Colère des agriculteurs. "Tous sur la route avec vos bottes et vos marinières" : les ostréiculteurs de Méditerranée rejoignent le mouvement

Ils disent partager les mêmes problèmes et revendications : les ostréiculteurs de Méditerranée vont se joindre au mouvement de colère des agriculteurs. Vendredi matin, ils se donnent rendez-vous au péage de Sète pour participer à une opération escargot commune sur l'autoroute A9 jusqu'à Montpellier. Une première action, mais pas la dernière, promettent-ils.

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Le mot d'ordre a été diffusé ce matin par le Comité régional de conchyliculture de Méditerranée (CRCM) :  "tous sur l'A9" vendredi 26 janvier 2024 dès 8 heures pour une opération escargot commune qui convergera vers les jardins du Peyrou à Montpellier. C'est par ce communiqué que les ostréiculteurs d'Occitanie annoncent leur ralliement au mouvement de colère des agriculteurs. En première ligne : les professionnels du bassin de Thau, las des crises sanitaires à répétition et des réponses réglementaires qui n'arrivent pas.

Pour Patrice Lafont, ostréiculteur près de Sète (Hérault) et président du CRCM, cette convergence des luttes est une évidence :

Nous sommes une filière du monde agricole, élus en chambres d'agriculture et aussi membres des syndicats FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles) et JA (Jeunes agriculteurs). Sur le fond, on a les mêmes difficultés et nos revendications sont les mêmes.

Patrice Lafont, président du Comité régional de conchyliculture de Méditerranée

L'inaction de l'État pointée du doigt

Fin décembre, les ostréiculteurs avaient envisagé une action nationale à la suite des suspensions de vente récurrentes pour raisons sanitaires qui touchent tous les bassins de production. Mais les agriculteurs "sont partis avant" et il était par conséquent "normal que la profession se joigne au mouvement", selon Patrice Lafont, très en colère contre l'absence de réponse de l'État.

Quel est aujourd'hui le soutien de l'État face aux aléas d'origine humaine ou climatique sur lesquels on alerte depuis des années ? On est sans réponse, autant sur la réglementation, les problèmes de revenus, l'explosion des charges, des coûts de l'énergie, la concurrence déloyale et les normes qui diffèrent au sein même de l'Union Européenne.

Patrice Lafont, président du Comité Régional de Conchyliculture de Méditerranée

Des réponses attendues

L'un des objets principaux de leur colère, c'est la qualité de l'eau : les ostréiculteurs estiment que l'État ne leur garantit pas qu'elle soit conforme avec la pratique de leur activité, la sécurité des consommateurs et les réglementations européennes.

Patrice Lafont en veut pour preuve la démarche, pionnière en France, entamée par les producteurs de l'étang de Thau, au nord de Sète dans l'Hérault. En 2021, ils ont signé un contrat de filière et se sont engagés dans une trentaine d'actions : "le seul domaine qui n'a pas évolué, c'est le domaine réglementaire. Mais la loi, c'est pas nous, c'est l'Etat !"

On marche sur la tête : le slogan des agriculteurs est véridique ! On nous écoute mais on nous répond pas : forcément, ça crée des frustrations.

Patrice Lafont

Tenir jusqu'au salon de l'agriculture

Pour autant, il ne peut prédire l'ampleur que prendra la mobilisation de vendredi, car beaucoup d'ostréiculteurs héraultais fonctionnent en vente directe et prennent traditionnellement la route dans la nuit du jeudi au vendredi pour aller livrer et écouler leur production. Mais "il y aura d'autres actions". Car à très court terme, il ne pense pas obtenir de mesures concrètes. "Je pense que le mouvement va tenir jusqu'au Salon de l'agriculture" qui démarre le 24 février à Paris, confie Patrice Lafont.

Vendredi noir sur l'A9

En attendant, agriculteurs et ostréiculteurs se rejoindront donc sur l'autoroute A9 ce 26 janvier 2024, entre Béziers et Montpellier, où le préfet de l'Hérault devrait aller à leur rencontre. L'A9 qu'il faudra décidément éviter ce jour-là car les viticulteurs de l'Aude s'y sont aussi donné rendez-vous dès les première heures de la matinée à Narbonne, où ils convergeront en convois depuis les péages de Trèbes, Lézignan-Corbières et Sigean.

Une action également coordonnée avec les exploitants des Pyrénées-Orientales, du Gard et du Vaucluse.

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