Fossoyeur du château de la Rochepot, escroc international : 7 dates pour comprendre l'affaire Malinovsky

L'ex-propriétaire ukrainien du château de La Rochepot (Côte-d'Or) a été condamné en appel à 5 ans et demi de prison, lundi 27 mai. La confiscation de son bien a également été confirmée, clôturant après 10 ans une affaire rocambolesque d'escroquerie internationale.

Il aura fallu six ans pour parvenir à l'épilogue. Superbe édifice niché au cœur de la côte viticole de Bourgogne, le château de La Rochepot (Côte-d'Or) était empêtré depuis 2018 dans un tourbillon judiciaire qui semblait ne jamais devoir finir. Aujourd'hui, l'affaire touche cependant à sa fin : ce 27 mai, l'ex-propriétaire ukrainien a été condamné en appel à 5 ans et demi de prison.

Le château, autrefois repaire de 30 000 touristes chaque année, se dégrade lentement depuis le début de l'affaire. Mais grâce à la décision de justice, l'espoir d'une rénovation et d'une réouverture se fait plus vif : la confiscation du château ayant été confirmée, il pourra, à terme, être à nouveau vendu. Vente qui, si elle a lieu, pourra difficilement s'avérer plus malheureuse que la dernière en date.

2012 - Mise en vente du château

Cela fait maintenant 12 ans que le château de La Rochepot s'est retrouvé sur le marché. Bâti au XIIe siècle, l'édifice avait été acheté en 1893 par Cécile Carnot, l'épouse du président de la République de l'époque, Sadi Carnot. C'est son fils, à qui elle l'avait offert, qui l'a par la suite entièrement reconstruit et rénové. Inscrit au titre des monuments historiques, il est mis en vente pour environ 3 millions d'euros en 2012.

2016 - Le rachat

4 ans plus tard, le château trouve enfin preneur. L'identité des acheteurs demeure inconnue, même si la rumeur laisse entendre qu'ils viennent d'Europe de l'est. On sait cependant qu'ils ont l'intention de laisser l'édifice ouvert au public tout en le faisant vivre à travers divers événements. Une fête médiévale est d'ailleurs organisée dès l'année suivante et attire 1 500 personnes.

5 octobre 2018 - L'arrestation

Mais rapidement, tout s'effondre. Deux ans après le rachat, le 5 octobre 2018, les gendarmes arrêtent le propriétaire du château. On apprend qu'il s'agit d'un Ukrainien du nom de Dmitri Malinovsky, escroc suspecté de fraudes et blanchiment d'argent dans son pays d'origine. "Fugitif de haut rang" selon Europol, il est soupçonné d'y avoir volé plus de 12 millions d'euros puis de s'être fait passer pour mort afin d'échapper à la justice.

Trois complices présumés, un homme et deux femmes, sont arrêtés en même temps. 4,6 millions d'euros de biens sont également saisis, parmi lesquels une Rolls-Royce Phantom, des peintures de Salvador Dali et, surtout, le château. L'enquête, qui tournait à l'origine autour de l'acquisition dudit château, révèle finalement une escroquerie d'ampleur internationale.

11 octobre 2021 - Vente aux enchères

Pour les habitants de La Rochepot, c'est toutefois le début d'une longue période d'incertitude et de désespoir. Au fil des ans, ils voient le bâtiment se dégrader, sans entrevoir aucune issue à l'affaire. Puis un nouveau coup de massue s'abat sur le village : en octobre 2021, le mobilier du château est mis en vente. Ils lancent une pétition en ligne pour s'y opposer, mais malgré le soutien de milliers de personnes, les enchères se déroulent bel et bien le 11 octobre.

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La vente rapporte près d'un demi-million d'euros, bien plus que ce qui était attendu. Le ministre de la Culture a beau préempter certains effets, meubles et objets sont éparpillés aux quatre vents. L'une des pertes les plus difficiles est celle de la statue de Bouddha offerte par la dernière impératrice de Chine à Sadi Carnot, l'une des pièces maîtresses des enchères.

En se cotisant, les villageois parviennent cependant à sauver une statue de la Vierge à l'enfant, pour la somme de 5 000 euros. C'est là tout ce qu'il reste sur place du mobilier du château.

2022 - Première condamnation

Le temps de la justice est notoirement long - l'affaire en question n'a pas fait exception. Le procès de Dmitri Malinovsky et de ses complices présumés doit tout d'abord se tenir à Nancy (Meurthe-et-Moselle) en février 2022. Mais dès le jour de l'ouverture, il est renvoyé après que l'avocate d'Irina Malinovska, la mère du châtelain, dépose une requête en nullité.

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Le procès a finalement lieu en novembre 2022. Dmitri Malinovsky est alors reconnu coupable de blanchiment, usage de faux papiers d'identité, travail dissimulé et détention d'armes. Il est condamné à quatre ans et demi de prison, dont quatre ferme et six mois avec sursis, et 100 000 euros d'amende. Interdit de séjour en Bourgogne, il se voit aussi confisquer le château de La Rochepot.

27 mars 2024 - Procès en appel

Le prévenu fait appel de la décision, entraînant la tenue d'un nouveau procès en octobre 2023. Là encore, une procédure engagée par l'avocate de l'une des prévenues entraîne le renvoi de l'audience. Une nouvelle est prévue un mois plus tard, en novembre, mais est une nouvelle fois reportée à mars 2024.

Le procès se déroule le 27 mars 2024, sans qu'une décision soit prise. Il faut attendre le 27 mai, deux mois plus tard, pour que la justice confirme la culpabilité et aggrave les peines de Dmitri Malinovsky et d'autres prévenus, notamment son ex-maîtresse, Olga Kalina. Par le biais de son avocat, cette dernière a d'ores et déjà annoncé son intention de se pourvoir en cassation... ce que pourrait également faire Dmitri Malinovsky.

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