Municipales à Marseille : “le parti, c'est moi” Bruno Gilles quitte Les Républicains

Le sénateur LR des Bouches-du-Rhône Bruno Gilles, candidat LR à la mairie de Marseille (Bouches-du-Rhône). / © David Rossi / MaxPPP
Le sénateur LR des Bouches-du-Rhône Bruno Gilles, candidat LR à la mairie de Marseille (Bouches-du-Rhône). / © David Rossi / MaxPPP

Le sénateur Bruno Gilles, candidat à la mairie de Marseille, a annoncé lundi sa décision de rompre avec sa famille politique, après l'investiture de Martine Vassal par Les Républicains pour les municipales à Marseille.

Par Sidonie Canetto

Il est libre Bruno Gilles. Et c'est par un tweet que le maire honoraire des 4ème et 5ème arrondissement de Marseille a annoncé sa démission du parti Les Républicains en fin de matinée, lundi 9 décembre.

"Je ne suis pas un dissident mais un candidat libre, sans parti politique", a insisté le sénateur des Bouches-du-Rhône, qui a annoncé démissionner aussi de son poste de président de la fédération LR des Bouches-du-Rhône.

Cette rupture avec Les Républicains fait suite à l'investiture de Martine Vassal, la présidente du département des Bouches-du-Rhône et de la métropole Aix-Marseille-Provence pour les municipales de 2020 à Marseille.

Une décision "réfléchie et pesée", précise le sénateur des Bouches-du-Rhône, pour qui, après une carrière politique construite à droite, cette rupture marque aussi un virage symbolique, celui "de [se] consacrer uniquement, exclusivement et totalement à Marseille, aux Marseillaises et aux Marseillais", indique-t-il dans un tweet.
"Ce n’est pas un choix simple. Ma première carte au RPR, je l’ai prise à l’âge de 18 ans. J’ai été 21 fois directeur de campagne, pour Jacques Chirac, pour Nicolas Sarkozy, pour Renaud Muselier, pour des législatives, des cantonales, pour moi évidemment. J’ai été quatre fois élu et ré-élu maire du 3e secteur, j’ai été député, je suis sénateur", égraine celui qui a aussi été pendant 25 ans membre de la majorité municipale de Marseille. 

Bruno Gilles l’affirme : il n’est pour l'heure aucunement question de se rapprocher d’un parti quel qu’il soit ou de créer son propre parti. "Les élections sont si proches, l’heure est au travail de terrain auprès des habitants".

Le sénateur précise rester au sein du groupe LR au palais du Luxembourg, comme apparenté.

L’investiture un choc ou un coup de pouce ?

Dès l’annonce de sa candidature en septembre 2018, Bruno Gilles avait indiqué qu’il poursuivrait avec ou sans l’investiture de son parti, un parti qu’il a souhaité "quitter par honnêteté intellectuelle" plutôt que "de se mettre en disponibilité", comme certains le lui recommandait.

Mais à l’heure de tourner la page de 41 ans de militantisme, "ce n’est ni l’aigreur, ni l’amertume ou encore la colère qui m’anime mais plutôt le désir d’acter ce qui s’est passé et d’aller de l’avant", assure-t-il.

En n’obtenant pas l’investiture, Bruno Gilles estime que c’est plus un coup de pouce, le désignant "ni comme l’héritier de Jean-Claude Gaudin ni comme l’investit", donc plus libre de ses mouvements, "plus libre pour composer ses listes sur les différents secteurs de la ville avec des personnalités de la société civile et moins du sérail politique".

Au fil de sa campagne, Bruno Gilles avait à plusieurs reprises fait des pas de côtés avec le bilan de l'équipe municipale en place, notamment après le drame de la rue d'Aubagne, où il avait pointé du doigt la gestion de l'habitat insalubre en centre ville. C'est pourquoi, il n'hésite pas a rappeler que sa concurrente aux municipales incarne la continuité.

"Ce sera à elle de porter l'héritage" de Jean-Claude Gaudin, à l'hôtel de ville depuis un quart de siècle, "même si elle n'aime pas ce terme".

Seul contre tous ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Bruno Gilles ne se sent pas comme l’outsider, dans un duel de David contre Goliath. Même s’il a quitté un parti aux rouages bien huilés pour les élections et notamment les municipales, "il y a un premier tour, il sert à se compter, alors comptons-nous".

"Ensuite, entre les deux tours, ça se fera secteur par secteur", a-t-il ajouté, "et quand on a 10%, on vaut de l'or", rappelant qu'il faut atteindre 5% des suffrages exprimés pour pouvoir fusionner avec une autre liste, et 10% pour pouvoir se maintenir au second tour.

Marine Pustorino fait le "choix de la liberté"

L’ancien maire des 4ème et 5ème arrondissements a reçu le soutien de Marine Pustorino qui l'a remplacé à la tête de ce secteur.

Elle a annoncé dans un communiqué jeudi 12 décembre qu'elle démissionnait de ses fonctions au conseil départemental : "Investie au quotidien auprès de Bruno Gilles dans son engagement pour Marseille, il n’est plus envisageable pour moi de poursuivre ces fonctions auprès de Martine Vassal" explique-t-elle.

"Le parti, c’est moi", lâche encore Bruno Gilles pour montrer qu’il est loin de partir esseulé dans cette campagne des municipales. Une petite phrase qui en dit long : "J’ai été réélu président de cette fédération, la 3e la plus importante de France en nombre d’adhérents, par près de 95% des votants il y a un an."

Tensions apaisées ?

Cette rupture avec son parti historique n’a pas engendré de crispation ou d’animosité avec les autres élus, selon le sénateur. Que ce soit Martine Vassal ou Jean-Claude Gaudin qu’il a croisé a plusieurs reprises, les relations sont tout à fait cordiales.

Il l’avoue cependant volontiers, au soir de l’annonce de l’investiture "il y a eu un petit moment de nostalgie par rapport aux moments vécus, aux souvenirs, mais la parenthèse est refermée, je garde que le bon et ne veut pas du tout m’appesantir ou devenir aigri."

Outre Bruno Gilles, Martine Vassal et Stéphane Ravier, les autres candidats en lice pour les municipales à Marseille sont le patron de l'UDE Christophe Madrolle, Stéphane Barles pour EELV et la sénatrice ex-PS Samia Ghali.
 
 Côté LREM, l'ancien président de l'Université Aix-Marseille, Yvon Berland, devrait être désigné lundi par la commission nationale d'investiture du parti.

Deux autres prétendants briguaient ce soutien, le député En Marche de Marseille Saïd Ahamada et Jean-Philippe Agresti, le doyen de la faculté de droit d'Aix-Marseille. Lassé d'attendre la décision de la direction nationale du parti, M. Ahamada avait annoncé sa candidature "quoi qu'il arrive" le 19 novembre.
 

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