Valérie Bacot à nouveau face à la justice suite à la plainte de sa mère pour diffamation

Publié le Mis à jour le
Écrit par Gaël Simon
Valérie Bacot avec ses avocates.
Valérie Bacot avec ses avocates. © Gaël Simon / France Télévisions

Ce lundi 25 octobre, Valérie Bacot est jugée par le tribunal de Mâcon (Saône-et-Loire) pour "diffamation" à la suite d'une plainte déposée par sa mère, Joëlle Aubague. Cette dernière conteste certains faits que sa fille a raconté dans son autobiographie "Tout le monde savait".

Valérie Bacot à nouveau face à la justice. La femme de 40 ans comparaissait ce lundi 25 octobre devant le tribunal judiciaire de Mâcon (Saône-et-Loire). Mais pas pour le meurtre de son mari, pour lequel elle a déjà été condamnée à quatre ans de prison dont trois avec sursis, mais pour "diffamation". Joëlle Aubague, la propre mère de Valérie Bacot, l’a attaquée à la suite de la publication de son livre autobiographique Tout le monde savait.

Le tribunal rendra sa décision le 25 novembre prochain. Lors de son requisitoire, l'avocat de Joëlle Aubague, Me Thomas Fourrey a réclamé 5 000 euros de dommages et intérêts pour sa cliente ainsi que pour le grand-frère de Valérie Bacot, également incriminé dans le livre. C'est l'éditeur, Fayard, qui devra payer ces sommes si la justice donnait raison aux plaignants.

Dans "Tout le monde savait", Valérie Bacot décrit une mère violente

Au fil des pages, Valérie Bacot décrit le contexte familial dans lequel elle a grandi et qui peut déterminer son seuil d’acceptation de la violence une fois adulte. Ainsi, Joëlle Aubague bat régulièrement sa fille dès son plus jeune âge.

Dans son livre, la femme de 40 ans raconte également le viol qu’elle aurait subi de la part de son grand-frère à l’âge de 5 ans. Alertée quelques années plus tard, sa mère n’aurait pas réagi. "Ils étaient enfants, ce n’est pas très grave. Tant que ça reste dans la famille, on ne va pas en faire tout un cinéma", répondrait-elle selon les propos rapportés par Valérie Bacot dans son récit.

La vie de Valérie Bacot prend un autre tournant à l’arrivée de Daniel Polette en 1992. Cet homme, de 25 ans son aîné, se met en couple avec Joëlle Aubague mais il lui impose très vite des relations sexuelles. La jeune fille n’a que 12 ans.

Condamné à 4 ans de prison en avril 1996, Daniel Polette restera tout de même en contact avec Valérie Bacot durant son incarcération. Joëlle Aubague, qui s’enfonce dans l’alcool, pousse en effet cette dernière à garder le lien avec son bourreau. La jeune fille est forcée de rendre visite à son beau-père et à répondre aux lettres qu’il lui envoie. Et lorsque Daniel Polette sort de prison en 1997, il s’installe à nouveau chez Joëlle Aubague.

Les viols recommencent et Valérie Bacot tombe enceinte en 1998. Sa mère la chasse du domicile familial. Les deux femmes ne se revoient plus pendant des années.

Une confrontation éprouvante lors du procès

23 ans exactement, soit jusqu’au procès de Valérie Bacot, du lundi 21 au vendredi 25 juin, devant la cour d’Assises de Saône-et-Loire à Chalon-sur-Saône. Pour rappel, la mère de 4 enfants a tué son mari violent Daniel Polette d’une balle dans la tête le 13 mars 2016.

Au troisième jour d’audience, Joëlle Aubague est citée à la barre. Face à la cour, la femme de 65 ans apparaît physiquement comme le cliché de la grand-mère moderne. Apprêtée et soignée, elle dégage même une certaine sympathie. Mais très vite, sa personnalité rude et autoritaire émerge, notamment à travers ses réponses sèches et ses colères.

Si elle affirme regretter certains choix, "Il y a des choses que j'ai faites que je ne referais pas, c'est sûr", Joëlle Aubague n’adresse aucun mot, aucun regard à sa fille. Elle réfute par ailleurs les accusations de viol de Valérie Bacot à l’encontre de son grand-frère, faits qu’elle qualifie même "d’anecdote" et estime que la jeune femme n’était pas sous l’emprise de Daniel Polette, mais plutôt amoureuse de lui.

Enfin, au sujet des visites en prison qu’elle lui imposait entre 1996 et 1997, Joëlle Aubague affirme avec fermeté : "Elle faisait comme elle voulait. Je n'ai jamais imposé quoique ce soit". Après l’intervention de sa mère, Valérie Bacot déclarera : "Je n'attendais rien du tout de sa part. Pour moi, elle n'existe pas".

Les chemins de la mère et la fille se recroisent donc ce lundi 25 octobre au tribunal de Mâcon. Et la guerre familiale devrait continuer au-delà de ce nouvel épisode judiciaire puisque Valérie Bacot a porté plainte contre Joëlle Aubague pour "complicité de viol par omission".

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