Départementales 2021 - Sécurité, Canal Seine-Nord, barreau Creil-Roissy, tourisme, enjeux : 5 choses à savoir sur l'Oise

À la tête du département de l'Oise depuis 2015, Nadège Lefebvre (LR), seule femme des 5 exécutifs départementaux. Proximité avec Paris, poids du tourisme culturel, disparité socio-économique, canal Seine-Nord…Autant d'enjeux pour les élections départementales du 20 et 27 juin.

Le domaine de Chantilly, symbole touristique du département de l'Oise.
Le domaine de Chantilly, symbole touristique du département de l'Oise. © FTV

Depuis le redécoupage cantonal de 2014, l’Oise est passée de 41 à 21 cantons. 564 000 électeurs sont appelés à élire un binôme paritaire dans chacun de ces 21 cantons les 20 et 26 juin. Soit 42 conseillers départementaux.

L’Oise est le deuxième département en superficie des Hauts-de-France et le troisième en population. En 2017, selon l'Insee, le département comptait 824 503 habitants : en 5 ans, l'Oise en a gagné 14 203. Plus de 48% de cette population est âgée de 80 ans et plus.

Le département affiche une croissance démographique importante. Cette population grandissante a besoin de scolariser ses enfants, de se soigner, de se loger mais aussi parfois de soutien financier. Le budget global du département de l’Oise est de près de 880 millions d’euros. Dont plus de 50%, soit 441 millions, sont consacrés aux dépenses sociales. Dans l'Oise, 4,8% de la population touche le RSA. 

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Départementales 2021 dans l'Oise, le mode de scrutin

Des enjeux de campagne incontournables pour les 154 candidats aux élections départementales 2021 dans l'Oise. 

1 - La sécurité

La sécurité semble également une demande forte de la part des Isariens : la majorité sortante a subventionné de la vidéo-protection dans 300 communes, pour un budget de près d’1,7 millions d’euros. Aujourd’hui, 50% d’entre elles sont dotées de caméras. Il y a en tout environ 1700 caméras dans les villes et villages de l’Oise. Un centre de supervision départemental a été créé, à Beauvais. C’est un lieu où de très nombreuses caméras peuvent être visionnées en temps réel. 550 000€ sont inscrits au budget 2021 pour le faire fonctionner.

L'Oise est le premier département de France à avoir adopté un plan de protection du Sdis dont l'exécutif départemental est responsable en janvier 2021. Face à la recrudescence des agressions des sapeurs-pompiers dans le département, le conseil départemental a investi dans la protection les professionnels : 152 caméras piétons, 238 gilets anti-lacérations et 39 caméras de vidéo-protection seront installées dans les centres de secours de l'Oise d’ici 2024. Une dépense de 274 000 euros qui fait partie d'un plan d’investissement de 16 millions d’euros répartis entre la rénovation des 42 centres de secours du département et l’achat de nouveaux équipements. Soit 11 millions d’euros consacrés à la rénovation des casernes et 5 à l’achat de matériels et véhicules opérationnels (grandes échelles, camions citernes, bras articulés, véhicules d’assistance et drones). Le Sdis de l'Oise est le premier Sdis de France à adopter un tel plan de protection.

2 - Le Canal Seine Nord

Ce fut longtemps le serpent de mer des Hauts-de-France : le grand projet d’infrastructure, le canal Seine-Nord-Europe. Il doit permettre de raccorder la Seine au réseau fluvial du nord de l’Europe : 107 km de Compiègne à Aubencheul-au-Bac dans le Pas-de-Calais, 6 écluses et 61 ponts… Les travaux doivent démarrer en 2024, pour une mise en service du canal en 2028. 

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Le coût du Canal Seine Nord est estimé à 5 milliards d'euros. L'Etat mettra 1,1 miliard d'euros. Le projet sera également financé par l'Union européenne à hauteur de 2 milliards d'euros. Même somme pour les collectivités territoriales.  34 km de travaux sont prévus dans l’Oise, 23 seront communes traversées par cette infrastructure gigantesque. L’Oise a budgétisé 10 millions d’euros en 2020. Ce sera finalement 108 millions.

Ce projet devrait employer entre 10 000 et 15 000 personnes pendant la phase de chantier après 2022, et entre 15 000 et 30 000 emplois structurels sur les 4 plateformes importantes qui vont accueillir des entreprises à vocation logistique et agro-alimentaire.

3 - Le barreau Creil-Roissy

L'autre gros projet de transports dans l'Oise, c'est le barreau ferroviaire Roissy-Picardie, autrement appelé barreau Creil-Roissy. Comme le canal Seine-Nord Europe, ce projet ferroviaire important pour la région est longtemps resté dans un fond de tiroir. Il devrait enfin voir le jour. Ce projet est développé depuis 2010. Il prévoit la création d’une nouvelle ligne de 6 km, reliant la ligne à grande vitesse (LGV) d’interconnexion Est à la ligne classique Amiens-Creil-Paris. Des aménagements seront aussi réalisés sur l’axe Paris-Creil, et dans la gare TGV Aéroport Charles-de-Gaulle. 

Une portion de 6 à 7 kilomètres devrait permettre de relier Paris à Amiens en TGV d'ici 2025.
Une portion de 6 à 7 kilomètres devrait permettre de relier Paris à Amiens en TGV d'ici 2025. © FTV

Le gouvernement, sur les 310 millions d'euros, doit mettre 51% de financement. Le reste est apporté par les collectivités territoriales et la SNCF. La région apportera près de 106 millions d'euros et, de leur côté, les collectivités de l'Oise ont elles aussi réparti les dépenses. Des emplois sont également à la clé. Et surtout Creil ne sera plus qu’à 23 minutes de Roissy Charles de Gaules. Un gain énorme pour les 15000 personnes qui se rendent chaque jour à Roissy pour travailler.

Les travaux du barreau devaient être lancés en 2019 et les dates semblent se décaler à 2020/2025, pour une mise en service en 2027. Les usagers pourront rejoindre sans correspondance la gare de Paris Aéroport Roissy-Charles de Gaulle depuis les agglomérations de Chantilly, Creil, Pont-Sainte-Maxence, Clermont, Compiègne et même Amiens. Le temps de trajet sera de 22 minutes en train. avec 17 nouveaux allers-retours quotidiens Compiègne-Roissy et 9 allers-retours Creil-Roissy pour les TER, soit 52 dessertes quotidiennes supplémentaires. Les TGV arriveront en gare d'Amiens et 2 allers-retours quotidiens Amiens-Strasbourg et Amiens-Marseille seront proposés.

4 - Le poids du tourisme culturel

Le département de l'Oise rassemble certains des plus beaux châteaux de France : Chantilly, Compiègne, Pierrefonds. Sans compter les cathédrales de Beauvais, Senlis et Noyon, joyaux de l'art gothique. Ou le jardin de jardin de Gerberoy, classé parmi les plus beaux villages de France. C'est dans l'Oise aussi que se trouve l'un des plus grands parc d'attraction d'Europe : le Parc Astérix, avec 2,3 millions de visiteurs en 2019. Le tourisme est à coup sûr l'un de ses points forts. 

Cependant, en 2020, le département a souffert d'une mauvaise image : celle du premier foyer épidémique du Covid-19 en France. Alors pour relancer l'économie et le tourisme, le conseil départemental a développé la campagne "J'aime l'Oise" dans le but de sensibiliser les habitants à consommer local et aux touristes de venir visiter les plus beaux endroits du territoire. "J'aime l'Oise" est devenu par la suite un label permettant de promouvoir les produits et les savoir-faire du département. 

Le tourisme figure ainsi parmi les enjeux de cette campagne : continuer à promouvoir ces richesses culturelles et historiques afin de relancer l'économie locale fortement impactée par la crise sanitaire. En 2020, le budget prévisionnel du Département alloué au tourisme était de 5,6 millions d'euros. Il est de 5,5 millions pour 2021.

5 - Les forces en présence pour le scrutin des 20 & 27 juin 2021

La majorité sortante de ce conseil est de droite : elle a remporté lors du scrutin de 2015 15 cantons sur 21. Ce qui lui permet d’avoir 30 des 42 sièges. En 2017, le président LR de conseil départemental Edouard Courtial, abandonne son mandat territorial pour se consacrer à celui de sénateur. Il est remplacé par Nadège Lefèbvre, toujours en poste. Elue sénatrice de l’Oise aux côtés d’Edouard Courtial également en 2017, la maire de Lachapelle-aux-Pots avait décidé de renoncer à cette fonction pour prendre la tête du conseil départemental. Elle devient ainsi la première femme à accéder à la tête du département.

Pour mieux saisir les enjeux de ces élections, vous pouvez voir ou revoir le débat sur les élections départementales 2021 dans l'Oise.

Départementales 2021 dans l'Oise : revoir le débat

La gauche en détient actuellement 4 : 2 socialistes et 2 communistes. Enfin, le RN est à la tête de 2 cantons. Ce qui répartit les 12 sièges restants à égalité entre le PS, le PCF et le RN.

Historiquement, le département a souvent alterné entre la gauche et la droite depuis 1949, avec une longue période durant laquelle le PS était aux commandes : de 2004 à 2015, le socialiste Yves Rome a dirigé l’Oise. Depuis, c’est la droite qui la dirige. 

En 2015, le duel du 2nd tour s'était joué entre la liste d'union de la droite et du Rassemblement national (qui était encore le Front national) qui était arrivé en tête du 1er tour avec 35,11% des suffrages exprimés.

Aujourd'hui à la tête de deux cantons, ceux de Noyon et de Crépy-en-Valois, le parti de Marine Le Pen s’est fixé cette fois-ci comme objectif de remporter les trois-quarts des vingt-et-un cantons. "C’est un objectif réaliste. Nos candidats sont tout à fait capables d’aller à la victoire et de travailler sur l’ensemble des dossiers, explique Audrey Havez, déléguée départementale du RN dans l’Oise. Ils ont une expérience politique, que ce soit à la région ou dans les conseils municipaux, même si beaucoup d’entre eux sont candidats pour la première fois à des élections départementales".

Pour ces élections, le RN s’imagine bien encore une fois dans un face-à-face avec la droite. Et la gauche ? "Quelle gauche ?" répondent les candidats quand on leur pose la question. Allusion à peine voilée au fait que socialistes, communistes et écologistes ont certes fait cause commune mais sans réussir à s’adjoindre le soutien de La France Insoumise, qui fait cavalier seul dans deux cantons : Méru et Montataire.

Mais le fait est que, lors des élections passées, le RN faisait le plein de ses voix dès le premier tour et malgré des scores importants ne parvenait pas à remporter le second tour dans la majorité des cantons. Qu’en sera-t-il cette année ? D’autant que, comme tous les autres partis, celui de Marine Le Pen devra se battre, aussi, contre un adversaire invisible mais redoutable : l’abstention.

 

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