Nouveau gouvernement : qui pourrait devenir ministre parmi les personnalités de Bourgogne ?

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Écrit par Lisa Guyenne

Quels ministres pour le second quinquennat d'Emmanuel Macron ? Jean Castex a acté le fait qu'il allait présenter la démission de son gouvernement dans les jours à venir. En Bourgogne, les noms de plusieurs personnalités politiques pourraient être envisagés.

François Rebsamen : "J'attends des propositions et je ne me vois pas les accepter"

Le maire de Dijon a décliné, dès dimanche soir, toute volonté d’entrer au gouvernement. Au micro de France 3 Bourgogne après l’annonce de la réélection d’Emmanuel Macron, il déclare : “J’attends des propositions et je ne me vois pas les accepter. Pourquoi ? Parce que je suis à Dijon, maire de Dijon, et président de la Métropole.

François Rebsamen a pourtant l’expérience ministérielle : sous François Hollande en 2014-2015, Manuel Valls (alors Premier ministre) lui avait confié le portefeuille du Travail. Un ministère que François Rebsamen avait quitté au bout d’un an et demi pour retourner à la mairie de Dijon. Lors du remaniement de décembre 2016, RTL révèle que François Rebsamen a refusé le ministère de l’Intérieur que lui proposait François Hollande.

À le croire aujourd’hui, François Rebsamen compte plutôt peser dans le nouveau quinquennat à travers la “Fédération progressiste”, ce mouvement qui rassemble des anciens du PS qu’il a lancé récemment pour soutenir Emmanuel Macron. “Ca, c’est autre chose”, confie-t-il. “Je prendrai ma part, évidemment. Je pense qu’il faut les deux jambes pour avancer : la droite et la gauche, et la gauche a été un peu oubliée pendant quelques années du quinquennat précédent. Les deux dernières années ont été plutôt encourageantes avec le “quoi qu’il en coûte”. Maintenant, il faut continuer.”

Jean-Baptiste Lemoyne : va-t-il rester ?

Elu énateur de l’Yonne en 2014, Jean-Baptiste Lemoyne, issu des Républicains, fait déjà partie du gouvernement Macron. Secrétaire d’Etat chargé du Tourisme, des Français de l’étranger et de la Francophonie depuis l’été 2020, il est aussi en parallèle ministre délégué aux PME, un poste qu’il a repris fin décembre 2021 à la suite de la démission d’Alain Griset, condamné pour “déclaration incomplète ou mensongère” de son patrimoine.

Sauf que le portefeuille de Jean-Baptiste Lemoyne est sous tutelle du ministère de l’Europe et des affaires étrangères. Or, selon plusieurs titres de presse nationale (le JDD notamment), Jean-Yves Le Drian ne figurera pas dans le casting du nouveau quinquennat. Jean-Baptiste Lemoyne sera-t-il “recasé”... ou remercié ?

Fadila Khattabi, "bosseuse" et "tout à fait prête"

Députée LREM de la Côte-d’Or depuis 2017, vice-présidente de région de 2010 à 2015 et transfuge du Parti socialiste, Fadila Khattabi est aussi et surtout présidente de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Elle a récemment travaillé sur le dossier du scandale Orpea. Un poste qu’elle occupe depuis 2019, lorsque sa prédécesseure, Brigitte Bourguignon, quitte la commission… pour rejoindre le gouvernement, en tant que ministre déléguée à l’Autonomie. Fadila Khattabi suivra-t-elle la même trajectoire ? C’est encore tôt pour se prononcer, mais son entourage ne le cache pas : "Bien sûr, elle est intéressée et serait tout à fait prête".

Deux éléments pourraient faire pencher la balance en faveur de la Bourguignonne. D'abord, elle est proche d'Elisabeth Borne, l'actuelle ministre du Travail dont le nom circule pour remplacer Jean Castex à Matignon. "Elles ont souvent travaillé ensemble, et en très bonne entente." Autre avantage : "Dans la majorité, auprès du cabinet de Richard Ferrand, elle est reconnue pour son travail. C'est une bosseuse", assurent ses collaborateurs.

Quels portefeuilles pourrait-elle prendre ? Insertion, formation professionnelle, apprentissage, lutte contre les discriminations, égalité des chances... Des thèmes sociaux sur lesquels Emmanuel Macron souhaite davantage insister pour ce nouveau quinquennat. A minima, Fadila Khattabi espère conserver la présidence des affaires sociales à l'Assemblée.

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Guillaume Larrivé, le plus macron-compatible des LR

Comme Jean-Baptiste Lemoyne, le député de l’Yonne, président départemental de la fédération Les Républicains, fait partie de la droite “Macron-compatible”. À la différence près qu’il n’a jamais fait partie du gouvernement Macron. Guillaume Larrivé était pourtant pressenti au ministère de la Justice lors du remaniement de 2020. C’est finalement une personnalité bien plus marquée à gauche, l'avocat Eric Dupond-Moretti, qui lui est préféré. Ce dernier refuse d’ailleurs d’intégrer Guillaume Larrivé au sein de son cabinet en tant que secrétaire d’Etat. Mais le député de l’Yonne n’est pas rancunier. Après le remaniement, il déclare : “Si le chef de l'État et le Premier ministre m'avaient proposé une mission ministérielle au service de la sécurité et des libertés des Français, j'aurais évidemment répondu présent”.

Depuis, Guillaume Larrivé multiplie les mains tendues. En juillet 2020, il est le seul député LR à voter la confiance au gouvernement, offusquant au passage une partie de sa famille politique, qui demande sa démission. Récemment, peu avant le premier tour de la présidentielle, Guillaume Larrivé assume de voter Macron au second tour, sachant que Valérie Pécresse ne sera pas qualifiée. Surtout, il appelle à “construire une nouvelle majorité” avec LREM à l’Assemblée nationale. Ces appels du pied trouveront-ils un écho au sein du nouveau gouvernement ? Pas sûr : très marqué “droite sarkozyste”, et très critique envers Emmanuel Macron lors des premières années du quinquennat, Guillaume Larrivé pourrait sembler trop clivant pour un président réélu qui souhaite tendre davantage la main à la gauche.

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Denis Thuriot, marcheur de la première heure

Comme Guillaume Larrivé, le nom de Denis Thuriot, maire de Nevers, avait aussi circulé lors du dernier remaniement en 2020. Denis Thuriot, qualifié par Le Point de “précurseur autoproclamé du macronisme”, est un soutien de la première heure du président sortant. Avant même la création de LREM, il met fin à 40 ans de socialisme à Nevers en remportant les municipales 2014, sans étiquette. Une constance bientôt récompensée ? 

Marie-Guite Dufay : sera-t-elle appelée à nouveau ?

Femme de gauche, socialiste, et ancrée dans les territoires puisque présidente de région : Marie-Guite Dufay, à la tête de la Bourgogne-Franche-Comté depuis 2016 (et anciennement présidente de région Franche-Comté depuis 2008) pourrait-elle compter parmi les nouveaux ministres du second quinquennat Macron ? En tout cas, son nom a déjà intéressé la macronie.

À l’été 2020, elle est appelée par le cabinet de Jean Castex qui lui propose d’intégrer le gouvernement… Ce qu’elle refuse. “J’ai dit non”, explique-t-elle alors à France Bleu. “Ma responsabilité est véritablement d’être dans ma région pour la construction du plan de relance de notre économie [...] j'aurais vraiment eu le sentiment d'abandonner le territoire et mes responsabilités en disant oui”, disait-elle alors.