Qui seront les candidats en Corse pour les élections législatives 2024 ?

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Députés sortants, candidats malheureux de 2022 désireux de prendre leur revanche ou nouveaux concurrents... Après la dissolution de l'Assemblée nationale, les différentes forces politiques insulaires s'organisent pour désigner leurs candidats en vue des - très - prochaines élections législatives.

Une semaine pour valider et acter les candidatures au Palais Bourbon : avec la dissolution, dimanche, de l'Assemblée nationale, une course contre la montre s'est engagée pour l'ensemble des forces politiques pour désigner en temps et en heure leurs candidats.

En Corse, quatre circonscriptions et donc quatre postes de députés sont à remporter. On fait le point sur les candidats pressentis et ceux déjà déclarés. Une liste qui reste, à cette heure, encore non-exhaustive et à préciser.

Haute-Corse : 1ère circonscription

Sans surprise, le député sortant Michel Castellani devrait se représenter dans sa circonscription, avec l'investiture de son parti, Femu a Corsica, et - selon la teneur que prendront les discussions proposées par plusieurs partis nationalistes - peut-être le soutien d'autres forces nationalistes. Pour rappel, en 2022, il avait remporté sans difficulté un deuxième mandat de député, totalisant 63,12 % des suffrages exprimés au second tour.

Le nationaliste faisait alors face à Julien Morganti, conseiller municipal d'opposition à Bastia. Sans confirmer, à cette heure, sa candidature, préférant indiquer la tenue de discussions avec "l'opposition municipale et l'opposition régionale" en vue d'une coalition, ce dernier devrait selon toute vraisemblance se représenter le 30 juin prochain.

Également déjà candidat en 2022 - il était arrivé en troisième position au premier tour, avec 12,17 % des suffrages exprimés - Alexis Fernandez confirme retenter sa chance cette année. Mais cette fois sans l'investiture du Rassemblement national, et sans étiquette. "Je suis confiant. Je crois que ces élections ne seront pas forcément portées par les partis nationaux, mais par le programme et sur les personnes qui se présentent", estime-t-il.

Quatrième homme des dernières législatives (il avait obtenu 11,96 % des suffrages exprimés), Jean-François Paoli confirme repartir pour la majorité présidentielle.

Pour le Rassemblement national, ce sera Jean-Michel Marchal. Retraité, il a déjà exercé les fonctions d'adjoint auprès du maire de Marseille et "vit depuis plusieurs années sur l'île", précise François Filoni, délégué régional du parti.

Toujours à l'extrême-droite, président du mouvement nationaliste et identitaire Mossa Palatina, Nicolas Battini sera également candidat pour la première fois.

Côté indépendantiste, le nom de Jean-Philippe Antolini, leader de Nazione, serait évoqué, sans que la décision n'ait encore été tranchée.

Haute-Corse : 2ème circonscription

Député sortant, Jean-Félix Acquaviva devrait lui aussi être réinvesti par Femu a Corsica, avec là encore le possible soutien d'autres forces nationalistes. Le match s'annonce néanmoins compliqué pour l'ancien maire de Lozzi, qui retrouvera face à lui son adversaire coriace de 2022, François-Xavier Ceccoli.

Le maire de San Giulianu, qui avait échoué à remporter la députation à 156 voix près - remportant 49,77 % des suffrages exprimés au second tour - indique se présenter sans aucune hésitation. "J'ai eu la chance et la joie d'avoir 16.621 personnes qui m'ont accordé leur confiance en 2022. Je n'envisage pas de trahir cette confiance en ne me représentant pas." François-Xavier Ceccoli candidate dans ce cadre sans étiquette.

En revanche, troisième homme des législatives en 2022 avec 17,99 % obtenus au premier tour, Lionel Mortini indique ne pas compter se représenter. La raison, explique-t-il : "Les délais sont trop courts. Je me suis concentré sur ma mairie depuis deux ans plutôt que sur la circonscription, je ne me vois pas y arriver maintenant pour y annoncer que je serai candidat, ce ne serait pas sérieux." Sans se positionner pour le moment, le maire de Belgodère précise attendre avec attention de savoir qui seront les candidats et leurs positions avant d'apporter un potentiel soutien.

Jean Cardi, qui avait défendu les couleurs du RN en 2022, nous a fait savoir qu'il ne se représenterait pas. C'est Sylvie Fernandez représentera le Rassemblement national dans la circonscription. Il y a deux ans, Jean Cardi y avait totalisé 11,47 % des suffrages au premier tour, soit 3.658 voix, glanant ainsi la quatrième position.

Autre candidat pour l'extrême-droite dans la deuxième circonscription de Haute-Corse : Jean-Antoine Giacomi. Ancien membre du Rassemblement national puis cadre du mouvement insulaire Forza Nova, le jeune homme doit annoncer sa candidature dans les prochaines heures. En 2021, il avait déjà pris la tête de la liste souverainiste "Corsica Fiera" dans le cadre des élections territoriales. Il avait alors recueilli 0,59 % des voix.

Josepha Giacometti pourrait également se lancer pour le parti indépendantiste Nazione... Un point qui reste encore à confirmer.

Enfin, Marie-Louise Mariani, déjà candidate en 2022 pour le mouvement souverainiste Suvranu - elle avait obtenu 0,24 % au premier tour, ou 75 voix -, se relance cette année encore dans la course.

Corse-du-Sud : 1ère circonscription

Laurent Marcangeli repartira avec l'investiture d'Horizons, comme en 2022. L'annonce est formellement tombé en conférence de presse cet après-midi. Lors des dernières législatives, il s'était imposé avec 51,76 % des suffrages exprimés au second tour, soit 12.013 voix.

Son adversaire d'alors Romain Colonna pourrait également repartir pour le compte de Femu. Contacté sur ce point, il indique ne pas souhaiter s'exprimer à cette heure sur cette information, en l'attente de discussions internes et avec les autres mouvements nationalistes.

Ariane Natali est, elle, officiellement investie par le Rassemblement national. Cette dernière suppléante de Nathaly Antona dans la circonscription en 2022, prend désormais la suite de la nouvelle eurodéputée RN. Le parti d'extrême-droite y avait remporté 12,69 % des suffrages exprimés il y a deux ans, terminant en troisième position.

Quatrième homme en 2022 (avec 3002 voix, soit seulement une de moins que le RN), Jean-Paul Carrolaggi pourrait repartir avec Nazione. Les discussions qui doivent prendre place au sein du mouvement indépendantiste insulaire ce soir détermineront la mise en œuvre ou non de cette possibilité.

Corse-du-Sud : 2ème circonscription

Le député PNC Paul-André Colombani est le premier des 4 sortants insulaires à faire acte officiellement de sa candidature, cet après-midi dans son fief de Sainte-Lucie de Porto-Vecchio. Lors des dernières législatives, le médecin s'était imposé avec 57,61 % des suffrages exprimés, soit 14.746 voix.

Son adversaire au second tour, Valérie Bozzi, a fait connaître sa décision de se relancer dans la bataille des législatives en tant que candidate sans étiquette.

François Filoni, délégué régional du Rassemblement national, sera aussi bien partant le 30 juin. Titulaire de 3.788 voix (14,77 % des suffrages) au premier tour, ce dernier se dit confiant, au vu des tendances et du "travail effectué depuis 18 mois" par les membres du parti sur l'île sur les chances des candidats de voir leurs scores encore grossir. "Nous avons un programme qui est national et régional, avec des vraies solutions pour la Corse", promet-il.

Enfin, Pierre-José Filipputti serait pressenti pour le compte de Nazione. En 2017, le militant indépendantiste était suppléant lors de la première campagne électorale à la députation de Paul-André Colombani, alors sous la bannière de Pè a Corsica.

La question des alliances

Il est à noter que plusieurs candidatures ou potentielles alliances restent encore incertaines et doivent encore être clarifiées dans les prochains jours, si ce n'est les prochaines heures. Femu a Corsica et Core in Fronte ont notamment appelé à une union du mouvement nationaliste, qui pourrait se traduire par des candidatures communes.

Les représentants régionaux de Reconquête, Mossa Palatina ou encore Forza Nova indiquent de leur côté rester "ouverts" à de potentielles discussions.

Enfin, restait à savoir comment la proposition de formation d'un "Front populaire", émise et actée par plusieurs forces politiques de gauche au niveau national - même si depuis tancée par le représentant du PS aux européennes Raphaël Glucksmann -, allait se matérialiser en Corse.

Selon le secrétaire régional du Parti communiste en Corse Michel Stefani, le projet serait déjà caduc sur l'île : dans un bref communiqué transmis ce soir à notre rédaction, ce dernier indique avoir été informé par la direction nationale du PCF "que les représentants de la France Insoumise et d'Europe Ecologie les Verts n'ont pas accepté que les quatre circonscriptions de la Corse fassent partie de l'accord électoral national".

"Leur décision aurait pour conséquence de place la Corse hors du Front populaire, continue Michel Stefani. Je regrette ce choix qui exclue la Corse du rassemblement de toutes les forces de gauche et de progrès pour battre l'extrême droite et la politique antisociale de Macron. Pour les communistes, le Front populaire doit être présent en Corse comme dans tout le pays."

Alliances, candidatures de dernières minutes, soutiens... De part et d’autre, les jeux devraient se décanter très rapidement. 

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