Marché de Noël de Strasbourg 2023. Pourquoi ce stand de décoration rencontre un franc succès depuis l'ouverture

Le chalet de la verrerie de Meisenthal attire chaque jour des files d'attente de dizaines de personnes. L'édition 2023 de sa boule de Noël, nommée Stella, est particulièrement prisée.

"Pourquoi est-ce qu'il y a autant de monde ?" Cette touriste japonaise s'approche prudemment de la file d'attente qui s'étend sur plusieurs mètres, depuis la place Benjamin-Zix jusqu'à l'écluse. "C'est pour les boules de Noël", lui répond quelqu'un dans la queue. "Oh, c'est magnifique...", lâche-t-elle en jetant un œil par-dessus la marée d'épaules pour admirer les boules entreposées dans bacs transparents. Après quelques secondes de réflexion et une photo de la file d'attente, elle prend un ticket auprès des vendeuses et rejoint la foule des clients.

Si pour les décorations de Noël, on connaît Baccarat, Lehrer ou encore Lalique, depuis le vendredi 24 novembre, jour de l'ouverture du marché de Noël de Strasbourg, la star, c'est la verrerie de Meisenthal. Chaque jours, elle attire des centaines de personnes sur son stand. "On a eu entre 300 et 400 clients vendredi", informe Camille, une des vendeuses. Aucun chalet d'artisanat ne peut se targuer d'une telle fréquentation. "Quand on est deux comme aujourd'hui, c'est vrai que c'est difficile à gérer, mais en week-end on est trois ou quatre. Et on a recruté un vigile spécialement pour gérer les tickets et les personnes qui s'impatientent parfois..."

Présent sur le marché de Noël de Strasbourg depuis 20 ans, le centre international d'art verrier de Meisenthal a même dû déplacer son stand il y a quelques années, afin qu'il soit à une extrémité du marché de la place Benjamin-Zix. "On était plus haut sur la place et la file d'attente gênait les autres commerçants, raconte Camille. Là, au moins, elle va jusqu'à l'écluse sans embêter personne."

Stella, la star de ce début de marché de Noël

Si le stand attire autant de monde, c'est qu'il est possible de se procurer là une boule de Noël très prisée, fabriquée en édition limitée dont le modèle et le créateur changent chaque année. Présentée par la verrerie de Meisenthal début novembre, "Stella" semble ravir les habitués et les collectionneurs. "Elle est particulièrement belle cette année, souligne Sandrine, 50 ans, bientôt la prochaine à passer dans la file d'attente. D'habitude je préfère les formes traditionnelles, comme celles qui ressemblent aux pommes, mais là je me suis dit pourquoi pas. D'ailleurs je crois qu'il y a un vrai buzz autour d'elle cette année, je n'avais jamais vu autant de monde dans la queue.

Les modèles sont chaque jour en nombre limité sur le stand. La couleur bleue et la couleur rouge étant les plus prisées, le stock s'épuise rapidement dans la matinée. Résultat : les clients qui arrivent à la mi-journée n'ont droit, ce lundi, qu'aux boules transparentes ou dorées. "Souvent, ceux qui veulent absolument une couleur nous demandent quand on prévoit d'en avoir de nouveau, et acceptent de revenir un autre jour", raconte la vendeuse Camille.

On ne les met jamais sur le sapin, elles sont trop précieuses

Martine et Pierre Lehmann

Clients

Martine et Pierre Lehman, 68 et 72 ans, vont se contenter des couleurs disponibles. "C'est une tradition qu'on a dans la famille : ça marque la fin de l'année. Mais attention : on ne les met jamais sur le sapin, elles sont trop précieuses ! On en a une dizaine en tout qu'on achète chaque année, on les met dans un vase éclairé, ça fait une très belle déco."

Même les touristes s'y mettent, alors qu'ils n'avaient jamais entendu parler de Meisenthal avant d'arriver sur le marché de Noël. "C'est le guide du tour organisé qui nous en a parlé, raconte Joanne, une Américaine de 68 ans. Je suis venue voir et c'est vrai que c'est très original, et même si c'est un peu cher (24 euros pour la boule Stella, NDLR) ça les vaut bien plus que d'autres boules pas fabriquées artisanalement et tout aussi chères." On retrouvera Joanne une fois sa boule achetée : elle aura passé 30 minutes dans la queue. Une attente "qui vaut largement la peine", dira-t-elle avec le sourire, avant de poursuivre sa promenade parmi les 300 autres chalets du marché de Noël de Strasbourg.