Témoignage. "On n'est pas en situation illicite par choix" : la crise des aires d'accueil aggrave les tensions avec les gens du voyage

Publié le Écrit par Xavier Marchand

Faute de places, de nombreux campements de gens du voyage ont été installés ces dernières semaines. Selon Frédéric Lievy de l'association RLGDV (représentation locataire gens du voyage) "Aujourd’hui, la situation est catastrophique pour les voyageurs comme pour les riverains". Il pointe du doigt les autorités qui ne respectent pas la législation.

Depuis quelques semaines et faute de places, de nombreux campements de gens du voyage se sont installés dans la métropole toulousaine.

Dimanche 26 mai 2024, la municipalité de Plaisance-du-Touch près de Toulouse a porté plainte pour un campement de citoyens français itinérants qui s’est installé de façon illicite sur un terrain de foot. 

Frédéric Lievy de l’association RLGDV (représentation locataire gens du voyage) reconnaît que la situation aujourd'hui est "catastrophique pour les voyageurs et les riverains". "Lorsque vous êtes dans un champ en situation illicite, ce n’est pas parce que vous voulez être en situation illicite, c’est que vous n’avez pas le choix", précise Frédéric Lievy.

Manque de places

Actuellement selon lui, il n’y a que 2 terrains de grand rassemblement ouvert sur 6 qui aurait dû être prévu. "Dont un terrain de 1,2 hectare à La Mounède qui permet d’accueillir à peine 80 caravanes. Il est occupé régulièrement car il est très bien mais seulement pour des petits groupes".

"Les gens du voyage qui sont sur une aire d’accueil, ils ne peuvent pas partir car ils perdent leur place et n’en retrouveront pas ailleurs", souligne Frédéric Lievy.

Tous les projets sont mis en stand-by, il ne se passe rien depuis plus de 10 ans et les élus négocient sans arrêt la taille des terrains alors que les populations augmentent.

Frédéric Lievy, association RLGDV

Frédéric Lievy révèle que la méthode de déplacement change, "avant lorsque l’on voyageait en petit groupe, on nous laissait tranquilles maintenant si nous ne sommes pas 50 ou 100 caravanes, on ne peut pas rester une journée. La gendarmerie arrive rapidement pour nous faire dégager".

Toulouse est sur un axe routier entre Bordeaux et la Méditerranée, c'est un carrefour routier et les gens qui roulent sont obligés de s’arrêter.

Frédéric Lievy, association RLGDV

Insécurité

L'intervention des pompiers est aussi un problème car elle peut prendre beaucoup de temps.

"La venue des pompiers dans un terrain privé nécessite minimum entre 5 et 7 équipages de police pour que les pompiers puissent intervenir".

Les pompiers ne font pas leur intervention tant qu’ils n’ont pas le soutien de la police. Nous sommes en insécurité.

Frédéric Lievy, association RLGDV

Selon le Code civil, tous les voyageurs sont des locataires, sur les aires d’accueil qui leur sont réservés ou sur les terrains de rassemblement, ils paient l’eau et l’électricité le même prix que les concitoyens ainsi qu’un "droit de place" à 2 euros par jour.

Et en général, les caravanes sont payées à crédit, ce qui représente un loyer supplémentaire.

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