Projet de Center Parcs en Saône-et-Loire : des études complémentaires vont être menées

Le groupe Pierre & Vacances a un projet de construction de Center Parcs en Saône-et-Loire depuis 2012. / © Center Parcs
Le groupe Pierre & Vacances a un projet de construction de Center Parcs en Saône-et-Loire depuis 2012. / © Center Parcs

Depuis 2012 il existe un projet de construction d’un Center Parcs dans la forêt du Rousset, en Saône-et-Loire. Le dossier suscite une certaine opposition. Le groupe Pierre & Vacances veut lancer de nouvelles études avant de décider de construire ou non ce complexe de loisirs.

Par B.L.

Que prévoit le projet sur le site du Rousset ?

Cela fait quatre ans que le projet d’un Center Parcs est à l’étude sur le site du Rousset. Les promoteurs voudraient construire 400 cottages et 12 000 m² d’équipements sportifs, de loisirs et d’animation autour d’une piscine chauffée à 29 degrés toute l’année. Ce complexe d’attractions aqualudiques de 40 hectares serait implanté dans une forêt qui en fait 80.

Les collectivités locales soutiennent ce projet, en raison notamment des créations d’emplois et des retombées fiscales et touristiques potentielles.
Mais, il y a aussi de nombreux opposants qui dénoncent un projet dont l’impact environnemental serait désastreux : risques sur la tortue Cistude d’Europe, craintes de pollution lors des vidanges des eaux de piscine, etc.

Un débat public a été organisé du 20 avril au 4 septembre 2015 pour que tout le monde puisse s’informer et donner son avis. Pierre & Vacances disposait de trois mois pour dire s'il poursuivait ou non son projet en Saône-et-Loire.
Saône-et-Loire : où en est le projet de Center Parcs
Le groupe Pierre et Vacances doit bientôt dévoiler ses intentions sur ses deux projets d’implantation en Bourgogne Franche-Comté : au Rousset en Saône-et-Loire et à Poligny dans le Jura. Le point sur ce dossier qui date de 2012. - Reportage : Damien Boutillet et Romy Ho-a-Chuck

A quelles conditions le projet de Center Parcs verra-t-il le jour en Saône-et-Loire ?

La réponse est tombée ce mercredi 3 février 2016 : "le groupe Pierre & Vacances a décidé, avant de se prononcer sur la poursuite du projet, de procéder à des études complémentaires. Ces études concerneront la voirie et l’accès au Center Parc, les eaux naturelles, les réseaux et les retombées du projet sur le tourisme local".
 / © France 3 Bourgogne
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Reportage : Damien Boutillet et Romy Ho-a-Chuck
Montage : Pascal Rondi
Technicien Vidéo : Emmanuel Picaut
Avec:
Jean-Michel Klotz - Directeur général adjoint développement du groupe Pierre & Vacances
Éric Baillie - Président du collectif "Le Geai du Rousset"
André Accary - Président du Conseil départemental de Saône-et-Loire (LR)
Enquêtes complémentaires Center Parcs
Le groupe Pierre & Vacances a décidé de procéder à des études complémentaires avant de se prononcer sur la suite du projet de Center Parcs en Saône-et-Loire. - France 3 Bourgogne
Le groupe indique aussi qu’il veut "obtenir du nouvel exécutif de la Région Bourgogne Franche-Comté confirmation du soutien de la nouvelle assemblée régionale au projet et aux modalités du montage économique".

Rappelons que ce projet a été initié par le socialiste Arnaud Montebourg, qui présidait à l’époque le conseil général de Saône-et-Loire. Dès le départ, ce dossier porté par la gauche a été soutenu par la droite. C’est toujours le cas aujourd’hui et André Accary, président LR du conseil départemental, ne ménage pas ses efforts pour que ce projet voie le jour.

Une piscine chauffée à 29 degrés toute l'année / © Center Parcs
Une piscine chauffée à 29 degrés toute l'année / © Center Parcs


Quelles sont les retombées attendues pour la région ?

La perspective de créations d’emplois est mise en avant par les défenseurs du projet. Le chantier de construction du Center Parcs créerait 250 à 500 emplois sur deux ans. Une fois achevé, le complexe de loisirs génèrerait 300 emplois directs, dont 85% en CDI à plein temps.

Les collectivités locales comptent aussi sur les retombées fiscales. La contribution économique territoriale (qui a remplacé en France la taxe professionnelle) est estimée à 500 000 euros par an.
Par ailleurs, la taxe foncière rapporterait 200 000 euros par an et la taxe séjours touristiques environ 250 000 euros par an.

En 2013, la Région et le département se disaient prêts à investir 15 millions d'euros dans le projet. Mais, avec la création de la grande région Bourgogne Franche-Comté, la donne a-t-elle changé ?
"La position de la Région n’a pas varié : elle est de soutenir ce projet qui peut être boosteur en matière de tourisme et de créations d’emplois, à condition que les questions environnementales soient respectées et notamment la ressource en eau" a déclaré la présidente Marie-Guite Dufay, qui était l’invitée du JT de France 3 Bourgogne mardi 2 février 2016.

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Que promet le groupe Pierre & Vacances ?

"Indépendamment des études complémentaires à réaliser", Pierre & Vacances-Center Parcs "confirme l'ensemble des engagements pris durant le débat public et présenté lors de la réunion de clôture, à commencer par l'absence d'extension future du site et la recomposition du plan masse pour éviter toute construction de bâtiment en zone humide".

Dans le cas d'une poursuite du projet, le groupe "s’engage à mettre en place une concertation ad hoc afin de poursuivre les échanges avec les citoyens".

Enfin, concernant l'autre projet de Center Parcs en Bourgogne Franche-Comté (celui de Poligny, dans le Jura), "des études complémentaires se révèlent également nécessaires. A l'issue et au vu de leurs résultats, Pierre & Vacances-Center Parcs décidera s’il poursuit ce projet et dans quelles conditions", conclut le groupe.

Pour mémoire, le groupe Pierre & Vacances est confronté à une vive opposition pour un autre projet situé à Roybon, en Isère.

Quelles sont les études complémentaires qui sont prévues ?

Ces études seront menées, selon leur nature, soit directement par Pierre & Vacances- Center Parcs, soit sous la responsabilité du conseil départemental de Saône-et-Loire ou les concessionnaires compétents. Elles auront trait essentiellement :

  • à l'incidence des différents tracés potentiels permettant l'accès au site depuis la route départementale
  • à l'approfondissement d'un éventuel risque d'impact des travaux de voirie sur la tortue Cistude d'Europe
  • au dimensionnement des ouvrages de gestion des eaux pluviales, en fonction de la pluviométrie et de la perméabilité des sols
  • à l'identification d’un risque éventuel de pollution du fait des vidanges annuelles des eaux de piscine
  • aux choix d'aménagement pour l'amenée des réseaux
  • à l'incidence sur les milieux naturels du projet de nouvelle station d'épuration

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