Mort de Jérôme Laronze : la Confédération paysanne ne pourra pas se constituer partie civile

Jérôme Laronze, un agriculteur de Saône-et-Loire, a été tué par des gendarmes venus l’interpeller en mai 2017
Jérôme Laronze, un agriculteur de Saône-et-Loire, a été tué par des gendarmes venus l’interpeller en mai 2017

Jérôme Laronze a été tué par des gendarmes en mai 2017 à Sailly, en Saône et Loire, suite un contrôle vétérinaire qui a mal tourné. La Confédération paysanne voulait se constituer partie civile. Sa demande ayant été rejetée, le syndicat avait déposé un recours qui vient d'être rejeté à son tour.

Par B.L.

Jérôme Laronze, éleveur bovin à Trivy, en Saône-et-Loire, a été abattu par deux gendarmes le 20 mai 2017.

L’agriculteur, âgé de 37 ans, était en cavale depuis neuf jours quand il a été localisé par les forces de l’ordre. Il était recherché depuis le 11 mai 2017. Ce jour-là, lors d’un contrôle vétérinaire de son exploitation, il avait foncé avec son tracteur sur les forces de l'ordre qui accompagnaient les inspecteurs des services sanitaires.

Quand il a été retrouvé par les gendarmes, Jérôme Laronze se trouvait dans son auto. Alors que les deux militaires s'approchaient de lui, Jérôme Laronze a foncé sur eux. Se sentant menacés, les deux hommes ont ouvert le feu à plusieurs reprises. L’un d’eux a touché l’agriculteur de trois balles mortelles. Le gendarme avait été mis en examen  pour "violences avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner".




Mort de Jérôme Laronze : la Confédération paysanne ne pourra pas se constituer partie civile
La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon a rejeté aujourd'hui deux requêtes dans l'affaire Jérôme Laronze. Cet agriculteur de Saône-et-Loire avait été tué par un gendarme lors de son interpellation. La famille demandait de nouvelles expertises balistiques, tandis que la Confédération paysanne voulait se constituer partie civile. Les deux demandes ont été rejetées par la justice. - Le reportage d’Anne Berger, Damien Rabeisen, Emmanuel Picaut et Patrick Jouanin avec : -Me Julien Chauviré -Marie-Pierre Laronze, soeur de Jérôme Laronze -Laetitia Peyrard, avocate de la Confédération Paysanne



Pourquoi la Confédération paysanne voulait se porter partie civile ?



Aussitôt après le drame, la Confédération paysanne, dont Jérôme Laronze était adhérent, avait décidé de se porter partie civile, en accord avec la famille. Pour le syndicat, la mort de Jérôme Laronze est directement liée au fait qu’il était en conflit depuis plusieurs années avec les services d'inspection sanitaire.


"Jérôme Laronze, n'est pas celui qu'on décrit dans la presse comme un forcené ou un ultra violent", déclare Laurent Pinatel, porte-parole du syndicat agricole. Il le décrit plutôt comme "un paysan à bout". "Nous demandons un moratoire pour qu'on retrouve de l'intelligence et de la décence dans la manière dont on fait les contrôles" dans les exploitations […]  Si on a le signal d'alerte qu'il faut protéger les contrôleurs, ce ne sont pas les gendarmes qu'il faut envoyer, mais un médecin", car c'est le signe que l'agriculteur est "quelqu'un qu'il faut accompagner et soigner", précise le représentant du syndicat.

Le 25 avril dernier, la cour d'appel de Dijon avait examiné la demande de constitution de partie civile de la Confédération paysanne dans l'affaire Jérôme Laronze. Mais, cette requête avait été rejetée.
Le syndicat avait donc déposé un recours devant la chambre de l’instruction. Celle-ci s'est prononcée ce mercredi 30 mai 2018 et a rejeté la demande.

De leur côté, les sœurs de Jérôme Laronze avaient demandé qu’une autre expertise ballistique soit effectuée par un service extérieur à la gendarmerie. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Dijon a également rejeté leur recours ce mercredi.

L'affaire Jérôme Laronze est suivie de près un peu partout en France. C'est ainsi que vendredi 18 mai, le collectif « Hors-Norme » de Bretagne a rendu hommage à l'éleveur de Saône-et-Loire en occupant les locaux de la DDCSPP (Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations, les ex-services vétérinaires). Cette manifestation visait à dénoncer "le poids des normes en agriculture qui font disparaître les petits paysans".

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