Soldes d'été : bilan mitigé pour les commerçants dijonnais

Malgré des débuts positifs avec la présence des clients en boutique, les professionnels du commerce basés à Dijon (Côte-d'Or) font un bilan mitigé des 4 semaines de soldes d'été. Celles-ci se termineront ce mardi 27 juillet.
Les petites enseignes s'en sont mieux tirés durant ces soldes.
Les petites enseignes s'en sont mieux tirés durant ces soldes. © Houari Ayadi / France Télévisions

Dernière ligne droite pour les soldes. Après un mois de prix cassés dans les enseignes et magasins de toute la France, la période prendra fin ce mardi 27 juillet. L’ensemble des professionnels du commerce font déjà un bilan mitigé. À Dijon (Côte-d’Or), les indépendants s’en sont mieux tirés que les grandes enseignes.

Initialement prévu le 23 juin, le début des soldes d’été avait été retardé de 7 jours. Une décision prise par le gouvernement pour satisfaire les petits commerçants. Ces derniers souhaitaient en effet que la période durant laquelle ils pouvaient réaliser les marges les plus importantes dure assez longtemps pour relancer l’activité après leur réouverture le 19 mai.

Un engouement qui s’est essoufflé

Au niveau national, les soldes ont eu un effet positif durant les deux premières semaines. Entre le 30 juin et le 15 juillet, les professionnels ont constaté une augmentation de leur chiffre d’affaires de 4,5 % par rapport à la même période en 2020. Mais l’effet est rapidement retombé. Pour au final un bilan plus que mitigé.

Les professionnels dijonnais font le même constant que l’ensemble de leurs collègues du territoire. Si le démarrage a été plus dur en raison de la météo capricieuse qui a frappé la Côte-d’Or, les clients ont répondu présent après quelques jours. "Ça a mal démarré mais à partir du premier samedi, le monde est arrivé à Dijon. Depuis, les soldes n’ont pas trop mal fonctionné pour une bonne partie des commerçants, mais il n'y a plus le même engouement qu’avant", regrette Denis Favier, président de Shop in Dijon, association des professionnels du commerce.

Les indépendants s’en sortent mieux

La ville de Dijon compte 40 % de commerces indépendants. Ces derniers s’en sont globalement mieux sortis que les grandes enseignes lors de ces soldes d’été, avec pour certains une croissance à deux chiffres. "Les soldes des grandes enseignes, vous les retrouvez dans toutes les grandes villes, avec des offres similaires. Donc elles ne se démarquent pas. Il y a plus d’originalité et de diversité chez les indépendants", estime Denis Favier.

Emilie Chapey est conseillère de vente dans un de ces commerces indépendants dijonnais qui ont su tirer leur épingle du jeu durant ce mois de prix cassés. "Dans l’ensemble on s’en sort bien, souffle celle qui travaille pour la boutique de vêtements pour femmes Jad. Comme on est indépendant, on peut gérer nos stocks et nos livraisons comme on l’entend. Tout est approximativement parti".

D’un côté, il y a donc les petites structures avec des stocks moins importants qui ont pu être écoulés. De l’autre, les grandes enseignes avec un afflux de matière beaucoup plus volumineux qui n’ont pas réussi à tout vendre en marge des soldes. "La période a été en dent de scie. Les clients ont été très friands au début, puis ça s’est essoufflé. Il y a eu des jours décevants de notre point de vue", constate Mathilde Vlassoff, conseillère vente à Sergent Major.

Les soldes ne sont plus un évènement

Mais malgré des fortunes diverses, l’ensemble des professionnels font le constat de soldes qui ne séduisent plus autant les clients. "On a des ventes privées, des promotions et tout ça à longueur d’année. Ça tue l’essence même des soldes d’été et d’hiver", avance Denis Favier.

La commerçante indépendante Emilie Chapey partage la même vision. Pour elle, l’omniprésence des offres promotionnelles dans le secteur de l’habillement réduisent l’intérêt des acheteurs pour les soldes. "Ce n’est plus comme avant. Les gens n’attendent pas la période pour pouvoir acheter. Il faudrait des dates bien définies pour les soldes et ne plus avoir de promotions toute l’année".

Après le déconfinement du 19 mai, de nombreuses enseignes ont en effet proposé leurs produits à prix réduits afin d'attirer la clientèle. Avec à l'arrivée une hausse de 7 % du chiffre d'affaires selon la Fédération nationale de l’habillement en juin par rapport à 2020. Des chiffres qui restent tout de même inférieurs de 1 % à ceux de juin 2019.

Le gouvernement compte organiser des assises du commerce en septembre prochain afin de mettre sur la table l’ensemble de ces problématiques.

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