Montpellier : Daniel Malgouyres seul contre tous au procès du cambriolage mortel du jardin Saint-Adrien 

Publié le Mis à jour le
Écrit par Josette Sanna
Daniel Malgouyres - archives
Daniel Malgouyres - archives © F3 LR

Désigné par ses co-accusés comme le commanditaire d’un faux cambriolage destiné à éliminer et spolier son épouse, le propriétaire de ce qui fut le Jardin préféré des Français clame son innocence.

Trois hommes, une femme. Trois accusés et deux versions qui s’affrontent. Voici les personnages principaux d’une affaire aux multiples rebondissements.

Daniel Malgouyres, 72 ans : seul contre tous

C’est le personnage principal de cette incroyable affaire. Le 5 octobre 2017, il tue un cambrioleur et met en fuite un second. Il est désigné comme étant le commanditaire du faux cambriolage destiné, selon ses co-accusés à spolier son épouse. Il clame son innocence depuis le début de l’affaire. Il maintient qu’il a été victime d’un home-jacking. Il nie avoir voulu attenter à la vie de sa femme.

« Ils étaient mariés sous le régime de la communauté universelle qui prévoit que les époux partagent tout ce qu’ils ont acquis pendant leur mariage et en cas de divorce, ils repartent avec tout ce qu’ils possédaient avant et partagent le reste.  Au moment où ils ont envisagé de divorcer, ils se sont aperçus que le jardin n’appartenait qu’ à Daniel Malgouyres, il a voulu modifier l’acte notarié afin qu’elle bénéficie de la moitié du terrain ( estimé à 5 millions d’euros).  S’il avait voulu être de mauvaise foi, il n’aurait pas signé cet acte : c’est une des preuves de son innocence, mais personne ne veut la voir », soutient Me Jean-Marc Darrigade, son avocat.

Pour faire disparaître cet acte, il aurait fallu faire disparaître l’épouse, or cette accusation n’existe pas. On est face à un homme qui a fait don d’un domaine qui vaut plusieurs millions d’euros.. On grossit les traits dans cette histoire. 

Jean-Marc Darrigade, avocat de Daniel Malgouyres

Daniel Malgouyres est jugé pour meurtre et tentative de meurtre, complicité de tentative d’extorsion en bande organisée et association de malfaiteurs.

Richard Llop : l’homme aux deux visages

C’est un personnage-clé de l’affaire. Il dirige une ferme équestre à Aubais dans le Gard. Il reconnaît sa participation mais dit avoir agi sur ordre de Daniel Malgouyres. « Daniel Malgouyres a accusé à tort et à travers dans le dossier. Depuis le début, il essaie de manipuler tout le monde », affirme Me Isabelle Mimran son avocate. Richard Llop c’est l’ami des Malgouyres. Il connaît tous leurs secrets ou presque et les moindres recoins du jardin et de l’intimité du couple. A la fois confident et moniteur d’équitation de madame, il fournit des alibis à monsieur pour qu’il puisse aller rejoindre sa maîtresse. Richard Llop est criblé de dettes. François Malgouyres l’aide de temps en temps financièrement. Après le vrai-faux cambriolage, et l’incarcération de Daniel Malgouyres, il va cacher 100 000 euros que lui a confiés madame. Une somme d’argent qu’il n’a pas l’intention de rendre à sa propriétaire.  Alors qu’il est en prison, Richard Llop se procure un téléphone portable clandestin. Il parle. Beaucoup. Il ne sait pas qu’il est sur écoute.

Tu sais, le truc que nous a apporté Françoise, on va le bouger et le garder pour nous .

Richard Llop

Préviens l’autre pour qu’il vienne avec son tractopelle". Les enquêteurs surveillent discrètement la ferme d’Aubais lorsqu’ils voient arriver l’engin en question. Ils vont déterrer un bidon bleu dans une écurie. 100 000 euros dissimulés sous le box du cheval de Françoise Malgouyres. La justice soupçonne Richard Llop, d'avoir dans un premier temps tenté de recruter une équipe de Grenoblois pour le home-jacking. Il les emmènera faire des repérages à Servian mais « ils ne sentent pas le truc ». Ils ne donneront pas suite. Richard Llop se serait ensuite tourné vers Jean-Pierre Bruno qui aurait demandé à son fils d’organiser le faux braquage.  Il est mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de préparer un crime, et de complicité de tentative d’extorsion en bande organisée. Il soutient que le braquage a été téléguidé par Daniel Malgouyres.

Richard Bruno (57 ans) : le deuxième braqueur

Lorsqu’il s’enfuit après le cambriolage raté, Richard Bruno perd une cagoule dans les jardin de Saint-Adrien. Elle est retrouvée le lendemain du home-jacking par le fils des propriétaires. Sur cette cagoule il y a un ADN : celui de Richard Bruno. L’homme est arrêté douze jours après les faits à Perpignan. Premier coup de théâtre : il désigne Daniel Malgouyres comme étant le commanditaire du cambriolage. Un cambriolage destiné à récupérer de l’argent : 200 000 euros cachés dans un coffre-fort dont seule Françoise Malgouyres connaissait la combinaison.

L'homme, patron d'un snack à Perpignan rêvait d’être joueur de poker professionnel. Il reconnaît sa participation à ce qui est selon lui un faux home-jacking « auquel il dit avoir accepté de participer car il était sans risques étant donné qu’il était organisé par le propriétaire des lieux »

Jean-Pierre Bruno, 81 ans au moment des faits, est le père de Jean-Pierre et un ami de Richard Llop. Un ancien manadier gardois . Il est soupçonné d’avoir conduit la voiture ayant servi au cambriolage. Il ne sera finalement pas jugé au cours du procès qui s’est ouvert en raison de problèmes de santé.

Françoise Malgouyres, la victime

Sur les bancs de la partie civile : Françoise Malgouyres. Une femme en quête de vérité. Cette histoire n’est-elle qu’un simple cambriolage qui a mal tourné ? Qui l’a commandité ? Etait-ce ou non son mari ? Voulait-il lui faire peur et l’écarter définitivement du domaine ? A t-il voulu l’éliminer ? A-t-on voulu attenter à sa vie et ce d'autant plus qu'elle était déjà très affaiblie suite à un accident de cheval survenu quelques mois avant le cambriolage.

Elle  a été, ce jour-là, l’objet d’un véritable guet-apens.

Frank Berton, avocat de Françoise Malgouyres

Quatre hommes auraient du être sur le banc des accusés. Il ne seront plus que trois, le cas du quatrième Jean-Pierre Bruno, très âgé 85 ans et malade a été disjoint. C’est le père du deuxième cambrioleur : Richard Bruno ( 57 ans).

Les jurés de la cour d’assises ont trois semaines pour tenter de démêler l’écheveau d’une histoire loin d’avoir livré tous ses secrets.

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