Nombre de loups en France, attaques de troupeaux... Dans le dossier du loup, même les chiffres font débat

Les loups semblent frapper de plus en plus sévèrement les troupeaux de Franche-Comté. Alors qu'un nouveau plan d'action national favorise les tirs contre ce prédateur, le monde militant alerte sur la baisse de la population lupine. France 3 revient sur les statistiques qui polarisent le débat au sujet du canidé.

Dans le dossier du loup, on retrouve souvent deux camps : ceux qui se soucient de leurs troupeaux, et ceux qui œuvrent pour la conservation des grands prédateurs. Les loups ont causé des dégâts en Saöne-et-Loire en 2023, et s'attaquent désormais aux troupeaux du Jura

Dans le même temps, des associations de protection de l'environnement et des animaux traduisent la préfecture du Doubs en justice pour tenter d'annuler des autorisations de tirs contre le canidé. L'audience s'est tenue au tribunal administratif de Besançon, ce mardi. 

Dans le débat qui divise agriculteurs et militants au sujet du carnivore depuis des années, les chiffres, eux-mêmes, semblent irréconciliables. Voici trois statistiques récentes pour aider à se forger une opinion sur le loup dans la région. 

2023 : 252 troupeaux attaqués en Bourgogne Franche-Comté

252 attaques de troupeaux ont été attribuées à des loups en Bourgogne-Franche-Comté en 2023, selon les chiffres de la région, qui ont provoqué un débat à l'assemblée régionale, le mois dernier. 

Si ce nombre était en baisse dans le Doubs, le Jura et la Haute-Saône sur cette période, il a sévèrement frappé la Saône-et-Loire et la Côte-d'Or, où les attaques se poursuivent depuis le début de l'année 2024

Dernièrement, les loups semblent se rapprocher des élevages de Franche-Comté. Une génisse a été tuée dans le Doubs, en octobre dernier. Tandis qu'une série d'attaques a récemment frappé le Jura, département jusqu'ici relativement épargné. 

Effrayants et traumatisants pour les éleveurs, ces épisodes poussent les syndicats agricoles à militer pour abattre plus de loups. 

2023 : 207 loups tués en France, zéro en Franche-Comté 

Et ils obtiennent gain de cause. En France, le nombre de loups tués est en hausse. 207 ont été abattus en 2023, contre 169 l'année précédente, d'après des statistiques officielles.

Il faut néanmoins localiser ces battues, car elles concernent surtout la région Auvergne-Rhône-Alpes, où les prédateurs sont sur-représentés. Sur ces 207 loups, seuls trois ont été tués en Bourgogne-Franche-Comté : 2 en Saône-et-Loire et 1 en Côte d'Or, selon les données de Férus, l'association nationale de défense des grands prédateurs. 

Cela ne devrait pas changer pour l'instant. Mis en place sur la période 2024-2029, le nouveau "Plan loup" facilite les conditions dans lesquelles les canidés peuvent être tués. Tandis que le plafond de tirs autorisé reste le même : 19% de la population lupine pourra être abattue cette année. 

2023 : En France, la population lupine baisse de 9%

Pourtant, la population lupine décline, pour la première fois en dix ans. Entre 2022 et 2023, le nombre de loups est passé de 1096 à 1003 individus, soit une baisse de 9%, selon des statistiques révélées par des d'associations pro-environnement la semaine dernière, confirmées ensuite par l'AFP. 

Cette nouvelle estimation renforce le constat que l'espèce n'est pas en bon état de conservation. 

Communiqué commun ASPAS, Ferus, FNE, Humanité & Biodiversité, LPO, WWF

"Cette baisse est certainement due à la hausse du nombre de tirs", commente Bertrand Sicard. Selon le président de l'association Férus, le gouvernement favorise les battues contre les loups car "les élus voient à court terme" et subissent "des pressions du milieu agricole". 

"Nous ne contestons pas le fait que les agriculteurs souffrent des attaques de troupeaux et qu'il faut réguler la population lupine", précise Bertrand Sicard. Mais d'après lui, le recours aux tirs n'est toujours pas nécessaire, quand des méthodes de protection des exploitations existent, et "font déjà leurs preuves" dans les régions où le loup est implanté depuis longtemps. 

Régulation de la chaîne alimentaire, baisse des attaques de chiens, valorisation du métier de berger... Bertrand Sicard regrette que les avantages liés au retour du loup ne soient, en revanche, "jamais mis en avant".

*Le président de la FDSEA du Doubs Florent Dornier n'a pas répondu à nos sollicitations. 

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