Guerre en Ukraine. Chiens, chats... Quel accueil pour les fidèles compagnons de l'exil des réfugiés ?

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Écrit par Aline Métais .

C'est une donnée inédite dans une crise humanitaire. En pleine guerre, les Ukrainiens partent avec leur animal de compagnie. Il faut trouver des logements adaptés en France et les ravitailler en croquettes.

Jamais sans ma boule de poils ! Même en pleine guerre, les Ukrainiens partent avec leur animal de compagnie.  

A l'aéroport de Lublin en Pologne, les Ukrainiennes qui fuient les bombardements ont peu de bagages, elles ont tout quitté. Anna, 15 ans, se désole : "j'ai quitté mes chats, mes chiens, ma grand-mère, mes oncles, toute ma famille et mes proches en Ukraine ! C'était vraiment difficile."

Une petite fille a pu partir avec son chien, il est installé dans le chariot avec les bagages. Elle le caresse, une façon de se rassurer au moment de partir dans l'inconnu. 

Car les animaux de compagnie font partie de la famille. Certains refusent de partir d'Ukraine si leur animal préféré ne fait pas partie du voyage.

Eric Goldinger, directeur adjoint au Conseil départemental des Alpes-Maritimes s'est occupé de l'exfiltration de 148 réfugiés ukrainiens. Principalement des femmes et des enfants car les hommes restent mobilisés de 18 à 60 ans. 

C'est pour lui une donnée inédite dans une crise humanitaire. Une donnée que les autorités ont dû prendre en compte dans l'urgence. 

Quid du passeport vaccinal ?

Au moment de partir, il a fallu mettre les animaux en règle : les chats et les chiens ont le droit de voyager en Europe, de prendre l'avion mais avec un passeport vaccinal. Un passeport d'autant plus important que la rage sévit encore en Ukraine. Sauf que tous les réfugiés n'en avaient pas.

Mais face à l'urgence, une dérogation permet aujourd'hui à tout réfugié ukrainien entrant dans l’Union européenne d’être accueilli en France avec son animal.  

Car en temps normal, chiens et chats en provenance d'Ukraine entrant dans l'Union européenne doivent habituellement répondre aux exigences réglementaires suivantes :

  • animal identifié ;
  • animal valablement vacciné contre la rage ;
  • animal titré avec résultat favorable -3 mois avant importation ;
  • accompagné d'un certificat sanitaire original.

Deux Yorkshires dans une caisse

Au départ de Lublin, quatre chiens, six chats et un cochon d'Inde ont embarqué. Le propriétaire d'un des toutous n'avait pas en sa possession le certificat de vaccination mais les services vétérinaires de la préfecture, ont accepté qu'il s'envole avec sa maîtresse. A une condition, qu'elle l'emmène en consultation au plus vite.

A l'aéroport de Nice Côte d'Azur, nous avons croisé Nadia qui a fui les bombardements de Mykolaïev avec ses deux enfants.

Depuis son arrivée, son fils est scolarisé en 6e à Mouans-Sartoux dans les Alpes-Maritimes, sa fille de 9 ans le sera prochainement. Elle transportait très peu de bagages, ils ont dû partir en catastrophe mais elle a eu le temps d'attraper les deux Yorkshires et de les mettre dans une caisse jaune. 

Les deux chiens ont donc suivi le même périple : en voiture jusqu'à la frontière, puis en bus jusqu'à l'aéroport (où un avion du département des Alpes-Maritimes l'a fait voyager) et en voiture jusqu'au logement de Mouans-Sartoux. Là, les deux Yorkshires peuvent profiter d'un jardin après leur périple.

Croquettes 

En revanche, pour le ravitaillement en croquettes, rien n'avait été prévu par les autorités. C'est Marco Kostenko, leur hébergeur, qui s'en charge. D'origine ukrainienne, il n'est pas étonné de l'attachement de ses compatriotes pour les animaux domestiques : "ils sont plus respectueux qu'en France, il n'y a pas d'abandon de chiens et de chats en Ukraine."

Des milliers de réfugiés ont traversé la frontière entre l'Ukraine et la Pologne avec des chats, des chiens, des tortues ou d'autres animaux, ne pouvant se résoudre à les abandonner.

Les autorités rappellent que les propriétaires des animaux doivent, dès leur arrivée, consulter un vétérinaire ou contacter la Direction Départementale du département dans lequel ils sont hébergés.

Mais comment financer les soins vétérinaires ?

Un partenariat nommé #VetsolidaireUkraine a été mis en place entre la Fondation Brigitte Bardot et Vétérinaires Pour Tous, pour que les frais soient pris en charge, sans avance par le réfugié. Ce protocole sanitaire, qui comprend  la vaccination, permet d’assurer la protection de l’animal et de la santé publique. L'objectif est de prévenir tout risque sanitaire lié à ces mouvements d’animaux : zoonoses, rage et trafics éventuels.

Il y a les animaux domestiques qui suivent le même parcours que leurs maîtres... et il y a ceux qui restent en Ukraine. On estime à 900.000 le nombre d'animaux domestiques restés en Ukraine. 

C'est pourquoi, le 9 mars, la Fondation Assistance aux Animaux a acheminé 4 tonnes de croquettes, des couvertures, des cages de transport et du matériel vétérinaire grâce aux dons récoltés dans les refuges de la région : Carros, Bellegarde et Toulon.

Une association polonaise doit assurer le transport et la distribution en Ukraine. Des associations ukrainiennes feront le déplacement jusqu’en Pologne pour y déposer des animaux et récupérer des fournitures.

Le retour des camions ne se fera pas à vide : des animaux feront route vers les refuges français pour y trouver réconfort et sécurité avant de rejoindre d'autres foyers plus sûrs.

    

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