En Occitanie, les patrons de discothèques espèrent rouvrir le 10 juillet, malgré les contraintes liées au coronavirus

Des discothèques revisitées en mode Covid-19, sans brassage, ni piste de danse mais rouvertes pour la saison estivale, après plus de 3 mois de fermeture. A l'issue d'une réunion interministérielle, les syndicats des établissements de nuit étaient satisfaits de l'avancée des négociations.
Steve Guillot, le gérant du Mexx à Vauvert dans le Gard, espère que la date du 10 juillet sera la bonne. Il veut rouvrir son établissement le plus vite possible.

Nous voulons rouvrir, nous n’avons plus le choix. Tant pis si c’est contraignant ou si on ne fait pas une grosse saison. Il faut au moins payer les charges et garder notre clientèle.

Steve Guillot, gérant du Mexx à Vauvert

Depuis le 22 juin et la réouverture des restaurants et des bars, notamment des bars musicaux, les gérants des établissements de nuit ne décolèrent pas. Même si certains établissements, qui disposent d'un restaurant ou sont enregistrés à la préfecture comme "bar musical" et pas seulement discothèque, ont repris une partie de leurs activités.

Mi-juin, le "communitee manager" (CM) de la Dune, qui gère les réseaux sociaux de cet établissement emblématique de l'été à la Grande-Motte dans l'Hérault, a illustré avec humour la difficulté des professionnels à obtenir une information sur leur réouverture.

La direction de la Dune, qui est aussi l'une des plus grandes discothèque du sud de la France, a pris sa décision: ouverture le 10 juillet.

Nous ouvrirons le 10 juillet, soit sous la forme d'un bar musical, soit sous celle d'une discothèque sans piste de danse, selon la décision prise par le gouvernement. nous avons préparé les deux scénarios. 

Maxime Dagneaux, responsable communication de la Dune à la Grande-Motte

Négociations serrées

Après 3 mois d'inactivité, les établissements de nuit, qui se plaignaient d'être les grands perdants du déconfinement, ont pu entamer des négociations avec le gouvernement.

Mercredi 30 juin, les deux syndicats représentatifs du secteur ont été reçus lors d'une réunion interministérielle. Et ils en sont sortis plutôt satisfaits.

"Aujourd'hui, nous avons été écoutés et entendus", a déclaré à l'AFP, Thierry Fontaine, président de la branche nuit de l'Umih, principal syndicat de l'hôtellerie restauration.
Le Syndicat national des discothèques et des lieux de loisirs (SNDLL) a lui regretté dans un communiqué que "ni le représentant de la Santé, ni celui du ministère de l'Intérieur, prévus, ne soient venus", fustigeant "le peu de considération portée au secteur".

Selon les chiffres du SNDLL, 1 600 établissements de nuit (200 en Occitanie), réalisent en France un milliard d'euros de chiffres d'affaires par an et représente 25.000 emplois. Malgré ce poids économique, les professionnels se sentaient "délaissés" par l'Etat, avec pour unique perspective une éventuelle réouverture en septembre. Ce qui, toujours selon les syndicats, mettrait à mal toute la profession.

Dans nos métiers, nous pouvons affronter une petite saison mais pas une "non saison". Si les clubs ne rouvrent pas la semaine prochaine, ça va être un massacre : on estime que seuls 400 à 500 établissements vont survivre.

Jean Roch Pedri, DJ et gérant de plusieurs discothèques dont le VIP Room à Saint-Tropez


Une pétition en ligne a été lancée jeudi 25 juin, par des acteurs indépendants de la scène musicale et festive. Les salles de concerts et les festivals se heurtent à des mesures barrière peu compatibles avec leur modèle économique.

Dans des propos relayés par l'AFP, les professionnels font valoir que des fêtes clandestines s'organisent en France sans précautions sanitaires, autant "d'occasions de contamination, sans aucun moyen de tracer l'épidémie" de coronavirus, alors que les discothèques sont, elles, équipées de "systèmes de désenfumage qui renouvellent intégralement l'air toutes les 8 à 10 minutes".

Sur les réseaux sociaux, la direction du Mexx a partagé jeudi 2 juillet une vidéo d'une soirée du 30 novembre 2019, "des images positives, des images qui représentent le monde de la nuit.... Nous nous battons pour trouver des solutions afin de retrouver nos folles soirées dans un esprit de fête et de sécurité sanitaire". 

Un protocole sanitaire contraignant

Les exploitants de discothèques travaillent avec le ministère de la Santé à un protocole sanitaire qui "garantit la sécurité du personnel et des clients", selon Patrick Malvaes, président du Syndicat national des discothèques et des lieux de loisirs (SNDLL).

Pour rouvrir le plus rapidement possible, les patrons de discothèques sont prêts à sacrifier leur piste de danse : des tables type mange-debout seront installées sur les espaces de danse pour que les clients danse autour en restant avec leur groupe d'amis.

Nous avons proposé de mettre des tables sur les pistes de danse : les groupes resteront entre eux et danseront à proximité de leur table. On veut éviter que des gens venus des quatre coins de la France se retrouvent à 300 pour danser et repartent chez eux propager le virus.

Thierry Fontaine, président de la branche nuit de l'Umih


En outre, les professionnels inciteront leurs clients à télécharger l'application StopCovid, et à se laver les mains régulièrement avec du gel hydroalcoolique. Une distanciation physique sera maintenue, notamment dans les fumoirs.

"Pas de piste de danse, c'est le plus contraignant", reconnaît Steve Guillot, gérant du Mexx à Vauvert. "Mais on a envie de bosser. S'il faut sacrifier les pistes de danse pendant 2 mois, on le fera. Et on fera tout pour que les clients respectent le protocole. Il faut qu'on montre qu'on en est capable, il en va de notre survie".

Les professionnels souhaitent aussi que les établissements disposant de pistes de danse extérieures puissent exploiter ces espaces en plein air, avec le même protocole sanitaire, rapporte l'AFP.
Une fois ce protocole finalisé avec le ministère de la Santé, un Conseil de défense, dont la date n'est pas encore arrêtée, pourrait fixer officiellement une date de réouverture pour les discothèques. 
 
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