cette "banque de plantes" est l'un des maillons essentiels de la transition alimentaire et agro écologique à l'échelle mondiale.

50 000 variétés de graines

L'espace de conservation accueille 1652 variétés différentes, et ce rien que pour le maïs ! Le centre entend protéger la diversité et mieux connaitre les différentes variétés. Pour se faire, 50 000 variétés de graines sont présentes dans les rayonnages du centre.

Les différentes espèces sont conservées dans une chambre froide de 104 mètres cube, entre -1 et -4 degrés. Une technologie de pointe, comme un robot unique en Europe, permet de gérer les semences sans entrer dans la chambre.

Une conservation "dynamique"

Augmentation des températures, des périodes de sécheresses, de la salinité des sols, les enjeux sont multiples. La caractérisation des variétés passe par les outils de recherche les plus performants. Analyse par image, par laser. Ici par exemple on étudie la complémentarité des plantes entre elles.

Notre but est de faire sortir ces semences pour qu'elles s'adaptent un nouvel environnement. Ensuite elles reviennent dans la chambre afin qu'il y ait un échange régulier entre la chambre froide et l'environnement extérieur

Paule Teres, responsable au CIRAD

Un laboratoire aussi à ciel ouvert

Vérifier comment certaines variétés s'associent et coopèrent, ça se passe aussi en dehors du laboratoire, en plein champs, comme ici avec différentes variétés de blés durs. L'ingénieur Martin Ecarnot explique : "On va faire un semi avec 50% de chacune des deux composantes. À la récolte on aura pas 50-50 une des deux variétés aura pris le dessus."

Les analyses ne s'arrêtent pas là, elles vont au plus profond de l'ADN, dans les laboratoires de Génotypage. "Le même arbre répliqué deux fois peut avoir des morphologies différentes. Nos outils moléculaires expriment la vraie différence génétique qu'il y a entre les plantes et ça permet de conserver une collection génétique représentative de l'espèce" détaille Sylvain Santoni, ingénieur à l'INRAE.

La cryoconservation utilisée

Autre méthode utilisé, la cryoconservation. Les plantes sont conservées dans de l'azote liquide, à - 180°. Une technique particulièrement pointue et prometteuse,

théoriquement la plante peut être conservée quasi éternellement.

Près d'une centaine de chercheurs de 4 instituts différents travaillent ici. La diversité génétique des plantes est entre de bonnes mains pour améliorer l'agriculture de demain.



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